‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 60 sur 243 · SUH LA FIN ET LES FRUITS DE LA VISITE · texte numérisé non relu

SUH LA FIN ET LES FRUITS DE LA VISITE

toutes à la perfection , et pour vous sanctifier. Pourcorrcspondre de votre part à nos intentions , souvenez-vous de ces paroles portées dans l'Évangile , que Jésus-Christ prononça avec tant de zèle et taut de douceur : « Venez à mol , dit-il ■ , vous - quiêtcztravaillésctchargésde quelques peines, « et Je vous soulagerai . - Je vous dis la même chose, mes filles; je vous adresse les mêmes paroles en vousconviant toutes de venir m'ouvrir vos cœurs sans crainte : dites- moi avec confiance tout ce qui vous pèse , tout ce qui vous fait peine , je vous soulagerai. Venez donc à moi sans rien craindre; apportez-moi un cœur sincère, un cœur parfaitement soumis et un cœur simple : ce sont les dispositions que je veux voir , et que je demande de vous toutes, et avec lesquelles vous devez venir en ma présence. Déclarez-moi tout ce qu’en conscience vous voyez être nécessaire ou utile que je connaisse pour le bicu de votre communauté : je vous y oblige; je vous ordonne de ne me rien soustraire, par tout ce saint pouvoir que j'exerce en vertu de mon caractère.

Je vous dénonce de In part de Dieu tout-puissant , au nom duquel je vous parle , par l'autorité que je tiens de lui , et par tout l’empire qu'il me donne sur vous toutes et sur chacune de vos limes, que si vous êtes sincères et sans déguisement , je demeurerai chargé de tout ce que vous me direz : au contraire , ce que vous voudrez me cacher et me taire, je vous déclare que je vous en charge vous-mêmes , et que ce sera un poids qui vous écrasera. Prenez gardeàceci,messœurs; ne taisez pas ce qu’il est utile de me dire , non tant pour vous décharger que pour nous donner les connaissances nécessaires : ne m’apportez que des choses véritables et utiles pour la communauté ou pour votre particulier ; qu'il n’y ait rien d'inutile : mais parlez-moi avec franchise, et ne craignez point Je me fatiguer; puisque je veux bien vous écouter, et vous donner tout le temps que vous pouvez souhaiter pour votre instruction et pour votre consolation. Vous ne me serez point & charge , tant que je verrai , en cc que vous me direz , de l'utilité pour vous ou pour le public : au contraire, je vous écouterai, je vous répondrai selon les mouvements de Dieu, et avec les paroles qu ’il me mettra en la bouche. Ainsi vous serez instruites, et vous recevrez les secours dont vous pouvez avoir besoin ; et mol je vous dirai ce que son divin Esprit me donnera [tour vous, chacune selon cc que je verrai qui lui sera propre, pour procurer votre perfection et votre paix : car je désire profiter à tout le monde, et qu’il n’y ait pas une de vous qui ne prenne en cette visite l'esprit

' #•«*. », ss.

d'un saint renouvellement en la perfection de sou état. Je vous y porterai toutes en général , et chacune en particulier. Dieu m'envoie à vous pour détruire Ninive, c'est-à-dire, pour déraciner jusqu'aux plus petites Inclinations de la nature corrompue, et toutes les Imperfections contraires à votre sainteté. Si ce peuple lit pénitence à la voix d’un prophète , et s’il se rendit dodle à sa parole , comme nous l'avons lu en la sainte épltre de ce jour; avec quelle docilité devez-vous coopérer à notre dessein , et n’y apporter nul obstacle?

Venez donc à moi , mes filles, avec un grand zèle de votre avancement et un saint désir de la perfection : ne craignez point de me découvrir vos besoins ; ouvrez-moi vos consciences , et n’hésitez pas de me dire tout ce qui sera pour votre bien et même pour votre consolation. Je sais que l'office des pasteursdes âmes est de confirmer les fortes , et de compatir aux infirmes , de les consoler en leurs faiblesses, de les soulever et de les charger sur leurs épaulés : c’est ce que je me propose de faire en cette visite. Les fortes , nous travaillerons :i les animer de plus en plus à la perfection , et à les transporter jusqu'au ciel : les faibles, nous les encouragerons ; nous nous abaisserons jusqu'à leurs faiblesses pour les relever et les fortifier : nous les porterons sur nos épaules ; et les unes et les autres , nous les animerons et nous tâcherons de les faire marcher, et de les élever toutes à la perfection où elles sont appelées. En un mot , nous désirons réparer tout ce qui serait déchu en l’observance régulière, rallumer ce qui serait éteint en la charité, et établir une ferme et solide paix. A cet effet , je prétends réunir tout ce qui serait tant soit peu divisé ; je viens établir la concorde, en dissipant les plus faibles dispositions et les plus légers sentiments contraires. Je veux ruiner et anéantir jusqu’au plus petit défaut contraire à la charité, et détruire tous les empêchements de la parfaite uuion , jusqu'aux moindres fibres. Il faut réparer toutes les ruines de cette vertu , et remédier à tout ce qui s’y oppose, pour faire fleurir l’ordre et la perfection dans votre communauté. Pour cela, ne négligez aucune des déclarations sincères et véritables qui seront requises ; puisque les connaissances que vous me donnerez me serviront à faire régner Jésus-Christ par une charité parfaite et une paix inaltérable en ce monde , qui vous conduira au repos éternel de l’autre. C’est ce que je vous souhaite à toutes : cependant je prie Dieu qu’il vous bénisse , et qu’il vous remplisse de ses grâces.

Page 1