CHAPITRE XII
Comliicn de méfiris aflrcte l'aiileur pour les écrits et les preuves de saint Basile et de saint Crégnire de Xasianse , principalement pour cens où ils dèfendeot la Trinité contre EuntMne.
Et d'abord on ne peut voir sans douleur, qu'il ne trouve que de la faiblesse dans tous les écrits par où ces grands hommes ont établi la divinité de Jésus-Christ, lin des plus forts, quoique des plus courts sur cette matière , est celui de saint Basile sur ces paroles de saint Jean ; Au commencement était le Verbe. Mais M. Simon le méprise , et commence sa critique sur ce Père par ces paroles ' : Il parait plus d’esprit et plus d'éloquence dans l’hométie que saint Basile nous a laissée sur ces premiers mots de saint Jean :
Au COMMEXCEHEMT ÉTAIT LE VEEBI,ÇUe (Top-
ptication à expliquer les paroles de son texte.
C'était pourtant un texte assez important pour mériter qu'on s'y attachât. Mais saint Basile, poursuit notre auteur ' , a presque toujours recours aux règles de Fart; c'est pourquoi il s’arrête plus dans ce petit discours aux lieux communs, selon la coutume des rhéteurs, qu'à sa matière.
Que veut-il qu'on pense d'un auteur qui traitant une matière si capitale et le texte fondamental pour en décider, ne s’applique à rien moins qu'a l'expliquer ; et qui , quoique son discours soit petit, se perd encore dans des lieux communs? C'est un homme qui manque de sens , cc qu'on ne peut penser de saint Ba.sile; ou qui sentant la faiblesse de sa cause , se jette sur des digressions et des lieux oommums. Mais le contraire parait par la lecture de cette homélie , et il faut être bien prévenu pour ne pas sentir avec quelle force les ariens y sont poussés par saint Basile. Cependant on le traite de simple rhéteur; et si l'on veut savoir quelle idée notre critique attache à ce mot , il n'y a qu'à lire ce qu'il dit de saint Grégoire de ^Bzianze ’ , qu’il raisonne quelquefois plutôt en rhéteur qu’en théologien, lui à qui tout l'Orient a donné le titre de théologien par excellence; et
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comme si le critique ne setoit pas eucorc expliqué d'uiic manière assez méprisante : Les grands orateurs, rontinuc-t-ii se contentent souvent de misons qui ont quelque faibte apparence. Ce terme, les grands omteurs, fait assez sentir Icstyie moqueur de notre critique. On n'est point , à porter juste, un grand orateur, mais un rhéteur impertinent , quand on se contente des apparences de ta raison , et non pas de ta raison même.
Voilà comme on traite les deu.x plus sublimes théologiens de leur temps , et en pmiieulier saint Grégoire de Nazianze , quoique l'Orient l'ait tellement révéré , qu'il en a fait , comme on a vu , son théologien ; il n'est pourtant qu'un rhéteur, e'est- À^ire, un vain diseouieur, qui prend l'ap|>arence, c'est-à-dire, l'illusion pour la vérité, aussi bien que son ami saint Itasile , dans le discours le plus sérieux qu'il ait Jamais prononcé.
l’hilostnrgc , l'Iiistoricn des ariens et l'ennemi de l'Eglise, parle pins honorablement de ces grands hommes, puisqu'il admire en eux la sagesse , l'érudition , la seicnec des Écritures , jusqu'à dire qu'on les préférait à saint Athanase j et pour ce qui est du discours , il attribue en particulier la noble.sse et la force , aussi bien que la i beauté , a sjdnt Basile , et la .solidité avec la grandeur à saint Grégoire de Naziauze. Voila quels ils étaient dans la bouclie des ariens leurs ennemis j et on a vu quels ils sont dans celle de M. Simon , qui fait semblant de les révérer.