‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 285 sur 518 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

•M. Slmoa 1 puisé ^ senlimeou nunifeateiaait bérétiquri d'Amiiiuus et de Groüus.

Il doit cette réflexion sur le changement de saint Augustin, d'ahord à Anniniusie restaurateur du semi-pélagianisme parmi les protestants. M. Simon en rapporte les sentiments en ces termes ' : A l'égard de .saint Augustin il dit qu'il se pouvait faire que les premiers sentiments de ce Père eussent été plus droits dans le commencement, parce qu’il examinait alors la chose en elle-même et sans préjugé, au lieu que dans la suite il n'eut pas ta meme liberté, s'en étant plutôt rapporté au jugement des autres qu’au sien propre ’.

Quoique ce passage d’.Vrminius ne regarde pas tout le corps de In doctrine de saint Augustin sur la grâce, l'esprit en l'st de préférer les premiers sentiments de saint .àugusiin, comme éldnt les plus naturels, à ceux qu'il n pris depuis par des Impressions étrangères; ctc'est cela que M. Simon veut insinuer.

Mais Orotlus, le grand défenseur des arminiens, qui , de l'aveu de M. Simon , a pris dans le sein de cette secte une si forte teinture des erreurs soeiniennes, est le véritahic auteur où il a pulsé ses sentiments ; et on le verra par un seul endroit de. son Histoire lirtgique , où , expliquant le commencement des disputes entre Arminina et Gumar en l'an icos, il en expose la source selon ses préventions, en èette sorte :

« Ceux, dit-il ’, qui ont lu les livres des an- " ciens, tiennent [mur con.stant que les premiers « clireticus attribuaient une puissance libre à la

• volonté de l'Iiomme , tant [wur conserver la ver-

■ tu , que pour la perdre : d'ou venait aussi la jus-

• tiec des récompenses et des peines. Ils ne lais-

• soient pourtant pas de tout rapporter à la bonté « divine, dont la libéralité avait jeté dans nos « cœurs la semence sidutaire , et dont le secours

• particulier nous était nécessaire |>armi nos pé-

• rils. Saint Augustin fut le premier, qui depuis

• qu'il fut engagé dans le combat des pélagiens

■ (car auparavant il avait été d'un autre avis ),

• l>oussa les choses si loin par l’ardeur qu'il av ait « dans la dispute , (|u'll ne laissa que le nom de la " libelle, en la faisant prévenir par des décrets

■ divins qui semblaient en éter toute la fobci:. • On voit en passant la ealomnic qu'il fait à saint Augustin d'ôter ia force de la liberté , et de n'en laisser que le nom. On a vu ipic M. Simon Impute

* Voj'c/ Di.wrlnliffn Mttr CrotîHt, CM l'iiuleur a employé tout rrt <*ni!roit, n*‘ 11, i-%, î«, eic.

J Ilsit. tcl>f 1. Mil, p. îwl.

• P. — » P.lwi.

ET DES SAINTS PÈRES. I.IV. VI

la nuHne eneur à cc docte Pcre; nous en parlerons encore ailleurs. Ce qu’il faut ici observer, c'est que , selon Grotius , saint Augustin est le novateur; en s'éloignant du sentiment des anciens Pères , il s'éloigna des siens propres , et n'entra dans ces nouvel les pensées que lorsqu'il fut engagé à combattre les pélagiens. Ainsi les sentiments naturels , qui étaient aussi les plus anciens , sont ceux que saint Augustin suivit d’abord. C'est ce que dit Grotius , et c'est l'idée qu'il donne de ce Père. Que si vous lui demandez ce qu'est devenue l'ancienne doctrine qu'il prétend que saint Augustin a abandonnée , et où s'en est conservé le aacré dépôt , il le va cberclicr chez les Grecs et dons les semi-pélagiens. C'est aussi ce qu'on vient de voir suivi de point en point par M. Simon ; mais que devinrent ces anciens sentiments que 1rs Pères avaient suivis avant que saint Augustin eût introduit ses nouveautés? Grotius, qui vient d'apprendre B M. Simon que cc qu'il faut suivre dans saint Augustin , que ce qui est conforme à l'ancienne tradition , c'est le premier sentiment que ce Père a rétracté , lui apprendra encore ou est demeuré le dépôt de la tradition : il est demeuré dans les Grecs et dans les semi-pélagiens. C'est iù que M. Simon le va chercher; mais c'est Grotius qui lui en a montré le chemin. Pour les Grecs , voici les parolcsquisuiventimmédiatement celles | qu'on a lues ; L’ancienne el la plus simple opi- I «ion se conserva, dit-il, dans la Grèce et dans l’Asie. Pour les scml-pélngicns , le grand nom , poursuit-il , de saint Augustin lui attira plusieurs sectateurs dans l’Occident, où néanmoins il se troum des contradicteurs du côté de la Gaule. On connaît ces contradicteurs : ce furent les prêtres de ^larseille et quelques autres vers la Provence ; c’est-à-dire , comme on en convient , ceux qu'on appelle semi-pélagiens ou les restes de Hiérésic de Pelage : cc fut Cassien , ce fut Fauste de Riez. Tels sont les contradicteurs de saint Augustin dans les Gaules pendant que tout le reste de l’Église suivait sa doctrine : c'est en ceux-là que s'est conservée l’ancienne et saine doctrine; elle s'est, dis-je, conservée dans les adversaires de s.iint Augustin que l’Église a condamnés par tant de sentences : Grotius un protestant, un arminien, un socinien en beaucoup de chefs l'a dit ; M. Simon et d'autres critiques osent le suivre. Il en a pris ce beau système de doctrine qui commet les Grecs avec les Latins , les premiers chrétiens avec leurs successeurs , saint Augustin avec lui-mème , où l'on préfère les sentiments que le même saint .Augustin a corrigés dans le progrès de ses études à ceux qu'il a défendus jusqu'à la mort , et les restes des pélagiens à toute l'Église catholique. Les sodnlcns triomphent par le moyen de Grotius si picn

de leur esprit et de leurs maximes ; ils font la loi aux faux critiques jusque dans le sein de l'Église : la ville sainte est foulée aux pieds, le parvis du temple est livré aux étrangers , et des prêtres leur en ouvrent l’entrée.

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