SUR LES AVANTAGES DE LA RETRAITE
Allés, votre modèle ; Imitez cette illustre pénitente v animez-vous par l'exemple de cette grande sainte. Si vous aviez plus du fol , vous auriez de même un saint empressement de vous atlei jeter aux pieds de votre confesseur afin d'entendre les mêmes paroles d'absolution pour la rémissiou de vos péchés ; puisqu’il vous représente Jésus- Christ, dans ce sacrement. Si l’on s'occupait de ces pensées, on se tiendrait devant le confesseur avec tout le respect et la modestie requise : on l'écouterait avec humilité, avec soumission, en esprit de foi ; ou se préparerait sérieusement : on se garderait bien de se répandre en des discours frivoles; et l'on ue dissiperait pas son esprit vainement , au lieu de se disposer à une si sainte et si grande action.
Les religieuses du Juvenat seront sous la conduite de la mère assistante : cependant la mère supérieure continuera d’en prendre soin jusqu’à la fin de janvier prochain.
Pour de bonnes raisons , jugées telles par les supérieurs , on a trouvé A propos d’en décharger ladite mère assistante, durant ce triennal : cependant, dans le temps, elle en aura la direction, comme il est convenable à sa charge.
Les sœurs prendront garde qu’elles ne s’ouvrent de rien, par aucune voie, aux pensionnaires et autres du dehors, des affaires ou difficultés qui pourraient arriver nu dedans.
On ne donnera point deux charges de discrètes à la même personne, sans nécessité, et qu'avec une mûre délibération des supérieurs.
Nous renouvelons les ordonnances des visites ci-devant faites.
Nous ordonnons que les présentes, et les autres ci-devant faites, depuis l’année 1009, seront lues de trois mois en trois mois; et nous chargeons la mère supérieure de les faire lire et observer, et de tenir la main A l’exécution exacte.
Donné le 27 avril 1085.
t J. BÉNIGNE, évfquc de Meaux.
A LA SlZaS SIIPKBIEUBE.
Ma mère, je vouschnrge d’avoir l'œil et détenir fortement la main à ce que toutes nos intentions et nos ordonnances soient soigneusement observées dans cette maison. Ne souffrez point de plaintes ni de murmures; prenez garde que l’on ait pour les ministres du Seigneur le respect qui est dû A leur caractère. Ne souffrez pas non plnsque vossœurss'emportent, et empêchez qu’il ne se dise rien qui puisse altérer la charité et troubler la paix de cette communauté. Avertissez-uous dans ces occasions, et faites-nous connaître celles qui transgresseraient nos ordres. Faites surtout
garder ce silence si nécessaire, que j’ai tant recommaudé : et de toutes ces choses, je souhaite et je prétends que vous m’en rendiez compte , et je vous enjoint de le faire de temps en temps ; moimême je vous en interrogerai, et je m’informerai si elles sont religieusement observées.
Et vous, mes Allés , je vous exhorte derechef de travailler incessamment à votre perfection, dans la paix et dans le silence. Que chacune de vous ne pense plus qo'à cette unique affaire, et A se bien acquitter de ce que l'obéissance vous donne à faire, chacune dans vos obédiences. Travaillezetagissezdans l'esprit de Jésus-Christ ; prcnez-le pour votre module dans toutes vos actions: voyez avec quelle perfection et obéissance il servait Joseph et Marie : c'était son olrédiencc que de leur être sujet et soumis en toutes ses actions , durant sa vie cachée ; considérez bien ce bel exemple , et vous y conformez parfaitement en cette vie, aAn que vous puissiez être un jour unies éternellement à lui dans la bienheureuse vie de la gloire céleste.