‹ Suzanne, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 20 sur 41 · DEUXIÈME COUPLET · texte numérisé non relu

DEUXIÈME COUPLET

Plaisir suprême!

Dire je t'aime :

Ce mot charmant se dit parfois!...

-^ Je veux l'apprendre, Il est si tendre !

Je le crois tiès-bien dans ma Voix !

Kt qu.ind ici nul ne st-ta Pour uji- répétiM- ce mot-là...

L'écho du moins y répondra.

^A'cc un soupir plus marqué.

Faute de mieux, c'est toujours ça î (.hanlont Oi'ec l'écho.

Ah!... ah!...

fx thiuuianl duo que vcila î

MAGASIN THEATRAL

SUZANNE, par signes. Non! vous avez beau faire ! je ne parlerai pas.

RAPHAËL. Vous ne parlerez pas ?(^/^«/V.) Il paraît qu'il y a des raisons majeures?.. Est-ce caprice, crainte, ou coquetterie pour me piquer au jeu? A|)iès lout, je ne puis me plaindre... elle me permet de rester, elle m'écoute sans colère I [En souriant.) Je trouverai bien moyen de la forcer à parler, ou ma foi... qui ne dit mot, consent.

SUZANNE , remarquant son air préoccupé et lui montrant un fauteuil près d'elle. A quoi pensez-vous? Allons, venez là, près de moi... {A part en regardant la pendule.) Pourvu que je puisse gagner du temps... que je fasse manquer l'heure de ce duel I Elle se tourne vers Raphaël en souriant, et l'invite encore à s'asseoir auprès d'elle.

RAPHAËL, à part. G'est une épreuve...

quelque gageure... c'est très - original î Parbleu ! nous allonsvoir. (// va s'asseoir et rapproche son fauteuil à mesure que Suzanne éloigne le sien.) Si vous me privez du bo^^ heur de vous entendre , que ces yeux si doux daignentau moins se tourner de mon côtéî {Suzanne hésite.) Non?., je croirai alors que je me suis flatté d'un faux espoir... et je continuerai mon chemin. {Suzanne jette un coup d'œil à la dérobée sur la pendule, puis se tourne oii^emeni vers Raphaël et le regarde tendrement.) Non, non , non ! on ne veut pas que je m'en aille. {Haut ) Et cette jolie main, ne puis-je la presser dans la mienne? vous la retirez!... alors, c'est que je vous suis odieux... et je vais... (// se lève. Même Jeu. Elle le fui i rasseoir et lui abandonne sa main.) A merveille ! c'est du velours... du velours saiiiié! Je commence à trouver la plaisanterie excellente! et puisqu'on ne me refuse rien... ma foi... (// veut l'embrasser. Suzanne, se lei^ant tout émue , le repousse aoec colère et lui ordonne de s* éloigner. Raphaël étonné.) Comment... que signifie?., ce regard impérieux!...

{D'un ton piqué.) Ah! pardon, madame,

je vois que je m'étais trompé; j'obéis... je m'éloigne!... {Il fait un pas pour sortir. Suzanne s'élance at^ec effroi vers la porte , la ferme à double tour ert le regardant d'un air de triomphe. Musique jusqu'à la fin de l acte. Raphaël àpart. ) Pour le coup. . . ceci est assez clair... Ci. je serais un sot...

Il va à elle d'un air dclibcre. En ce monaent^ on entend la voix de Baptiste.

BAPTISTE , en dehors. Monsieur, monsieur !...

RAPHAËL, étonné. G'est Baptiste!...

BAPTISTE, en dehors. Hé! vite! monsieur votre adversaire vous attend depuis une demi -heure!...

RAPHAËL. Il attend!... Je serais déshonoré !... (// veut courir à la porte. Suzanne plus effrayée^ relire la clef\ s'attache à lui, et fait des efforts surnaturels pour parler., pour le supplier. )^U bien, eîi bieni .. qu'est-cç que vous faites donc, ma petite?... Cette clef! Donnez-la-moi, je la veux!... Je serais perdu {Geste de supplication.) Vous avez peur pour moi, vous avez toit, j'ai une telle habitude... {Suzanne frappée, jette la clef par la fenêtre à gauche) oh!... diable de petite fennnel.... quand la pii^ssion s'en mêle... puisque je vou.s dis que je reviendrai... Cuiq minutes... je suis suide moi , c'est un honiine mort.

Suzanne clianccUe et s'appuie contre un fauteuil ; Rapliaèl court à la porte.

BAPTISTE, en dehors. Yiie donc, monsieur.

RAPHAËL , à la porte du fo/id. fe\méç à double tour (courant à la fenêtre) ah ! .. ma foi ! Ce n'est qu'un entresol !

11 s'eiance par la fcnqUe.

SUZANNE, effrafée et faisant des efforts pour crier, pour appeler, court à lafenêti e et au milieu de .son effoi hn.sse échappe/ un cri, puis les wo/^ : Arrêtez ! arrêtez:

Elle tombe agenouillée près de la fenêtre. — La toile baisse.

SUZANNE

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