‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 259 sur 518 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Que cet Hilaire, préféré par M. Simon aux plus grands hommes de l'Ègliae, outre ses erreurs manifeslcs, est d'ailleurs un l^ble auteur dans ses autres notes sur saint Paul.

Concluons de tout ce discours qn’IIilaire n'était pas un assez grand auteur pour mériter tant de louanges de M. Simon , qui ne met rien , comme on a vu , au-dessus de lui , et qui même l’élève au-dessus de ce qu'il y a eu dans l’Église de plus excellent pour interpréter l’Écriture.

A bien juger de cet auteur, U faudrait dire que son style est faible comme son raisonnement, et qu'il est presque partout au-dessous de son sujet. Pour peu que la matière qu'il trouve soit difficile et l'oblige à sortir du chemin battu, il s'embrouille de manière à n'être point entendu : témoin ce qu’on vient de voir sur les deux enfers , qni tient une grande place, et toute pleine de ténèbres et d'égarements , dans son Commentaire. C'est dans ses notes sur ce verset : En qui tous tes hommes ont péché’ , la quo ohnes pecc*vf.bi:!«t, un raffinement particulier de dire que cet in quo signifie Eve; que c'est en elle que saint Paul enseigne que nous sommes tous pécheurs ; et que s'il a dit in quo, quoiqu'il parlât d'une femme , cùm de mutiere loquatur, c’est à cause ipie Iti femme est liomme , en prenant ce mot pour le genre , et qu'en ce sens Eve était Adam , et ipsa enim Adam est, parce qu'.Vdam signifie Aomme ; de sorte que c'est merveille qu'au lieu d'un nouvel Adam saint Paul ne nous a pas donné en Jésus-Christ une nouvelle Eve. Je ne sais pourquoi M. Simon n'a pas relevé une remarque si particulière à ce commentateur, dont il prise tant les rares talents. Il devait encore observer sur ce passage de saint Paul : Peccatum

OCCASIOXE ACCEPTA PEU MANDATUM PEPELLIT ME, Le péché a pris occasion du commandement pour me tromper et pour me donner la mort ^ ; <|uc le péché dans cet auteur, c'est le diable : pecentum hoc loco diabolum inteltige; ce qu'il inculque bien fortement enun autreendroit *.

' P iTs.— * Jiom. V, i:i. — *

' P Ul. — > P. 131. — 3 P. lu.

vil. Il — * Jtom.x. lï.

ET DES SAINTS PÈRES. I.IV. V

CVsl aussi l'explirntlon (le Pélnsc , qui ne voulait point entendre que la concupiscenee , ({u'il croyait bonne, fut appelée péché par le saint apéitre. Je pourrais relever beaucoup d'autres notes aussi malheureuses de ce commentateur, et en conclure qu'il n'entendait guère son original ; mais c'en est assez pour foire voir que cet auteur si estimé de M. Simon , encore que par sa doctrine mélée , et dans des siècles moins éclairés , il ait longtemps imposé au monde sous le grand nom de saint .Ambroise , n'a point eu au fond de meilleur titre pour gagner l'estime de notre critique, et mériter la préférence qu'il lui adjuge au-dessus presque de tous les auteurs ecclésiastiques , du moins de tous les latins, (pie d'avoir été, dans une grande partie de son Commentaire , comme je le nomme sans crainte , un précurseur de Pélage.

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