CHAPITRE V
lUuskm de M. Simon et des critiques luuderDcs , qui vciilent que l'on trouve la vérité plus pure daos U‘i> écrite qui ont précédé lea disputes : exemple de saint Augus. tin , rpri , selon eux , a mieux [mrlé de la grSce avant qu'il en disputÂt contre Pélage.
Je trouve encore dans nos critiques un dernier trait de malignité contre saint Augustin , qit'il ne faut pas réfuter avec moins de soin que les autres, puisqu'il n'est pas moins injurieux A la vérité et A l'Église.
Pour montrer qu'on a eu raison d'appeler de saint Augustin aux anciens docteurs , qui ont précédé ce Pere aussi bien que l'hérésie de Pelage, on relève les avantages qu'on trouve daus le témoignage des auteurs qui ont parlé avant les tpierclles , et on soutient qu'ils parlent alors plus simplement et plus naturellcmcut que dans la dispute même , ou les hommes sont emportés A dire plus qu'ils ne veulent.
On veut que saint Augustin en soit lui-même un exemple, puisqu'il a changé les sentiments conformes A ceux des anciens , où il s'étalt porté naturellement, et qu'il eu est même venu A les rétracter; ce qui ne peut être attribué , selon nos critiques , qu'A l'Ardeur de la dispute : en sorte que bien éloignés de profiter avec lui , comme luimême les y exhorte , des lumières ((u'il neqiiénUt eu méditant nuit et Jour l'Écriture saiute , ils
s'en servent pour diminuer son autorité ; comme si c'était une raison de moins estimer ce Père, parce qu'il s'est corrigé lui-même humblement et de bonne foi , ou comme s'il valait mieux croire ce qu'il a écrit de la grâce et du libre arbitre , avant que la dispute contre les pélagiens eût commencé , que ce qu'il en a écrit depuis que cette hérésie l'a rendu plus attentif A la matière.