‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 370 sur 518 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ri^ix'lition <Irs endroits où l’on a montré r.i-dessns qiio notre auteur est un iiuuiireste scmi-pélagicn , à l'cxcuiplc de Grotius.

La première erreur de ce critique sur l’artiele de la grâce chrétienne est , sous prétexte de suivre l’antuiuité, de s’étre déclaré semi-pélagien. Lui et les critiques ses semblables ont peine à reconnaître cette secte; et il est vrai qu’elle n’a point fait de schisme dans l’Église , à cause (|ue , toujours liée de communion avec le saint-siège, à la fin elle a cédé à ses décisions; mais l’hérésie qu’elle enseignait n’cu est pas moitis eur.diun-

nabl« , pulsqu'en effet elle a été condamnée par les papes et par les conciles , nommément par celui d'Orange, et en dernier lieu par celui de Trente ; en quoi l'Église a suivi le jugement de saint Augustin, ou nous avons vu que cette créance semi-pélogienne , qu'il avait suivie avant que de l’avoir bien examinée, était une erreur, un sentiment condamnable, nxMsxBiLaii ssktss- TiÀU On en peut voir les passages dans les pages précédentes ' ; et on y peut voir en même temps que M. Simon se déclare pour les sentiments que saint Augustin rétractait, comme étant les sentiments des anciens, dans lesquels par conséquent les adversaires de ce Père, c'est-àdire, ceux qu’on appelle les Marseillais ou les Provençaux, et les semi-pélogiens, avaient raison de persister. Ainsi , selon les idées de M. Simon , leurs sentiments avaient tous les caractères de la vérité ; et ceux où saint Augustin est mort et que toute l’Église a suivis, tous les caractères d'erreur. Ce Père, dit notre auteur, était seul de son avis ; il abandonnait sa propre créance , qui était celle de l'antiquité : il allait en reculant, comme ceux dont il est écrit, que leur progrès est en mal, PBoriciasT IN puus l’Église, qui l'écoutait comme le defeaseur de la tradition, reculait avec lui : ainsi , avec Grotius * , on tire avantage des rétractations de saint Augustin pour s'affermir dans une doctrine qu'il a condamnée , au lieu de s'eu servir pour se corriger, et l'Église est reprise pour n'avoir pas approuvé la doctrine que ce Père rétractait.

Je plains Grotius dans sou erreur. Nourri hors du sein de l'Église, dons les hérésies de Calvin, parmi les nécessités qui étaient i l'homme son libre arbitre , et faisaient Dieu auteur du péché ; quand il volt paraître Arminius qui réformait ces réformes , et détestait ces excès des prétendus réformateurs, il croit voir une nouvelle lumière , et se dégoûte du calvinisme. Il a raison; mais comme , hors de l'Église , il n'avait point de règle certaine, il passe à l’extrémité opposée. La haine d'une doctrine qui détruit la liherté, le porte à méconnaître la vraie grâce des chrétiens ; saint Augustin , dont on abusait dans le calvinisme , lui déplaît ; en sortant des sentiments de la secte où il vivait , il est emporté A tout vent do doctrine, et donne, comme dons un écueil , dans les erreurs sociniennes. Il s'en retire avec peine tout brisé , pour ainsi dire , et ne se remet jamais de ce débris. On trouve partout dans ses écrits des restes de ses ignorances : plus jurisconsulte que

* Ub. Il, Retnut. Lib. de pntdest. SS. cap. ni, n* 7.

* adeM$u$, ÜT. n, chap. TT, Ttt, im, xrr, XT, xn.

> II. nm. ui. 13.

* Ci-de$9tu, Ut. vi, tii.

philosophe , et plus bumaniste que théologien , il (discurcit la doctrine de l'inimortalité de l’dme : ce qu'il y a de plus concluant pour la divinité du Fils de Dieu, il tâche de l'affaihlir, et de l’éter A l’Église : il travaille A obscurcir les propliétles qui prédisent le règne du Christ ; nous en avons fait la preuve ailleurs '. Parmi tant d'erreurs , il entrevoit quelque chose de meilleur; mais U ne sait point prendre son parti , et il n'achève Jamais de se purifier, faute d'entrer dans l'Église. Encore un coup, je déplore son sort. Mois qu'un homme né dans l'Église, élevé A la dignité dn sacerdoce, instruit dans la soumission qu'on doit aux Pères, ne sache pas se déharrasser des erreurs semi-péiaÿennes , et ne défende saint Augustin que dans les endroits où saint Augustin plus flairé confesse lui-méme son erreur : qu'après avoir affaibli, autant qu'il a pu, la tradition du péché originel , il offaihllsH encore celle de la grâce, et soutieime impunément , A la face de tout l'univers , des erreurs frappées d'anathème , encore tout nouvellement dans fe concile de Trente; c'est nne plaie A la discipline , que l'Église ne souffrira pas.

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