CHAPITRE I
Que dès le oomoiencement de l'Itérésie de PéUgc toute l'Église tourne les yeux vers saint Augustin, qui fut chargé de déstoncer eux nouveaux hérétiques, dans un sermou à Carthage, leur future condamnation , et que, loin de rien innover, roinine l'en accuse l'auteur, la fui ancieonc fut le fundcnicot qu'il posa d'abord.
Voilà comment parleront toujours ceux qui auront In avec soin les livres de saint Augustin , et qui sentiront l'autorité que l'Église leur a donnée. En effet , dès que Pélage parut , les particuliers , les évêques, les conciles, les papes, et tout le monde en un mot, tant en Orient qu’en Occident, tournèrent les yeux vers ce Père , comme vers celui qu'on chargeait par un suffrage commun de la cause de l'Église. On le consultait de tous côtés sur cette hérésie , dont il découvrit d’abord tout le venin ; pendant même qu’elle le cachait sous une apparence trompeuse , et par des termes enveloppés. Il l’attaqua premièrement par ses sermons, et ensuite par quelques livres, avant qu’elle fût expressément condamnée. Avant que, l'erreur croissant , on fut obligé d'en venir à une expresse
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ET DES SAINTS PÈRES. UV. V
déflaition, il fit à Carthage, par ordre d’Anrèle, évéque de cette ville et primat de toute l’Afrique, le teriooD dont nous avons déjà parlé , où II prépara le peuple h l'anathème qui devait partir. Pour cela, après avoir exposé dans les termes que nous avons rapportés ailleurs, la pratique universelle de rÉglise , Il lut en chaire une lettre de saint Cyprien ; et , opposant aux nouveaux hérétiques l'ancienne tradition expliquée par ce saint martyr, ancien évéque de l'Église où il prêchait , il déclara sur ce fondement aux pélagiens , comme de la inrt de toute l'Église d'Afrique , qu'on ne les souffrirait pas encore longtemps. IVous /aitom, ,dit-il, ce que nouspouvons pour les attirer parta douceur ; et encore que nous pttssions tes appeler héritiques, nous ne le faisons pas encore; mais s'ils ne reviennent, nous ne pourrons plus supporter leur impiété. On volt par là non-seulement la modération de l'Église catholique , mois encore son attachement à l'ancienne doctrine des Pères, et que saint Augnstin fut choisi pour poser d'abord ce fondement. Depuis ce temps , loin d’avoir donné , comme un ose l'en accuser, dans des opinions particulières, il a toujours fait profession de joindre à l'Écriture sainte les sentiments des anciens.
C'est par là que l'on procéda contre les pélagiens dans les conciles d’Afrique reçus unanimement par toute l'Église; et tout le monde est d’accord avec saint Prosper que , si Aurèle , comme primat, en était le chef, saint Augustin en était l'éme et le génie ; nux Aubkliiis i!iGeNii.'HQux AcousTiNusiaxT. Il n’en faudrait pas davantage pour montrer que saint Augustin ne pouvait pas être regardé comme un novateur, mais cela demeurera plus clair que le jour par les remarques suivantes.