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Sur Une Monstruosité De Delphinium Ajacis

mais aussi à 1 extrême humidité du soi, qui, comme on le sait, favorise surtout le développement des plantes vivaces.

Notons ici en passant (pie le Lathyrus angulcitus, que j’avais trouvé très abondamment en 1847, dans de jeunes taillis dont le sol avait été labouré entre les lignes de plantation, et que je n’ai revu depuis que par pieds isolés dans les moissons ou les terrains remués, se rencontrait à cette station, qui paraissait devoir si peu lui convenir.

Les données que je viens d’avoir l’honneur de soumettre h la Société demandent à être complétées par des observations ultérieures, qui seules permettront de constater les modifications qui se produiront successivement dans la végétation des terrains remués, objet de cette étude.

M. J. Gay présente des échantillons vivants, mais délleuris, de Trientalis europœa :

Dans ces échantillons, dit 31. Gay, on voit bien le caractère végétatif de cette plante, qui se propage par des stolons, après avoir épuisé son axe primaire, lequel n’a, par conséquent, qu’une durée annuelle; ce caractère a été généralement méconnu jusqu’à ce jour. C’est M. Fr. Crepin (de Rochefort, Belgique) qui m’a envoyé ces échantillons, récoltés par M. le docteur Moreau, le 10 juillet, dans le bois de Billaude près Saint-Hubert, dans la province belge de Luxembourg.

M. Duchartre fait à la Société la communication suivante :

SUR UNE MONSTRUOSITÉ 1)E DELPHIMUM AJACIS, par M. P. IHTHIRTRC

La monstruosité de Delphinium Ajacis que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de la Société m’a été communiquée par M. Jacques, ancien jardinierchef du parc de Neuilly et l’un des doyens de l’horticulture française. Elle me semble curieuse à plusieurs égards : d’abord, parce qu’elle affecte, non pas une fleur isolée ou plusieurs fleurs distinctes et séparées, mais bien une inflorescence tout entière, qu’elle a transformée en un ensemble unique, composé de plusieurs assises superposées de sépales et de carpelles; en second lieu, parce { pie les nombreux carpelles qu’elle comprend offrent tous les passages entre de simples petites feuilles plus ou moins concaves et des carpelles clos, potir- 'us de deux liles longitudinales d’ovules ; en troisième lieu, parce qu’on y 'oit des ovules à des degrés très divers de formation, depuis les simples dentelures épaissies des bords de la feuille carpellairc jusqu’à l’ovule parfait et normal sous tous les rapports. Une autre particularité qui me semble bonne a constater, c’est que cette monstruosité n’était pas isolée ; la planche de jardin

SOCIÉTÉ liOTANlUl'E DC F11

dans laquelle elle a été trouvée en présentait quelques autres exemples. Voici une description succincte de cette curieuse anomalie (1).

Vers l’extrémité d’une tige qui est restée cylindrique, se montre une sorte de collerette rose, formée de quatre ou cinq cercles concentriques de folioles, comprenant chacun plusieurs sépales libres, ovalcs-lancéolés et onguiculés. Cette collerette semble résulter de la réunion des sépales supérieurs et latéraux de plusieurs Heurs. Immédiatement au-dessus d’elle se trome, sans espace vide intermédiaire et sans interposition de pétales ni d’étamines, une grande quantité de carpelles libres et distincts, disposés en .deux ou trois rangées circulaires et toutes nombreuses. La plupart de ces carpelles sont normaux, fermés, à suture supérieure ou regardant l’axe, et ils renferment de nombreux ovules bien conformés, rangés en deux liles longitudinales, le long des deux bords de la feuille carpellaire. Les intérieurs sont en général plus ou moins anomaux et passent graduellement à l’état de simples folioles. Les deux bords de ceux-ci restent distincts, soit en partie, soit entièrement, de telle sorte que la cavité ovarienne est béante ou même largement ouverte. Lorsque la feuille carpellaire est ouverte, elle constitue une foliole concave, et ses bords forment des dentelures plus ou moins prolongées, renflées en petits corps, dont les uns sont des ovules réduits à un nucelle muni de deux téguments sensiblement irréguliers, dont les autres constituent un corps assez épais, avec ou sans bourrelets obliques, simples ébauches des téguments. Les plus curieux de ces ovules imparfaits sont ceux dans lesquels la portion externe de ces corps, qui correspond à la face externe de la feuille carpellaire, a conservé une partie de la villosité qui distingue la face externe de cette feuille, tandis que leur portion interne, ou dirigée vers la concavité ovarienne, se montre entièrement glabre et même luisante, comme l’est toute la surface des ovules bien conformés. Il semble donc évident que ce sont de simples processus des bords de la feuille carpellaire qui se sont conformés en ovules. — D’autres carpelles ont leurs bords dépourvus d’ovules, ou même d’ébauches d’ovules; ils deviennent ainsi de simples petites feuilles ouvertes, à bords irrégulièrement dentés ou même entiers. Ainsi s’établit une transition assez bien ménagée entre le cercle de carpelles et celui de folioles qui lui succède immédiatement. Les dernières folioles sont moins nombreuses, moins colorées et moins pétaloïdes que celles qui forment la collerette déjà décrite ; elles sont cependant, au total, analogues à ces dernières. Au -dessus de cette seconde collerette de folioles, se trouve encore un cercle de carpelles, mais beaucoup moins nombreux que ceux qui forment la première rangée déjà décrite et, pour la phi-

(1) Cette note n’était pas encore rédigée lorsque la communication qu’elle résume a été faite à la Société botanique de France. Malheureusement un accident m’a privé des notes détaillées et des dessins dont ce Delphinium m’avait fourni la matière ; de telle

sorte que ma description de cette monstruosité n’est faite aujourd’hui (décembre 1 que do souvenir.

séance ni: 1:5 .iuit.i.et 18(50.

part, imparfaits, lînfin l'extrémité même de la tigo, c’est-à-dire le centre de relie agglomération d’organes, est occupée par une niasse compacte de petites folioles linéaires, verdâtres, qui n’offrent rien de particulier.

Au total, on voit que le Delphinium Ajacte dont je viens d’essayer de donner une idée avait confondu toutes ses fleurs en un ensemble d’organes de deux sortes, sépales et carpelles, et que cet ensemble présentait successivement un cercle de sépales, un cercle de carpelles, un second cercle de sépales, un deuxième cercle de carpelles, enfin une sorte de bourgeon foliacé central.

M. le Président présente, au nom de M. Naudin, des hybrides de Linaria vulgaris fécondé par le Linaria purpurea en 1855.

Ces hybrides, dit 31. Dccaisne, sont de troisième génération et issus «le plantes fécondées par leur propre pollen. Il y en a eu environ 600 individus au Muséum en 1859.

Les plantes ici présentées ont fleuri une première fois en 1859, elles sont

à leur deuxième année. Puisqu’elles sont des hybrides de troisième génération,

le premier hybride obtenu (en 1856) est leur aïeul. On voit, par ces échantillons :

1° Que, dans certains genres, des hybrides de même degré et de même génération n’ont aucune uniformité;

2° Que la plupart s’éloignent du type rigoureusement intermédiaire, pour s’approcher plus ou moins des types spécifiques ascendants et souvent pour Y rentrer en totalité.

bn grand nombre de ces hybrides sont, dès la seconde génération, et à plus lorte raison à la troisième, retournés au type du Linaria vulgaris (qui était la mère), et quelques-uns à celui du Linaria purpurea (qui était le père).

Outre ces plantes de troisième génération, M. Maudina encore au Muséum une nombreuse collection d’hybrides de même espèce, de quatrième génération, qui fleuriront dans un mois d’ici. Cette quatrième génération hybride est

lille de celle dont ie mels nnelmies échantillons sons les veux de la Société.

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