II. LU
• MellS. v, 7,
SU» JÉSUS-CHRIST
mentent en Sion, que leur tristesse sera changée en joie Sioo, c'est le lieu du temple de Dieu ; c’est la ligure de son Église. Ceux qui se lamentent en Sion , ce sont ceux qui se plaignent decet exil ; qui, éloignés de leur terre natale , souffrent ordinairement persécution dans ce triste pèlerinage. Jésus donc , pour leur annoncer le changement de leur état misérable en une condition toujours bienheureuse , parle ainsi en ce même lieu : ■> Bienheureux « ceux qui souffrent persécution pour Injustice,
■ parce que le royaume des deux est à eux * ! ■ C'est ainsi que Notre-Seigneur évangélise les affligés, exécutant ponctuellement les prophéties anciennes.
Pourquoi ne m’écrierai -je pas en ce lieu avec le grave Tertullien , dont j’ai tiré presque toutes les remarques que je viens de faire en son quatrième livre contre Mareion pourquoi , dis-je , ne m’écrierai-je pas avec lui : O CAristum et in novis veterem ! • O que Jésus-Christ est ancien « dans la nouveauté de son Évangile! - Ce qu’il fait est nouveau , parce que personne ne l'avait fait avant lui : ce qu’il fait est ancien , parce qu'il ne fait qu’accomplir leschoses que la Adèle antiquité avait attendues. Quel autre a jamais apporté de meilleures nouvelles aux pauvres que celles que le pauvre Jésus leur a annoncées , quand il leur a prêché sa venue! O pauvres, réjouissez-vous : voici un compagnon qui vous vient; mais un compagnon si grand et si admirable , qu'il vaut mieux être pauvre en sa compagnie , que d'être le maître et le tout-puissant dans les assemblées des mondains. Ne vous étonner pas si vous êtes le rebut du monde : tel étaitJésus-Christ lorsqu’il a paru sur la terre , et a conversé parmi les hommes. Les pauvres, scs bons amis, apprirent les premiers sa venue , parce que c’était pour eux qu'il venait ; et il ne voulut être reconnu que par les marques de sa pauvreté. La suite de sa vie n'a pas démenti sa naissance. Plus il s'est avancé dans l’âge , plus il a mis les pauvres dans scs intérêts qui n'élaient autres que la gloire de Dieu. C’est eux qu’il admet dans sa confldcnce ; c'est à eux qu’il découvre tous ses mystères ; c'est eux qui sont choisis pour les ministres de son royaume, et les coadjuteurs de son grand ouvrage. Courage donc , ô pauvres de Jésus-Christ ; que toute la terre vous méprise ; c'est assez que vous ayez Jésus-Christ pour vous. Vous n’avez point d'accès dans la cour des rois; mais souvenez [-vous] que c'est là que règne la confusion et le trouble. Courez à Jésus-Christ , 6 vous qui êtes oppressés , ô malades, nécessiteux , misérables, généralement qui que vous soyez, vous y trouverez la paix de vos âmes. Écoutez la voix
> h. uu , ». — • t/atth. v, 10.
» Adv. linrùtm. Mb. IT, n* IL
amoureuse qui vous appelle. Jetez-vous entre ses bras avec confiance , il les a toujours ouverts pour vous recevoir. Seulement souffrez votre pauvreté avec patience : ne murmurez ni contre Dieu ni contre les hommes. Attendez doucement le temps de votre consolation : et souvenez-vous que , si le monde vous tourmente, vous servez un maître qui l'a surmonté , qui n’a pu plaire au monde , et à qui le monde aussi n'a pu plaire. C'est ce qu’annonce aux pauvres le Sauveur Jésus. Dites-moi, en vérité, chrétiens, pouvait-il leur dire de meilleures nouvelles? et n’avons-nous pas raison d’assurer que c'est lui véritablement qui est envoyé pour être l'évangéliste des pauvres.
TBOlSlfeliE POINT.
Ce qui m'étonne, fidèles, c’est que le Sauveur du monde étant tel que nous le venons de dépeindre, on ait été offensé de sa vie. Repassons en ^ peu de mots, je vous prie, sur les choses que nous avons dites , et étonnons-nous devant Dieu , que l’on ait pu être scandalisé en notre Sauveur. Et premièrement , ses miracles devaient-ils pas faire taire les bouches les plus médisantes? Une mission si bien attestée devait-elle être jamais contestée? Encore s’il eût fait des miracles qui n'eussent de rien servi que pour faire éclater son pouvoir, peutêtre aurait-on pu dire qu’il y avait de l'ambition dans ces grands ouvrages. Mais je vous ai montré que tous ses miracles ont pris leur naissance dans une tendre compassion de nos maux; et jamais il n’a fait un pas , que pour le bien de ce peuple ingrat. Faisons néanmoins qu'une noire envie ait encore pu se persuader qu'il se servait du don de Dieu pour s'acquérir du crédit; qu'avait-on à dire contre sa simplicité? L’a-t-on vu i la porte des grands pour mendier leur faveur? S'est-il intrigué dons les affaires du monde? A-til flatté l'ambition et l'arrogance des princes? Au contraire, n'a-t-il pas mené une vie non-seulement commune et privée , mais très-abjecte et trèsbasse ; marchant en toute simplicité , vivant et conversant avec les pauvres , souffrant toujours injustice sans jamais se pla ndre? Il est vrai qu'il était méprisé ; mais il ne se souciait point des honneurs : pauvre ; mois il ne demandait point de richesses, bien qu’il n’eût pas seulement un gîte assuré pour reposer sa tète. Pouvait-il s’acquitte! plus dignement de sa charge de prédicateur? Il allait enseignant la parole de vie éternelle que Dieu lui avait mise a la bouche. Il n'enflait pas son discours par de superbes pensées , ou par le faste d'une éloquence mondaine ; mais il le remplissait d’une doctrine céleste , de vérités divines , qui donnaient aux âmes une nourriture solide , et allaient jusqu’à la racine de nos maladies. Tantôt