‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 451 sur 518 · ST · texte numérisé non relu

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. A TOUS , mou Sauveur, par le désir de vous pos- « séder ; votre grâce pousse mon esprit à voua

• suivre par une secrète et merveilleuse douceur :

• que mon cœur soit une terre fertile, qui rcce- . Tant votre bonne semence , et arrosée de vo-

• tre grâce comme d’une céleste rosée , mols- . sonne comme un très-bon fruit le componction ,

- l'adoration, la sancUIlcation (de votre saint ■ nom), dons qui vous sont toujours agréables. • La componction, la prière, l’adoration, les saints «antiques viennent ù l’âme par l’infiision de la grâce, et de la douceur admirable dont elle prévient les cœurs. Cest ce qui lui fait ajouter ■ : Quand votre grâce a voulu, elle a dissipé mes ténèbres, pour faire retentir mon âme de douces louanges. Il ne faut donc pas s'étonner, s’il demande avec tant de fol les bonnes œuvres, comme undon particulier de la grâce, puisqu’il reconnaît qu’il tient de Dieu la grâce de la prière, qui les lui fait demander : il attribue à Dieu jusqu’au premier commencement de la conversion , lorsqu’il

- dit ■ ; Convertisseï-moi, Seigneur, avec la brebis . perdue et trouvée ; et comme vous l’avez portée . sur vos épaules, tirez mon âme avec votre main . «t ofircz-la â votre Père. • L’âme n'a donc rien d’elle-mémequeson égarement et sa perte : • yui . pourrait , Seigneui , supporter les conseils et les

• efforts de notre ennemi , qui ne cesse d’affliger

- mon âme de pensées et d’actes pour la faire suc-

. comber.sielleétaitdcstituéedevotresecours’î- Mais pour montrerquelestlesecoursqu’ll se croit obligé de demander, il ajoute : • Et parce que le

• temps de ma vie s’est passé en vanité et en mau- . valses pensées, donnez-moi un remède efficace,

. par lequel je sois pleinement guéri de mes plaies . cachées , et fortiflez-moi , afin que du moins, à

• la dernière heure ou ma vie très-inutile est par- . venue sans rien faire, je travaille soigneusc- . ment dans votre vigne; car, ô mon Sauveur,

• dit-il ailleurs * , si vous ne donnez durant cette

• vie à ce misérable pécheur un esprit saint et . des larmes, pour effacer ses péchés par les Iti- . mièrvs que vous ferez luire dans son cœur, il

• ne pourra soutenir votre présence. •

Dans toutes ces grâces qu’il demandait, il se fondait toujours sur la toute-puissance de Dieu : Prions, disait-il ‘ , parce guc Dieu peut ce qui est impossible à Phomme. Ainsi il reconnaissait que tout ce qu’il demandait â Dieu pour le faire marcher dans ses voles, était l’effet de la toutepuissance de Dieu, et d’une grâce a qui rien ne résiste.

• i)e rontp. Serm. 1 , p. 141.

> Btûtitna p. I«7.

* Ibtd

» ijfcontp Serm I, p. 141- » p. ‘iftl-

A TRADITION

Il ne laissait pas, avec tout cela, de dire souvent que Dieu gratifiait ceux qui en sont dignes, et il ne croyait pas , en parlant ainsi , déroger A la pureté de la grâce ; parce qu’il savait qu'on ne pouvait plaire à ta grâce que par ta puissance de la grâce ' ; loin de croire qu’un autre que Dieu nous pilt faire dignes de lui , il disiüt * : vous

désirez quelque chose , demandes-le à Dieu ; et lorsque vous trouverez quelque bien en vous, rendezdui-en grâces, parce que c'est lui qui vous l’a donné.

Voilà dans on homme , dont la sainteté a été l’admiration du quatrième siècle , une image de la piété de l’Église orientale , tant d’années avant que saint Augustin eût écrit sur cette matière. Qui sera le présomptueux qui , considérant cette suite de bienfaits divins que les serviteurs de Jésus-Christ se croient obligés de lui demander pourétre conduits efDcacement à leur salut, pourra croire qu’on peut mériter cot enchaînement de grâces, pendant qu’on voit au contraire , parmi ces grâces, la première conversion du cœur, et l’instinct des saintes prières par lesquelles ou peut mériter quelque chose 7 Saint Éphrem connaissait donc cette grâce quifait la séparation gratuite des élusd’avecles réprouvés. Sans doute il n’ignorait pas qu’elle n’eât été prévue et préordonnée : il ne pouvaitdooepasne pas reconnaître la prédestination gratuite que saint Augustin a prôchée ; et c’est en ce sens qu’il reconnaît devant Dieu qu'il est introduit dans son royaume par sa seule grâce .et par sa seule miséricorde ’ , parce que c’est aussi A elle seule qu'il doit la préparation de tous les secours par lesquels il devait être conduit heureusement et infailliblement A cette fin.

Cen’estpasque ce saint ne reconnaisse, comme fait aussi saint Augustin , qu’on rejette souvent la grâce ; et c’est aussi ce qui lui fait demander une grâce qui empêche de la rejeter. • Seigneur, dit- « il i, si j’ai quelquefois rejeté et si je rejette en-

• core votre grâce comme un homme terrestre , . vous toutefois qui avez rempli de votre bénédic- . tion les cruches (de Cona ), assouvissez la soif . que j’ai de votre grâce : faites , malgré mon In- . dignité et mes résistances , que j’en sois effecti-

• vement rempli. “

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