‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 208 sur 518 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Faux raisonnement de l'auteur sur la prëdeatînation de J6^uK'hrist : son aflectaUon à faire trouver de l’appni A la doctrine socitnenoe dans a^nt Augustin , dans saint Tlionns , dans les interprètes latins , et même dans la Vulgalc.

Nous avons encore à découvrir un autre mystère du livre de M. Simon ; c*cst lepanchement, et, si ce mot m’est permis, la secrète exaltation de son coeur, lorsqu'il parle des sociniens. Il avait trop d’intérêt à cacher cette pernicieuse disposition i>our n’y avoir pas employé tout son art. Cet art consiste non-seulement à leur donner toutes les louanges qu’il peut sans se déclarer trop ouvertement ; mais encore , et c'est ce qu'il a de plus dangereux , à proposer leur doctrine sous les plus belles couleurs, et avec le tour le plus spécieux qu’il lui est possible. Pendant que l’explication de leurs dogmes qui flattent les sens, est longue et accompagnée de tout ce qui est capable de les insinuer, on y trouve a.ssez souvent des réfutations, mais faibles pour la plupart, et quelquefois un rèle. si outré qu’il en devient suspect : comme e.st celui des amis cachés, qui affectent, môme à contre-temps, de s’opposer l’un à l’autre , pour couvrir leur intelligence.

Qui n’admirerait le sèle de notre auteur contre les erreurs de Socin? Ce critique , pour établir la divinité de Jésus-Christ, va plu.s loin que saint Augustin et que saint Thomas, qu’il reprend comme favorables h cet hérésiarque. Saint Thowflj, dit-il* (dans son commentaire sur l’épître aux Romains) s'étend d'abord assez au long sur

CCS motSj QUI ra.CDESTINATUS EST PILIUS BEI IN

viBTUTE. H parait tout rempli de l'explication de saint Augustin et de la plupartdes autres commentaieurs qui l'ont suivi sur ce passage j ci il enchérit même par-dessus eux. Voiiè la première faute qu'il remarque dans saint Thomas , d'être rempli partout de saint Augustin, dans les endroits mêmes où il est suivi de la plupart des interprètes; et notre critique conclut ainsi : que pour être trop subtil y saint Thomas (et par conséquent saint Augustin, d’où saint Thomas a tiré son explication) semble appuyer les sentiments de Socin. C'est ainsi que M. Simon montre son Eèle contre les sociniens, et il n’épargne ni saint Augustin ni saint Thomas.

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üii lui iMuriKit dire en ec lieu avee le Sn^e : Aie soyez pas plus suye qu'il ne faul ' ; ne présumez pas de votre sagesse jusqu'à rélover au-<lessus de deux aussi grands théolugiens, tpie Imis les auli'es, ou, pour parler comme vous, la plii/met des autres ont suivi ; mais notre auteur a emsire ici un autre dessein ; et |xiur découvrir le fond de ses malheureuses finesses , il faut remarquer (pie Lrellius, le plus habile des siK'iniens, se sert en elTet de ce passage de saint Paul contre la divinité de J(-sus-(;iirlst , par cette raison , que s’il est destiné ou prédestiné par sa résun-eetion a être Fils lie Dieu , il ne l est doue pas par nature : il ne l'est IMS élemellement , mais il est fait tel dans le temps. Tel est le raisonnement de Oellius, que M. Simon rapporte au long’. Il n’y a rien de plus pitoyable.

Titelman, dont notre erititpie nous rapporte l’esplifation ’ sur eetle [larole de saint Paul : Jésus-Christ a été prédestiné a être Fils de. Dieu ' , n’y avait laissé aucune difficulté, lorsqu’il avait expliiiué dans sa paraphra.se, que Jésus-Christ était celui dont il omit été prédestiné qu'en demeurant ce qu’il était (dans le temps et selon la chair) il serait tout ensemble te Fils de Dieu de même puissance que son l’ére. Qu’y a-t-il de plus littéral et de plus net que cette interprétation de Titelman? Cependant M. Simon la rejette romme. étant rcxplication (T un thèoloyien de profession, qui substitue les préjuqès de la théologie en la place des paroles de saint Paul; et sans alléguer aucune raison de son mépris, il se contente de dire que tout le monde ne demeurera pas d'accord que ce soit là le véritable sens des paroles de l'Apédrc. Assurément les soeiniens, (pii nient la divinité du Fils de Dieu, ne conviendront pas d’une paraphrase où elle est si clairement expliquée. Mais enlln, M. Simon, malgré qu’il en ait , ne pourra s’empêcher d’en convenir. Car il faut bien qu’il avoue, puisqu’il fait profession d’être catholique, qu’il y a une inearnalion, qui est une tenvre de Dieu ; mais il est bien certain que Dieu n’a rien fait que ce qu’il avait prévu et prédestiné niqvirnvant : s’il a donc fait rilomnie-Dicii , cet Homme- Dieu est pn vu et prédestiné. Qui le [letit nier? Saint Augustin a donc enseigné une vérité constante , quand il a dit' : Jésus a été prédestiné, afin que devant être selon la chair le fds de David, il fil aussi en vertu le Fils de Dieu, qui est précisément la même chose que Titelman avait exposiKi dans sa )iaraphrase.

Laissant donc il part Crellius cl les réponses

I JT.ffc». vu. 17.

I P. WH. — > P. Ml. — * /?<»••>« I, 4.

* Prvtlr$t. Ses», l.fliop.

iHHinc'S OU jnüimiiscs (pi'a fait(>s M. SimoD û son misiTahU' argument, et IoL«isant tMicore à part toutes les disputes ijifon peut faire sur le mot precôpiffOeû, soit qu’il \iMilllcdjref/rr/rtrr, comme il S4*mblc que {juciqiies Grecs l'aient entendu , soit qu'il \cuil!c dire fiesiirifi ou piTthstiné y comme traduit la Vul^alc stdon le S4*ns de saint Qirjsostôme , et apres elle saint Aupustln et tous les latins, on ne |K'Ut dire, comme fait M. Simon , que ce Wriui* pra'df'stinalns appuie Socin , sans avoir le dessein maliclciu de lui faire trouver de l’appui dans s^iint Aujpisiln, dans sîiint Thomas, et dans tous les auteurs et commentateurs latins, et même dans la ^’ul;ülte, dont les nneieus Pèix*s se sont servis eoinme nous.

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