‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 212 sur 518 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le loin de M. Simon h foire connaître et à recommander Bernardin OcJiin , Fauste Sodn et Crellius.

Bernardin Ochin vient après. M. Simon ne nous en apprend que ta grande réputation, les mœurs louables et la bonne conduite sans nous parler des désordres (|ui éclatèrent depuis son apostasie. Il ne faut pas oublier qu'il écrivait, dit M. Simon, contre la foi de la Trinité, sous prétexte de la défendre. Il devait encore ajouter que cette dissimulation a passé dans toute la secte, et que les plus pernicieux ennemis de la Trinité sont ceux qui l'attaquent sous cette couleur.

Mais les deux favoris de M. Simon sont Fauste Socin et Crellius, dont il vante si bien partout les explications littérales et le bon sens, qu'il donne envie de les lire, et j'ajouterai de les suivre.

Il nous donne d'aliord Fauste Socin comme un homme gui cherche les explications tes plus .simples et les plus naturelles * ; ce qui est nonseulemfnt pour ,M. Simon , mais en général pour tous les hommes de bon sens , la veritaltle méthode, i»urvu qu'on entende bien la bonne et naturelle simplicité. Quoi qu'il en soit, Socin a déjà l’avantage de l’avoir recherchée. En géné-

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fcT DKS SAINTS PEBKS. IJV. III.

ral , Il lui donne toutes les louantes qu'un peut lui donner sans paralti-e euverteinent son disciple. Il Inné son e.xactitude sur la manière de traduite, et son équité dans la justice qu'ii fait ordinairement è In Vûlqate. Qui ne serait porté à présumer bien d'un homme si équitable? Si M. Simon est forcé en quelque endroit de l'attaquer, ( car aussi comment sans cela soutenir la profession decatholique?), il le foitsi mollement, qu'on voit bien qu'il ne craint rien tant que de le blesser, témoin l’endroit où , en parlant de Brenius , un des principaux antitri nilaires, il en dit ces mots ' : H (Ictoume plusieurs endroits, où il est parlé du Fils et du Sainl-Fspril ; et s’il ne s'accorde pas toujours avec Socin, dont les interprétations sont quelquefois forcées et trop subtiles, il n'abandonne pas pour cela la doetrine des antilrinitaires. Quel fruit ne peut-on pas retirer de cette curieuse remarque de M. Simon? On y apprend , en premier lieu , les endroits où l'on trouve l'art de détourner Ica passades de l'Écriture , non sur un sujet commun et indifférent , mais sur le sujet du Fils et du Saint-Esprit : on y apprend , en second lieu , que c’est quelquefois senlemcnt que les interprétations de Socin sur une telle matière sont forcées et trop subtiles , c’est-à-dire, que partout ailleurs et pour l’ordinaire elles sont simples et naturelles; et, ce qu’il y a de ^/«s remarquable, on y apprend que si quelquefois on ne se débarrasse pas trop facilement des passages de l’Écriture par les interprétations de Fauste Socin , Il ne faut point pour cela se désesi)érer, puisqu’un y trouve un bon supplément dans celles de Brenius, qui , sans le secours de Socin et sans ses explications , quelquefois trop fi nesetcomme tirées par les cbeveux, demeure tonjours un parfait antltrinitnire. Que ne doivent donc pas les sociniens aux précautions de M. Simon , qui enseigne de si bons moyens de suppléer au defaut de leur maître même , lorsque la force lui-manque?

Que si vous voulez savoir parfaitement la doctrine socinienne, vous recevrez dcM. Simon toutes les instructions nécessaires. Le dénoùment le plus essentiel de toute la secte est de bien entendre la force de ce nom Dieu, afin qu’on ne soit pas irffrayé quand on le lui verra donner tant de fols à Jésus-Clirist et dans des circonstances si particulières. C’est ce que vous apprendrez de Socin, dansson commentaire sur le premier chapitre de saint Jean ■. M. Simon va continuer scs graves leçons : Ceux, dit-iP, qui \studmnt connaître plus à fond (car c’est une chose fort importante au public) la méthode et la doctrine de

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Socin , Joindront aux commentaires dont nous venons de parier , deux autres ouvrages , dont le premier a pour titre : Lectiones Sacb.«; et l’autre : Pa^LECTionES Theoiogic*; parce qu’il y explique un grand nombre de passages du Nouveau Testament , et qu’il y éclaircit plusieurs difficultés. Vous pouvez croire comment il les éclaircit, et si c’est selon la saine doctrine. Quoi qu'il en soit , ce que veut ici enseigner M. Simon, c’est non-seulement que ces livres sont bons aux sociniens , mais encore qu’il faut inviter les catholiques à les lire, parce çite, dit-il ■ , si Ton met à pari les endroits où Socin tâche (T appuyer ses nouveautés ; c’est-à-dire , sans difficulté prestpie tous scs livres, ils peuvent leur être utiles. Mais à quoi utiles? montrez-le nous une fois : racontez-nous quelques-uns de ces avantages qu’on peut tirer de cette lecture. Il n’en dit pas un seul mot ; son livre serait trop gros : il a du temps pour nous réciter toutes les impiétés et les adresses des sociniens; il n'en a point pour montrer aux catholiques les avantages qui leur en reviennent : c’est-à-dire, qu’il a pour but de satisfaire les uns, et non pas d’instruire les autres. C’est le contraire de ce qu’il fallait ; car s’il y avait quelque utilité à tirerdes sociniens, c’est ce qu’il fallait extraire de leurs écrits, afin de sauver aux catholiques la peine et le péril de les lire ; mais c’est qu’il a bien senti que ces utilités prétendues sont trop minces pour mériter d’étre étalées. Il est vrai , il y aura dans Fauste Socin quelques-unes de ces bonnes choses, de ces principes communs qu’on trouve dans les plus mauvais livres, qu’on trouverait beaucoup mieux ailleurs, et qu’on trouve encore dans Socin , tournés d'une manière qui porte à l’erreur ; ce n'est pas la iieine d’aller chereher cette utilité telle quelle dans des livres si remplis de malignité, nu hasard d’y boire à pleine bouche le venin du soeinianisme. Dieu permettant qu’on s'aveugle , en punition de ce que , sous In conduite d’un M. Simon , on ira chercher dans les sociniens plutét que dans les orthodoxes, les princi)ics de la religion et les manières d’interpréter l’Écriture sabite.

On voit donc qu’en suivant un si bon guide on ne manquera d’aucun secours pour apprendre cette curieuse et rare doctrine de Socin ; et afin qu’on en puisse être plus facilement informe, on avertit’ que ceux qui n’ont pas te temps de parcourir ses ouvrages, qui sont imprimes en deux tomes in-folio, à la tète de la Itibliothèque des Frères polonais, peuvent consulter leur catéchisme , dont il g a diverses

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DKKKNSK DE I.A TRADITIO.N.

édiUuns, et qui a pour titre . CtTECHEsis eccls- EIABL'H POLOHICAHLM , ETC. Cc petit Hvre , COOtioue-t-il ,ÿuï enfermeenpeu de mots tes articles lie leur doctrine avec les preuves, est un abrégé de ce qu'il y a de plus considérable dans les écrits de Socin.

yui prit jamais plus de soi» d'expliquer les moyens de bien entendre saint Augustin et saint Chrysostdme, que M. Simon en a pris pour faire entendre Socin et sa doctrine et ses preuves , et dans toute leur étendue , et en abrégé , pour la plus grande facilité du lecteur? Après cela , rien n'empéchc qu'on ne devienne bon socinicn en peu de temps ; et ce critique veut encore que nous sachions qu'il prend tout ce soin pour les catholiques , qui, dit-il ' , en peuvent tirer quelque avantage, qu'il ne marque pas. Fallait-il donc tant de peine pour faire trouver ce peu d'avantage (cor il n'ose dire beaucoup) dans la doctrine de Socin? et ne fallait-il pas plutèt penser combien de gens y trouveraient leur perle assurée? Mais c'est de quoi ce critique se met peu en peine , et undesseinsi utile n'est pas l'objet de ses études.

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