‹ suvres de Bossuet Histoire des variations des églises protestantesChapitre 161 sur 192 · XVI. De la Vertu · texte numérisé non relu

XVI. De la Vertu

La vertu tient cela de l'éternité, qu*elle trouve tout son être en un point. Ainsi , un jour lui suffit ; parce que son étendue est de s’élever tout entière à Dieu, et non de se dilater par parties. Celui-là donc est le vrai sage , qui trouve toute sa vie en un jour : de sorte qu'il ne faut pas se plaindre que la vie est courte, parce que c'est le propre d’un grand ouvrier de renfermer le tout dans un petit espace; et quiconque vit de la sorte, quoique son âge soit imparfait, sa vie ne laisse pas d’être parfaite.

Il y a une grande difficulté à savoir si l'on est vertueux. Il y a des vices si semblables aux vertus, des verUis auxquelles U faut à peu de détour pour les (aire décliner au vice : U arrive des etrconstances qui varient si fort la nature des objets et des actions ; ces circonstances sont si peu prévues , si difficiles à eonnattre : ce point indivisible, dans lequel la vertu consiste, wt si inconnu, si fort imperceptible! Aristote dit* que la vertu est le milieu défini parle jugement d'un homme sage. Et qui est cet homme sage? Chacun le pense être ; et si voulez le définir , il le faudra faire par la vertu même : et ainsi vous définissez l’hoaime sage par la vertu , et la vertu par l'homme sage.

Au grand courage rien n’est grand ; de là U dédai-

' s. Jug. m Pi. LVnt, Baot. j; tom. tv, eol. M4. — * Pt I. — * Ibid. 3. — * Ibid. 1. — * ttorib. <.ii, cup. ti.

gne tout ce qu'il a. Mais il ne suffit pas de s'agrandir dans les choses qu'on dédaignera , aussi bien que les autres, quand on sera le mattre : il faut diercber quelque chose qui soit digne de satisfaire un grand coeur, la vertu.

La foi est hardie : rien de plus hardi quede croire un Dieu-homme et mort. Toutes les vertus chrétiennes sont aussi hardies et entreprenantes; car elles surmontent tous les obstacles : elles doivent 86 faire en fol , et tenir de son caractère.

XVll. De U vraie Dévolioo.

La vraie dévotion , loin d'être à craindre dans un État, y est au contraire d'un grand secours. « ?21le dé- « fend de vouloir du mal à personne, d'en faire à

• autrui , d'en dire , d'en penser de qui que ce soit : « elle ne souffre pas qu’on entreprenne, ménie « contre un particulier, ce qui ne serait pas permis « contre un empereur; et combien plus interdit-elle

• à son égard tout ce qu'elle ne |>ennet pas contre « le dernier des sujets! • Mate velle, mate facere^ malt diceref mate cogitare de quoquam ex xquo vetamur. Quodeumque non ticet in imperatorem ; id nec in que/nquanSf quod in neminem, eo/orsltan magis nec in ipsum * .

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