SUR LA NÉCESSITÉ
Mais il faut encore écouter Dieu parler par le ministère des supérieurs, qui vous représentent Jésus-Christ , et spécialement dans les visites pastorales , où le Saint-Esprit préside infailliblement.
Ici , mes tilles , je suis bien aise de vous dire en passant , que si vous ne tirez pas de cette visite le fruit que j'attends et que vous devez en recueillir, assurément Jésus-Christ vous en demandera un compte rigoureu x et sévère à son tribunal , qui sera très- redoutable à celles qui n’auront pas fait un bon et digne usage des grâces attachées à cette même visite. Prenez-y garde, mes soeurs; je vous citerai et je m'élèverai contre vous au jour du Seigneur : ce ne sera pas mot qui vous jugerai ; non , oe ne sera pas moi ; mais , je vous le dis , ce seront mes paroles qui vous condamneront , si vous ne les écoutez pas avec l'attention requise , et si vous les recevez avec moins de soumission d'esprit que vous ne devez pour en faire un véritable profit. Il est dit en la sainte Écriture : que les pasteurs de l'Église s’élèveront , au jugement de Dieu , contre ceux qui n'auront pas fait état de leurs paroles , qui ne les auront pas écoutés avec respect , et qui auront méprisé ou négligé leurs avertissements. Cela , mes filles , vous doit porter à l'observance fidèle et exacte de ce que nous vous disons; et il faut aussi que vous ayez pour vos confesseurs et directeurs beaucoup d'estime , de soumission et de déférence.
Ils vous parlent de la part de Dieu , vous devez donc écouter l'Esprit de Jésus-Christ dans leur ministère. N'a-t-il pas dit dans l'Évangile , (variant d’eux : ■ Qui vous écoute, m’écoute ' ? » Puisque c'est Jésus-Christ qui nous assure de cette vérité, prenez garde à ces paroles si dignes de respect : ayez une singulière vénération pour vos confesseurs et directeurs; ce sont eux qui sont chargés de vos Ames : c’est par eux que Dieu vous parle, n’en doutez point ; et puisqu'ils vous déclarent ses volontés, vous devez les ècou- ! ter avec humilité et docilité , et vous soumettre humblement à leurs ordres et à leur conduite, bien loin d’en murmurer, d’en dire ses sentiments, de s’en plaindre mal à propos en des assemblées secrètes. L’Esprit de Jésus-Christ ne se trouve nullement dans ces plaintes indiscrètes, et dans ces murmures que l’on fait de ses ministres. Dans la sainte Écriture, il est expressément défendu de mal parler d’eux* : elle ordonne de les respecter, de les honorer, et de ne point toucher aux oints du Seigneur3. Si vous considériez bien leur grand
1 Lue. X , le.
1 Eroa. xxii, ïs. 4ct. XXIU , S.
* P», ai, is.
pouvoir et leur sublime dignité , sans doute que vous auriez pour leur personne plus de respect. Bannissez d’entre vous ces plaintes et ces murmures.
Je vous en conjure , mes filles , que je n’entende plus parler de mécontentement, ni de ees discours qui causent parmi vous des émotions. Ne regardez que l’autorité que Dieu a donnée sur vous à ses ministres. Je défends ces plaintes et ces entretiens des sentiments contraires à l’humilité et à la paix. Si quelque chose vous fait peine, je n'entends pas que vous ne puissiez en parler à vos supérieurs pour vous instruire : on le peut dans quelques rencontres; mais jamais pour s'abandonner au murmure, ni pour condamner les ministres de Dieu , ce qui ne lui peut être agréable : hors de là vous pouvez communiquer vos difficultés aux supérieurs. Non, je n'ôte point la liberté de s’adresser à ceux à qui on les peut dire , j’entends aux pasteurs et aux susdits supérieurs : moi-même je veux bien encore vous écouter dans votre besoin , et quand il sera nécessaire pour votre consolation. Sachez que je vous porte toutes dans mon sein et dans mes entrailles : vous m'êtes tontes présentes à l'esprit jour et nuit, et tout ce que vous m’avez dit toutes en particulier. Croyez, mes chères filles, que pas uue syllabe no m'est échappée de la mémoire ; je pense à toutes vos nécessités , tant en général qu’en particulier.
Mettez-vous donc en repos , si vous m’avez déclaré les choses comme vous les diriez si vous alliez dans un quart d’Hfure paraître devant la majesté de Dieu : n’ayez plus aucun souci à présent ; puisque je veux bien me charger de tout ce que vous m’avez dit. Ne vous l'ai-Je pas dit au commencement de cette visite, que Je me charge de tout ce que vous m’avez déclaré? Cela élant, attendez en paix, et avec patience, que Dieu vous manifeste sa volonté par mon ministère; et puisque vous vous déchargez sur nous de tout ce qui vous concerne , tant en général qu’en particulier, c’est à vous à demeurer en repos et dans l'indifférence , par une soumission à tout ce que l’Esprit de Dieu nous inspirera, dans le temps , de vous dire pour votre perfection. Je ne négligerai rien pour votre avancement; j’y apporterai tous mes soins et toute mon application, et je veillerai sur tous vos besoins'splritucls. Assurez-vous , mes filles , que vous êtes toutes présentes à mon esprit, et qu'à l’avenir j’élendrai de plus en plus mon soin pastoral sur vous toutes , vous permettant même la liberté d’avoir recours à notre autorité épiscopale dans vos plus pressantes nécessités. Venez donc à moi , mes filles , quand vous vous trouverez chargées et oppressées; je