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m qui avrz justiOé vos dfux sœurs*. • Il SPinbloque les iiilliicles s’élèveront contre les chrétiens , qui oui méprisé tous les moyens de salut qui leur étaient offerts. Seigneur, diront-ils, voilà votre peuple : que lui a servi d’avoir été éclairé, de vos lumières.’ quel usage a-t-il fait de tous vos dons? Pour nous , si nous ne vous avons pas adoré, c’est que nous ne vous avons pas connu. Ils sont JustiOés par comparaison ; mais Dieu ne laisse pas de les juger. Touché de leurs cris, il fait tombersur les fidèles lesurcrott de |>eine qui est diminué par leur ignorance. Ils semblent Justifiés à proportion; dirai-je : Leur supplice semble tCélre rien à comparaison ! Dieu , dans l'étendue de sa puissance, sait bien trouver des régies dans la même peine.
Kgo vado * : • Je m'en vais. » paroles nous représentent Jésus-Christ se séparant, et disant à l'ànie le dernier adieu , rompant ses liaisons avec elle , retirantses grâces et lui reprochant son ingratitude. J’ai voulu t'attirer à moi pour te donner la vie, tu n’as pasvoulu; adieu donc, adieu pour jamais, je me retire maintenant : Ego vado : c’est moi qui m’en vais; mais je te chasserai un jour : DiscedUe Ketirez-vous de moi. •
Trois choses à considérer : le pécheur quittant Dieu , Dieu abandonnant le pécheur, et enQii Dieu chassantle pécheur. DiscediU, « Retirez-vous, « maledieiif • maudits, *in ignem æternum, • allez au « feu éternel. » C’est alors que le damné conjurera toutes les créatures, et leur dira comme Saul à VAma\éc\te: Sia super me, et interJiceme;guoniam ienetU me angustix, et adhuc tota anima mea in me " Appuyez-vous sur moi, et me tuez; par- « ce que je suis dans un accablement de douleur, et « que toute mon âme est encore en moi. ■ Tant de liaisons que le pécheur avait avec Dieu se trouveront rompues touià coup. «Que je voie le visage du roi, « disait A bsalou : » i’ideam /aciem regis; quod si memor est iniquitatis mex, interficiat me * : « S’il « se sou vient encore de ma faute, qu'il me fasse mou- « rir. « Il n'y avait entre ce prince et David qu'une liaison; l'homme en a avec Dieu une infinité : un coup de foudre part , qui rompt tout : discedUe : « Retirez-vous. ■ Adieu, mon père ;adieu, mon frère; adieu, mon ami; adieu, mon Dieu; adieu, mon Seigneur; adieu, mon maître; adieu, mon roi; adieu, mon tout. Jésus-Christ ne le peut plus souffrir, il le hait inOniment, nécessairement, éternellement, substantiellement, comme il s'aime, parce qu’il est dans l’état de péché; non dans l'acte, ni dans l'habitiide, mais dans l'état. Le péché est humanisé en lui; c'est un bommedevenu péché : il perd tout bien : omneffonum : il ne reste pour tout bien en lui que la simplicité de son être, et c'est son malheur extrême; parce que Dieu le conserve pour être en butte éternellement à scs vengeances, et le sujet de toutes les misères possibles.
Maicdictl, • maudits. « Cette parole e.xprime un jugement pratique en Dieu, qui livre le pécheur h
* xn, sr, 6î. — • Joan. vm, 2I. — 3 .Vatih. xxr,
♦ U — ‘ II. Rrg. I, 0. — * Ihiit. XIV. W.
toute l’exécration de sa justice; et elle contient uno imprécation contrelui, qui déracinejusqu’aux moiodres fibres de la capacité qui était en lui pour recevoir du bien, et pour eu faire: ainsi « ces deux maux « viennent subitement fondre sur le pécheur, la « viduité et la stérilité : > Duo ma/a venerunt super te, viduitas et sterUitas'. Iljse trouve moins capable de recevoir du bien que le néant; et l'inOexibilité de la volonté de Dieu dans son jugement, répond à l'invariabililc de celle du pécheur dans le mal. « Il «a rejeté la bénédiction, die sera éloignée de lui * » Notait benedictionem, et ehngabUur ab eo *.
Jn ignem æternum, « allez au feu étemel; » feu surnaturel dajissa production, instruineut de la puissance divine dans son usage , immortel dans son opération : méditez. Cela est-il vrai? qui estce que cela regarde ? pourquoi , mon Sauveur, fautil vous quitter? DiscedUe; > Retirez-vous. • Votro bénédiction, avant que de partir! A/o/ed/c/i; « Vous « êtes maudits. > Ce ne sera peut-être pas pour toujours; je reviendrai faire pénitence : ah! mes yeux, que je vous ferai bien porter la peine de tous ces regards voluptueux qui me codtentsi chcriquel torrent de larmes ne vous foroerai-je pas alors de répandre! quelle violence ne ferai-je pas à tous mes sens pour en expier l’abus , et les soumettre à la loi divine! Non, vous vous flattez en vain; il u'y aura plus de temps ; tout est désurroais étemel , le supplice comme la récompense.
Pourquoi , nous dit-oii , pour un péché qui passe si vite, est-on condamné à une peine éternelle? • O
• homme! qui es iu , pour répondre à Dieu 3? » et néanmoins , afin de satisfaire en un mot à ta question : n’est-ii pas vrai que, lorsque tu te livres aux objets de tes passions, tu veux pécher sans fin? Combien de fois as-tu protesté aux complices de tes désordres, que tu ne leur serais jamais infidèle ! Toutes tes protestations s'en vont en fumée, le vent les emporte, parce que Dieu confond tes projets : mais c’est là fintention de ton coeur; tu neveux jamais voir finir la chose où tu mets ton bonheur : et la marque que tu désires pouvoir toujours pécher , c’est que tu ne mets point de fin à tes crimes tant que tu vis. Combien depàques, de jubilés, de maladies, d'exhortations, de menaces, dont tu n'ns tiré aucun profit ! Tout passe pour toi comme l'eau : n'est il pas juste ensuite « que celui qui n'a jamais
• voulu cesser de |K'*ctu'r, ne cesse Jamais aussi d’é- ■ tre tourmenté? » fJt nunguain careat supplirio, qui nunquam voluU carere peccato
Les hommes font leur plaisir de ce que Dieu envoie pour se venger; tant ils sont abandonnés au sens réprouvé de leur cœur : Tradidit eos in reprobu/n sensum Dieu fera à son tour leur supplice de ce qui a été leur plaisir ; car les satisfactions que l'homme pécheur goûte dans les objets de scs passions , deviennent dans la main du Dieu vengeur
I * 1$. XI.VH, 9. — * Pt. cviii, ift. — 1 Rom. ix, lo. — * s. Crrg. Mttg. tfvr. l. xxxtv, n" w, lum. I, col. 1193. — * Rom. I, 'iS.
CHRÉTIENNES ET MORALES
un ai|;aillon qui ne Cessna de les tourinenter ; Quæ \unt deleetamenta homini peccanü, fiant irritamenta Domino punienli
L'impunité fait naître dans les hommes un certain sentiinentque Dieu ne se souciepasdes péchés ; ensuite, une autre rénetion; quand on en a commis un, qu'il vaut auUnt aller i tout. Ayant une fois tiré l'épée , on franchit toutes les homes. Il n'y a que le premier obstacle qui coûte à vaincre , la pudeur; on avale après la honte.