CHAPITRE PREMIER
M. Simon Uche d'oppoaer les Pères ans sentiments de l'Église : passage trivial de saint JèrOme, qu'il relève curieuserneot et de mauvaise foi contre l'èpiscopat ; antres passages aussi vulgaires du diacre Hilaire et de pelage.
Cette opposition de notre erltique aux traditions et à la doctrine de l’Église lui fait relever avec soin et sans aucune nécessité tous les passages des anciens commentateurs qui semblent confondre l'épiscopat et la prêtrise , tels que sont ceux de saint Jérême, d’Hilaire diacre, et de Pélage. Cos deux derniers sont schismatiques. Hilaire, si c'est le diacre, comme le croit M. Simon, est luciférien; Pélage est connu comme l'ennemi de la grâce. Il n'y a point d'anciens commentateurs latins qui soient plus estimés de M. Simon que ces deux-là; nous en verrons les endroits. Mais ici , pour nous attacher à ce qui regarde l'épiscopat et la prêtrise , voici sur cette matière ce qu'il rapporte de saint Jérâme dans l'extrait du Commentaire sur l'Épttre à Tite H prétend que les prêtres ne différaient point ordinairement des éréques, et que cette distinction n’a été introduite dans t Eglise que depuis qu'il y eut différents partis, qui donnèrent ocrasion à établir d'entre les prêtres un chef gui fut au-dessus d'eux, au lieu qu’ils gouvernaient
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* F.phe*. n, îl).
a uparavant tous ensemble les Églises. Mats il semble que son sentiment n’élait pas alors approuvé de tout le monde, puisqu’on lui objectait qu'il n'était appuyé sur aucun passage de l'Ecriture. C’est pourquoi il le prouve au long, et il conclut que e’est ptidôt la coutume que l’institution de Jésus-Christ qui a fait les évêques plus grands que les prêtres.
Je rapporte au long ce passage , afin qu'on voie le grand soin que prend notre critique de faire valoir ce qui lui semble contraire à une doctrine aussi établie dès l'origine du christianisme que celle de la distinction des évêques et des prêtres. C'est en vérité une faible ostentation de doctrine quede prodnire soigneusement un endroit de saint Jérdme que tous les écoliers savent par cœur, et qu'on évite de proposer sur les bancs , tant il est commun. D'ailleurs il ne faisait non plus au dessein de notre critique que tous les autres de quelque nature et sur quelque sujet que ce fût , qu’il aurait pu extraire des Commentaires do ce Père ; et l’on volt bien qu'un passage si trivial n'a mérité de trouver sa place dans le carieux ouvrage de M. Simon , qu’à cause que les protestants s’en sont appuyés contre l’Église.
Mais s'il avait tant d'envie de rapporter ce passage de saint Jérême , il devait du moins ol>server que , par ce passage même , il parait que l'épiscopat avec toutes ses distinctions est universellement établi dès le temps de saint Paul, puisqu'il l'était dès le temps des divisions que cet apûtre blâme dans ceux de Corinthe ; et au lieu de dire faiblement qu'il semble que le sentiment de saint Jérôme n'était pas alors approuvé, pour insinuer en même temps qu'auparavant il l'était , il aurait pu dire que ce sentiment était si peu approuvé, qu’Aérius fut rangé au nombre des hérétiques pour l'avoir suivi. la's endroits de saint Épiphane et de saint Augustin qui prouvent cette vérité, ne sont ignorés de personne. Enfin ce qu'il y avait de plus nécessaire , c'est qu'au lien de laisser pour constant que ce fût là le sentiment de saint Jérûme, il aurait fallu remarquer que les docteurs catholiques, et même les protestants anglais, l'ont solidement expliqué par saint Jérûme même.
Mais cela eût été trop catholique, et les critiques n’en auraient pas été contents. Ainsi M. Simon n'en a rien dit , et s’est contenté de se préparer une misérable échappatoire , en faisant prétendre à saint Jérûme que les prêtres ne différaient point oanmAiBEUEUT des évêques; ce qui ne signifie rien , et ne sert qu'à embarrasser la question.
l’our ce qui est du diacre Hilaire, sçhismatique luciférien , et de Pélage l’hcrésianiue, l’allé-
DÉFENSE DE LA TUADITION
galion de ces deux auteurs et de leurs passages rebattus , sans les contredire , ne sert qu'à conflrmer raffectation visible de M. Simon à produire autant qu’il peut des témoins contre la foi de l'Église ; mais rautoritc de ceux-ci est bien petite : parce qu 'encore que l'erreur dont ils sont notés ne regarde pas l'épiscopat, ceux qui s'égarent de la droite voie en se séparant de l'Église, ont dans l'esprit un certain travers qui les suit partout, et qui rend leurs sentiments suspects, même hors le cas de leur erreur particulière.