‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 117 sur 243 · BUSSI KT. — T. III · texte numérisé non relu

BUSSI KT. — T. III

doctrine très-sainte et très- véritable, que si In mère de Dieu est aujourd'hui élevée nu-dessus de tous les esprits célestes, une si haute exaltation ne regarde pas seulement sa gloire, mais encore notre avantage. Car si elle est aujourd'hui reçue dans les embrassements de son fils , dans la participation de son trône, dans la plénitude de sa gloire, elle est d'autant plus puissante pour nous obtenir scs grâces; et sa charité consommée rendra son intercession plus utile et plus fructueuse à tous les enfants de Dieu , auxquels elle a enfanté leur salut et leur rédemption en Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ce n’est doue pas sans raison , qu’en célébrant son triomphe nous implorons son secours : ce n'est pas sans raison, que l'Eglise catholique inspire à tous [ les fidèles de se mettre sous sa protection. ]

Tous les actes religieux doivent se terminer h Dieu; et le propre de la religion, c’est de noos réunir A ce premier être. Saint Augustin nous enseigne, que c’est de cette origine que cette vertu a pris son nom : Heligio dicitur eo quotl nos religet omnipotent! Deo ' : « Elle nous lie, . elle nous attache, elle nous unit à Dieu ; et ■ c’est par cette union qu’elle est définie. ■ L’honneur qne nous rendons à la sainte Vierge appartienttrès-certainementàia religion ; puisque nous ne le lui rendons dans les lieux consacrés b Dieu , dans l’assemblée de sa sainte Église, et dans la célébration des divins mystères. Il faut donc nécessairement que ce culte , que cet honneur, que cette dévotion se rapporte A Dieu , et le regarde comme sa fin.

Quelle est donc l’tnconsidérntion de nos adversaires , qui nous objectent que nous rendons A la créature un culte religieux? L'objection porte sa réponse dans scs propres termes : si ce culte est religieux, donc il se termine enfin à Dieu seul ; et quel inconvénient d’honorer la créature pour l’amour de Dieu , une créature si excellente?

Mais laissons In dispute et la controverse, et revenons, chrétiens, à notre instruction. Par conséquent vous devez entendre que toute votre dévotion pour la sainte mère de Dieu ne mérite pas le nom de dévotion , et n’a que l’apparence de religion et la montre de la piété véritable, si elle ne vous conduit A Dieu , et ne sert A vous y unir immuablement, selon les lois du christianisme et de l’Évangile. [Dans le culte que nous rendons A Marie, nous avons] deux moyens pour [ parvenir à ] cette union ; scs prière-; et l’imitation de ses vertus. Vous vous adressez A elle comme A une créature, excellente , qui Kl

De ver. Relig. n" III, IIS, 1. 1, col. 787,7»».

l’Ol'R LA FÊTE

très-intimement unie à Dieu par Notre-Seigneur Jésus-Christ : unie premièrement , par l'union du sang; unie en second lieu, par In société des souffrances; unie cnllu aujourd'hui, par la plénitude de la gloire.

Pour unir Jésus-Christ avec Marie, nous voyons concourir ensemble tout ce que la nature a de plus tendre, tout ce que In grâce a de plus puissant. Il l'appelle â sa croix pour participer à scs peines : un même martyre pour le fils et pour la mère; une même croix et les mêmes clous ; une même lance pour percer leurs cœurs.

Sur ces deux fondements, jugez de leur union dans la gloire : il partagera son trône avec nous, combien plus avec sa mère! Aslilit Regina a (Je x tri s luis ' : Jésus-Christ est assis A la droite du Père , Marie , à la droite de son fils. Être assis est une marque d'autorité suprême. Il fautpcrccr tous tes cœurs des anges [ pour découvrir Marie , environnée de tout l'éclat de la gloire de son (ils. ] Qui doute donc, mes frères, que la piété de nos vœux ne cherche Jésus-Christ dans Marie? Malheureux, qui veulent mettre de la jalousie entre le fils et la mère! C'est eette sainte union , qui nous attire A Jésus-Christ, qui nous nttirc en même temps, par un même effort, à Marie; la regardant dans la gloire de son fils , dans cette exaltation que nous célébrons.

L'imitation des vertus [de Marie est un des moyens les plus efficaces, pour nous unir à] Jésus-Christ : car il est tout entier dans les saints, et par conséquent dans la sainte Vierge. Salut Paul disait aux fidèles : « Soyez mes imitateurs,

« comme je le suis de Jésus-Christ : » Imilalores mci eslotc ,sicuttlcgo Christi'. Imiter les saints, c’est donc imiter Jésus-Christ. Où voyons-nous une image plus accomplie des vertus de Jésus- Christ, qu'en sa sainte mère?

Sa pureté, le secret et la retraite, [dans lesquels elle passe sa vie, sont autant de leçons qu'elle fournit aux vierges chrétiennes.] ■ Les . vierges, qui sont vraiment vierges, ont cou- „ tmne d’être toujours tremblantes, et jamais

• elles n’ont de sécurité : pour éviter les pièges

• quelles doivent appréhender, elles craignent, .. même lorsqu’il n'y a point de danger pour . elles : » Soient virgines, quee vers virgines sintt, scrnper pavidie cl nunqtiam esse securœ; H ut eaveant timida , etiam tula perlimescere. „ Elles doivent être même émues a la vue d’un

• ange; regarder comme autant de pièges tout . ce qui parait de nouveau, tout ce qui survient » d'inopiné : • Qnidquid notait», quidquid su-

« Pt. XUT. 10.

* 1. Cvr. IV, 10.

biturn orlum faerit , lotum contra se (estimant machinât um. C’est ainsi que Marie se conduit; « clic est troublée , mais elle ne dit mot : son trou- « ble est un effet de sa pudeur virginale ; son assu- « nmcc vient de sa fermeté; son silence et ses •v réflexions sont une marque de sa prudence : » Turbuta est, non est tocula : quod lurbata est, verecundiœ fuit virginalis; quod non perturba ta, fortitudinis ; quod tacuil et cogitavit , prude ntiœ \

Combien elle est éloignée de ces malicieuses ambiguïtés, de ces pièges subtils, de ces dangereuses complaisances, de ces malicieux détours par lesquels l’impureté consommée tâche de s’insinuer dans les éraes innocentes! Le trouble, la pudeur, le silence [c’est là le partage des vierges chrétiennes qui veulent prendre Marie pour leur modèle.]

SERMON

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