I- K S HUG U K N O T S
cette image orientale de la bougie qui. tandis qu’elle
éclaire les autres, se consume elle-même. Aussi est»
il l’ennemi déclaré de tout ce*qui est antimusical, de tous les faux sons, de tout grognement, de tout miaulement, et l’on raconte les choses les plus comiques de son antipathie pour les chats et leur musique enragée. Le voisinage d’un chat suffit à le chasser de la chambre, et même à le faire tomber en faiblesse. Je suis convaincu que Meyerbeer, s’il le fallait, mourrait pour un article de musique comme d’autres pour un article de foi. Je pense même que, si au dernier jour un ange soufflait mal dans sa trompette, Meyerbeer serait capable de rester tranquillement étendu dans sa tombe, et de ne prendre aucune part à la résurrection universelle.
* Son enthousiasme pour l’art et sa modestie personnelle, sa bonne et noble nature, vaincront certaine-
ment toutes ces petites oppositions provoquées par le succès colossal de Robert le Diable , et qui, depuis lors, ont eu tout le temps de se grouper, et ne manqueront pas cette fois, pendant le nouveau triomphe, de faire entendre leurs couplets grossiers. Ne soyez donc pas surpris^si quelques faux tons, aigus se mêlent aux applaudissements universels. Un marchand
364 üe u v u i: s » K h en k i iiein h
de musique qui n’est pas l’éditeur du nouvel opéra, pourrait bien former le très-petit point central de cette opposition, et c’est sur lui que
s’appuient quelques renommées musicales, qui depuis longtemps sont éteintes ou n’ont pas brillé encore.
C’était hier au soir un coup d’œil admirable de voir rassemblé, dans la salle du grand Opéra, le . public le plus élégant de Paris, en parure de fête, dans une attente inquiète, un respeci sérieux, presque avec dévotion. Tous les cœurs semblaient émus. C’était de la musique !
Et, là-dessus, le bal de Rothschild/
Comme je ne l’ai quitté que vers les quatre »
heures, ce matin, et que je n’ai pas dormi encore, je suis trop fatigué poui\ vous parler du théâtre de cette fête, le nouveau palais bâti dans le goût de la renaissance, et du public qui s’y promenait avec surprise. Comme dans toutes les soirées de Rothschild, ce public se composait d’une élite d’illustrations aristocratiques faites pour impo-
ser par un grand nom ou une haute position, les femmes par ta beauté et le luxe. Quant au palais et à ses décorations, tout ce qu’a pu inventer l’esprit