‹ Sutures musculaires dans les plaies de guerreChapitre 20 sur 24 · C. — MaAUvais RÉSULTATS · texte numérisé non relu

C. — MaAUvais RÉSULTATS

1° Les mauvais résultats immédiats seront dûs généralement à un défaut de surveillance du foyer après l'oj ération. Ils pourront résulter aussi du mauvais état général du blessé dont les muscles mal nourris se couperont et dégénéreront. Une suture trop serrée pourra aboutir à la gangrène des parties comprimées.

Enfin un réveil de l'infection pourra nécessiter l’ablation trop rapide des points de suture ou pourra déterminer une septicémie, complication toujours fort grave.

2° Les mauvais résultats tardifs proviennent soit de causes locales, soit de causes de voisinage.

Le plus grand nombre des premiers sera dû aux adhérences vicieuses qui se seront établies. La cicatrice plus ou moins fibreuse des muscles aura en effet tendance à se joindre aux tissus fibreux adjacents. Ceci s’observera surtout dans les sutures pratiquées en masses et en un seul plan. Ces unions intimes se pratiqueront soit avec le plan profond vers los surtout quand celui-ci sera fracturé et se consolidera par un cal exubérant ; elles se feront encore soit vers les côtés avec les plans aponévrotiques des oges voisines, soit enfin avec les téguments superfi-

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ciel. Ces solides adhérences fixeront le muscle et entraveront son jeu dans une mesure souvent importante.

. Elles nécessiteront une intervention nouvelle dite de «libération » ; mais de ces mauvais et abondants tissus, il subsistera toujours des reliquats fâcheux.

C'est encore à ces mêmes formations fibreuses exubérantes que sont dues d’autres complications importantes : je veux parler des compressions des troncs nerveux. Elles seront décelées d’abord par des troubles sensitifs : picotéements,tiraillements,engourdissements. Après ce stade d'irritation du nerf on assistera à un stade de parésie auquel se substituera peu à peu une paralysie plus ou moins complète. Cette paralysie intéressera naturellement les muscles tributaires du nerf au-dessous de son englobement ; elle se manifestera aussi par des troubles sensitits (anesthésie), par des troubles trophiques et par des attitudes vicieuses des membres où segments de membres, dues à l’action des groupes musculaires ‘antagonistes. É

Mais avant d’en arriver là, limite extrême, on aura tenté des interventions pour libérer le nerf comprimé. Cette libération chirurgicale jointe à l’électrothérapie empêchera quelquefois la perte irréparable d'un membre.

De la cicatrisation mauvaise du tissu musculaire lui-même pourront dériver des accidents. Une rétraction intense des muscles avec dégénérescence fibreuse

atrophiante pourra s’observer et il s’ensuivra des

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déformations vicieuses des membres, des ankyloses articulaires.

Contre ces derniers accidents on luttera par des interventions multiples : ténotomies et myotomies.

Si, malgré ces premières sections simples,la déformation se reproduit ou si la correction obtenue ainsi n'est pas suffisante on recourra à la ténectomie ou à la myotomie généralement partielles (Monod- Vanverts).

Au contraire, on pourra observer une élongation extrême de la cicatrice intramusculaire. Cet excès de longueur farovisera l’action des muscles antagonistes et, comme nous l’avons vu pour les paralysies, des attiludes vicieuses et des déformations se produiront. Contre cet allongement, on luttera par des résections partielles du muscle.

Quant aux mauvais résultats post-opératoires, dus à des causes de voisinage, ils seront presque toujours dus à des ankyloses des articulations tributaires des muscles suturés.

Ces ankyloses articulaires seront dues à une mobilisation tardive lorsqu'il aura été impossible de commencer assez Lôt ou encore à un vice de cicatrisation des muscles.

La rétraction cicatricielle des muscles sera l’obstacle au libre jeu des jointures qui favorisera le plus l’ankylose des articulations. Contre elle on luttera par le redressement forcé à l'aide d’une bande d'Esmark, et les gains successivement acquis au cours de ces séances seront maintenus à l’aide d’ap-

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