SÉANCE DU 10 MARS
la tache apparaît d’abord, et elle s’étend en envahissant la pulpe de l’olive, qui se ride et se flétrit.
C’est à la suite des pluies prolongées tombées dans le mois de décembre et de brouillards relativement intenses pour la région, qui se sont produits par un temps extraordinairement chaud, que l’on a vu les olives, encore ertes pour la plupart, dans les variétés tardives, se flétrir et tomber en rand nombre, trompant l’espoir des cultivateurs qui se croyaient assurés d’une récolte relativement bonne parce que le Keïron (Dacus Oleæ), qui avait anéanti celle de l’année précédente, ne s’était guère montré dans les cultures jusqu’en décembre, et qu’à ce moment la réinvasion du redoutable insecte ne paraissait plus à craindre.
Dans le pays de Nice on a d'abord attribué l’altération et la chute des olives à une journée de gelée précoce; mais le phénomène bien constaté de l’apparition, sur les olives encore vertes, de petites taches brunes s’étendant progressivement de façon à envahir peu à peu toute la pulpe, paraît inconciliable avec cette opinion.
Les paysans,pour la plupart, se bornaient à dire que la maladie provenait d’un brouillard ou d’un vent chaud. En fait, ils étaient bien plus près de la vérité; non que le brouillard ou le vent chaud et humide eussent directement et par’ eux-mêmes causé la maladie, mais ils ont fourni au Champignon parasite qui a envahi les olives, les conditions favorables à son rapide développement.
•le me suis assuré de l’existence de filaments fort nombreux d’un mycélium parasite dans le tissu des olives aux places qui présentaient une couleur anomale.
En ayant soin défaire d’abord digérer les coupes fines d'olive, que l’on veut examiner, dans l’éther pour enlever l’huile qui mettrait obstacle à l’observation, on peut aisément reconnaître que tout le tissu altéré est
traversé par de très nombreux tubes ramifiés épais, et fort réfringents, qui divisent par intervalles de minces cloisons transversales. Ces tubes percent les parois des cellules de la pulpe et tuent les parties du fruit qu’ils
envahissent.
A l’intérieur des olives je n’ai pas vu la moindre apparence de corps reproducteurs du Champignon : tout se réduit à un mycélium qui s’étend, se ramifie et envahit progressivement tout le fruit.
«J’ai placé des olives envahies par le mycélium dans un milieu humide, après y avoir fait quelques entailles pour mettre à nu le tissu attaqué : bientôt j’ai vu la surface des plaies se couvrir d’une sorte de feutrage de filaments sinueux qui étaient en continuité, comme on pouvait s’en assurer, avec ceux de l’intérieur du tissu de l’olive.
Ces filaments aériens se montraient couverts de conidies situées sans ordre régulier, soit sur leur trajet, soit à leur extrémité. Ces conidies de