‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 229 sur 518 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

On déiuontre contre Grotius et M. Simon que Jésus-Christ et les a|)ôtres ont préteiHlii apporter les prophéties comme lies preuves convaincantes auxquelles les Juifs n’avaieiit rien à répliquer.

Je ne pense pasqti’on s’attende ici à une pleine

• P. «rt

réfutation de cette erreur, que tout chrétien doit détester, dès là qu’elle tend à faire voir, premièrement, que Jésus-Christ et les apôtres ont mal prouvé ce qu’ils voulaient ; secondement , que le» Juifs out raison contre eux ; et enfin , que l’Évangile n’est pas clairement fondé sur les prophéties.

Et en vérité on ne comprend pas comment Épiscopius et Grotius ont pu dire que les preuves que les apôtres et Jésus-Christ même tiraient de r.Anclen Testament ne fussent juis convaincantes * , puisqu’il est écrit en termes formels que Paul et polios même convainquaient les Juifs, en ne disant rien que ce qui est écrit dans les prophètes * ; ni pourquoi il a plu à d'à auteurs de réduire à un petit nombre les passages qu’on opposait aux Juifs, puisque saint Paul les en accablait durant tout tm jour, depuis le matin jusqu'au soir ^, assurant en un autre endroit qu’on les trouvait indifféremment dans toute la lecture des sabbats*, tant ils étaient fréquents, et çour ainsi dire entassés dans tout le corps de l’Ecriture ; en sorte qu’il ne restait aucune réplique aux Juifs, ni autre chose à saint Paul qu’à s’étonner de leur aveuglement ^ Enfin , on ne comprend pas ce qui a pu encore obliger ces mêmes auteurs à réduire la force de la preuve à la résurrection et aux miracles de Jésus-Christ, puisque Jésus- Christ lui-même , après avoir dit aux incrédules : Mes œuvres rendent témoignage de moi, ajoute aussitôt après dans le même endroit : Sondes les Écritures, car elles rendent aussi témoignage de moi * , leur montrant les deux témoignages et les deux preuves de fait sensibles et incontestables par lesquelles il les convainquait , les miracles et les prophéties, témoignages où la main de Dieu était si visible , qu’on ne les pouvait reprocher sans reprocher la vérité même. Et tant s’en faut qu’on doive affaiblir la force de» prophéties, qu’au contraire il les faut considérer comme la partie la plus essentielle et la plus solide de la preuve des chrétiens, puisque saint Pierre , ayant allégué la transfiguration de Jésus- Christ comme un miracle dont il avait lui-même été témoin avec deux autres disciples ’ , ajoute incontinent: Et nous avons quelque chose de plus ferme dans les paroles des prophètes , que vous faites bien de regarder comme un flambeau qui luit dans un endroit obscur; en sorte qu’on trouve dans ce témoignage les deux qualités qui rendent une preuve complète : la fermeté et l’évidence..

* Yoye» Diu. twr Grolint.

* ylci. IX , 23.

3 Tbid. XXVIII, 23.

4 Jhid. XIII, 37.

i tbid. XXVIII , 2«.

* Joan. 30.

’ II. Prtr. 1,1*, I».

DEFENSE DE LA TRADITION

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De nous réduire après cela au témoignage des rabbins, comme a foitM. Simon, c’est une erreur manifeste, puisque ni Jésus-Christ, ni saint Pierre , ni Apollos , ni saint Paul , ne produisaient point ces docteurs : non que je veuille rejeter le tcnraignage qu’on tire de leur consentement , qui est un argument, comme on l’appelle, hominem contre les Juifs, et une nouvelle preuve de l’évidence de rÉcriturc ; c’est aussi une raison pour prouver qu’il y avait dans lu synagogue une tradition non écrite du sens qu’il fallait donner à plusieurs passages pour y trouver Jésus-Christ : mois de se servir de ces arguments pour affaiblir celui de l’Écriture et les preuves des prophéties, c’est avoir avec les Juifs , comme dit saint Paul ', les sens obscurcis , l'esprit bouché à la vérité, et le voile devant les yeux pour ne pas wir et ne pas sentir la gloire de l'Évangile.

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