OBSERVATION III
CRUVEILHIER. Anatomie pathologique, 1828.
Homme 36 ans, constitution grèle, habitué à une grande sobriété, éprouva subitement une douleur au cou avec gêne dans les mouvements du bras et de la jambe gauches ; ïül guérit au bout de trois mois.
Cinq ans après, le 10 décembre 1828, il ressentit une douleur vive au niveau des troisième et quatrième vertèbres cervicales, avec abolition des mouvements de cette partie ;
trois ou quatre jours après, cette douleur s’étendit aux extrémités supérieures et inférieures qui furent successivement
CU
paralysées. La tête était inclinée vers l’épaule droite et ne pouvait être dérangée sans douleur de cette position. Para- ‘sie du rectum et de la vessie.
1°" janvier 1829 : tête inclinée vers l’épaule droite, douleur très vive dans le bras droit et cependant depuis quelques jcurs seulement, il n’y avait dans ce bras que des contractions musculaires très bornées ; tout le reste du corps, y compris l’extrémité supérieure gauche, était frappé d’une paralysie complète du sentiment et du mouvement. La pression était douloureuse dans la région du cou au niveau des troisième et quatrième vertèbres.
Mort après 40 jours, par escharres sacrées.
Autopsie. — RAcHIS : au niveau de l’origine des quatrième, cinquième et sixième paires cervicales du côté gauche, existait une tumeur violacée, du volume et de la forme d’une grosse amande ; les faisceaux postérieurs de la moitié gauche de la moelle étaient à ce niveau, pénétrés de sang, légèrement soulevés, non dissociés ni déchirés. Le foyer sanguin se prolongeait en dehors avec les racines antérieures et postérieures des paires cervicales indiquées, les écartait, leur donnait une teinte violacée, mais qui n’avait point altéré leur continuité.
La substance grise avait été remplacée par du sang concret qui occupait toute la longueur du cordon rachidien. C'était au-dessus et au-dessous du foyer apoplectique que la quantité de sang épanché était le plus considérable ; elle diminuait progressivement jusqu’à l’extrémité inférieure de la molle. Les parois du canal dans lequel était contenu ce sang, nouvellement épanché, présentaient une couleur jaune serin, indice non équivoque d’un épanchement sanguin,
OBSERVATION IV (Due à l’obligeance du Docteur A. DEvic, communiquée à la Société des Sciences Médicales, Lyon Médical, 1924) Tr. entre le 26 août 1923 dans le service neurologique
des hôpitaux de Lyon, hôpital Saint-Pothin. Employé au P.-L.-M., 30 ans.
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Antécédents héréditaires sans intérêt.
Antécédents personnels : Marié depuis 1918. Femme en bonne santé, pas de fausse couche ; deux enfants bien portants.
Nie toute maladie vénérienne ; éthylisme léger. A fait six ans de service militaire dans l’infanterie, dont 43 mois de front. En 1915, étant dans les tranchées humides, lumbago qui a duré deux mois, depuis n’a jamais eu de troubles de la marche.
En juin 1923, trois mois avant l’épisode actuel, aurait fait un saut de deux mêtres sur le sable, ressent une vive douleur lombaire qui a persisté 6 jours, mais sans l'empêcher de continuer ses occupations. Depuis, se plaint de céphalée, qui seraient réveillées et augmentées par tous les chocs même minimes,
Le 26 août au matin, étant assis, présente un « étourdissement » et ressent de violentes douleurs en ceinture ; il se couche et deux heures plus tard apparaît un paraplégie : il lui est impossible de bouger ses jambes.
LE 27 août. À l’examen : Paraplégie flasque avec abolition complète des réflexes, y compris le cutané plantaire ; conservation des réflexes crémastériens et abdominaux supérieurs.
Troubles de la sensibilité, remontant jusqu’à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic : ils revêtent le type de dissociation syringomyélique avec zone d’hyperesthésie audessus, jusqu’à l’appendice xyphoïde, zone qui correspond aux douleurs accusées par le malade. Cette zone d’hyperesthésie est plus étroite à droite, où elle se limite à une bande de trois à quatre centimètres au-dessus de l’ombilic répondant à D VIII tandis qu’à gauche elle remonte jusqu’à l’appendice xyphoide.
Intégrité des membres supérieurs.
Pupilles réagissants bien à l’accomodation et à la lumière.
Rétention complète des urines depuis 24 heures.
Koernig très net sans raideur de la nuque.
Deux ponctions lombaires, pratiquées à plusieurs niveaux différents et à quatre jours d’intervalle, le 27 et le 31 août,
ramènent, les deux fois, un liquide très sanglant qui ne coagule pas, après 24 heures : Culot sans caillot, avec audessus liquide jaune ; par agitation reprend l’aspect qu’il avait la veille. Tension au manomètre de Claude — 32.
31 août. Amélioration très nette : les douleurs très vives les deux premiers jours, nécessitant l’emploi de la morphine, se sont progressivement atténuées après la première ponction lombaire.
Les troubles moteurs rétrocèdent et le.malade peut décoller le talon de 10 centimètres.
Les troubles de la sensibilité objective ont régressé progressivement : la piqûre et le contact sont reconnus normalement, le malade ne fait plus d’ererur dans la perception du chaud et du froid qu’au niveau des jambes. Pas d’anesthésie, même au niveau du périnée.
Réflexes rotuliens toujours abolis ; réflexes cutanés plantaires en extension des deux côtés ; réflexes abdominaux supérieurs plutôt exagérés (peut-être en raison de l’hyperesthésie).
Rétension d’urine persistante ; est allé à la selle normalement.
Réaction de Wassermann dans le liquide céphalo-rachidien H 8.
Le malade fait de l'infection urinaire avec température et passe dans le service d’urologie du docteur G..
Le 15 septembre 1923, brusquement, sans douleur ni prodromes, appara t une paralysie du membre supérieur droit, limitée à la main, puis le lendemain une paralysie du membre supérieur gauche, mais cette dernière a disparu en quelques jours ; la paralysie du membre supérieur droit a persisté en s’atténuant et le malade vu :
Début octobre présentait en plus d’un Kœærnig persistant et d’une paraplégie très atténuée avec exagération des réflexes rotuliens et achilléens, réflexe cutané plantaire en extension, sans aucun trouble de la sensibilité, aux membres supérieurs : à gauche rien d’anormal ; à droite parésie de tous les muscles de la main, Opposition du pouce et mouvements des interosseux impossibles, Extension, flexion des doigts et pronation très diminuées de force ; par contre,
EN. re
les mouvements des muscles du bras et de lépaule sont intacts.
Réflexes tricipital, radial et cubital abolis.
Pas de trouble de la sensibilité.
Premier lever le 27 octobre ; depuis, la marche s’est progressivement améliorée.
Le 6 mars 1924, le malade présentait une marche facile : une demi-heure sans fatigue.
Aux membres inférieurs : paraplégie spasmodique légère avec exagération des réflexes, signe de Babinski sans trépidation épileptoide.
Amyotrophie
Jambe (à 12 % de la pointe de la rotule).
S0rao0t droite 1 oauche UE 6 mars : droite — 30 % ; gauche — 20 % 5.
Cuisse (à 20 % de l’épine iliaque antéro-supérieure),.
30 août : droite — 44 %, gauche —"V44997 Grmarsudroite "424%; gauche — 43197
Conservation des réflexes cutanés abdominaux supérieurs, mais absence des cutanés abdominaux inférieurs ; conservation des crémastériens. Le malade conserve de la pollakiurie et de l’impuissance.
Aux membres supérieurs : à gauche rien d’anormal ; à droite, persistance de la paralysie des extenseurs des doigts; les interosseux et les fléchiseurs fonctionnent bien. Bande d’hyposthésie à tous les modes, très limitée sur le bord radial de l’avant-bras,