CHAPITRE XV
Tonte la théologie de Mini AngnsUn tend t éubllr la solo-
tkn de saini Futgeoce, qui est celle de toute l'Ëgliae.
Le même saint Augustin enseigne partont que les enfants baptisés sont mis au nombre des croyants, lorsque ceux qui les portent au baptême répondent pour eux, et que dès lors ils sont du nombre de ceux dont il est écrit : Qui croira et qui sera baptisé sera sauvé; mais maintenant il faudra dire, qu'il sera damné sans avoir reçu la communion.
' De peee, mer. et remise. I. m, cap iv.
’ De enôlt. et ejus origin. Ub. in , cap. x.
Le mêmePère enseigne encore que Jésus-Christ est mort une seule fois, mais qu'il meurt pour chacun de nous, lor.tqu'en quelque âge que ce soit nous sommes baptisés en sa mort, et que c’est alors que sa mort nous profile ' : c'est-àdire, qu'elle nous est appliquée ; en quoi il ne fait que répéter ce que saint Paul avait dit deux fois en mêmes paroles , de peur qu’on ne l'oubliât : Que nous sommes ensevelis avec Jésus-Christ dans le baptême , etc. • ; et on veut que ce Père, qui a si bien entendu cette doctrine , damne ceux qui ont été baptisés, et à qui la mort de Jésus- Christ est appliquée , s'ils ne communient aussitût.
Le même saint Augustin enseigne , après le prophète, que rien ne peut mettre de séparation entre Dieu et nous que le péché Sur ce principe incontestable , il décide qu’une innocente image de Dieu no peut être privée de son royaume , selon les règles de justice qu’il a établies. On trouvera dans saint Augustin , sans exagérer, cinq cents passages de cette nature, et cinq cents autres pour dire que la rémission des péchés s'accomplit par le baptême. On demande donc à M. Simon et à ses semblables : Veut-il présupposer qu’après le baptême on demeure encore pécheur, et qu’Un SI grand sacrement n’ait aucun effet? Ce serait en rejeter la vertu; ou bien est-ce qu'nprès avoir reçu la grâce , un enfànt la perd , s’il n'est communié ? Mais quand , et dans quel moment , et par quel crime? La grâce se retire-t-elle tonte seule sans aucune infidélité précédente? Ou bien admettra-t-on dans un enfant une infidélité précédente dont son âge n’est point capable? Dans quelle absurdité veuton jeter l'ancienne Église, en lui faisant égaler la nécessité de l’euchartstie qui suppose l'enfànt en état de grâce , à celle du baptême qui le suppose en ^t de péché I
Voici encore un autre principe qui n’est pas moins clair. Toute l'Égiise, et saint Augustin avec elle, croit, sans qu'on en ait jamais douté, que l’eucharistie était pour les saints; c’est-à-dire, pour ceux qui étalent justifiés. Personne n’ignore ce cri terrible avant la communion : Les choses saintes pour tes saints. On était donc sanctifié quand on communiait ; et si avant la communion on pouvait être damné , on pouvait être tout ensemble damné et saint. SI le baptême n’avait pas remis pleinement tous les péchés , l’on communiait en péché , lorsque l’on communiait après te baptême; et la première communion était un sacrilège. Qui aurait pu digérer ces absurdités? Mais cependant on vent supposer que c’était la foi
■ Cost.Jut. lU). VI, cap. V.
> Kam. >1 , «. ColMt. Il, IS.
> Dttpiriturt lia. cap. IIV, 0*41.
DÉFKÎNSE DE LA TUADITION
de l’ÉgliM du temps de saint Augustin. Bien plus, on veut supposer que l'Eglise ne savait pas la différence do baptême et de l'eucharistie. Sans doute reuoharistic , qui est établie poui nourrir le chrétien , le suppose régénéré ; mais s'il est régénéré , il est enfant de Dieu : on appelle aussi l'eucharistie le pain des enfants , le pain des saints , le pain des Justes ; mais , dit saint Paul , si fon est enfantjOnest hé fitiereteokeritierde Jésus-Christ'; on est tiré de la puissance des ténèbres pour être transféré au royaume du bien-aimé Fils de Dieu '. On est donc en voie de salut incontinent après le baptême , et avant la communion ; on n'y est pas avant le baptême , parce que n'ayant encore rien reçu de Dieu , on n’a avec son pMé que sa propre condamnation. L'état n'est donc pas le même , la nécessité n'est pas égale.