SCENE XVIll
Les Mêmes, M-« PICHARD, GENE- VIEVE , MARTIAL.
M"* PICHARD. Vous l'épousez!... quelle infamie!... me faire attendre deux heures en plein soleil pour me dire cela I . . .
MARTIAL, crotté et encapuchonné dans sa houppelande. Et faire une poste et demie , bride abattue, pour nous retrouver au même point... je suis détérioré... détérioré... ah !...
LE COLONEL. Désolé, cousine!- . . mais,
grâce au ciel, je dois une explication à cette pauvre Suzanne... et je m'offre à ' elle pour quelle me fasse emager le plus long- temps possible.
SUZANNE, lui prenant la main ai^cc ten~ dresse. Et je m'en acquitterai du mieux que je pourrai... iicz-vousà moi.
GENEVIÈVE. Quel bonheur I
MARTIAL. Nous ne partons plus!...
bravo I je rentie dans mes lares domestiques.
jjjme PICHARD. Je suis foudroyée I
RAPHAËL, se rajustant et s'uvançant. C'est une iuystification... mais ça ne se passera pas ainsi .
SCZANlNE, a^^ec crainte. Comment?
Hjme picHAKo ^ jetant les yeux sur Raphutl quelle n' avait pas aperçu. Que voisje?... M. de Saint-Alphonse!... mon perfide I
ïOLS. Lui?
RAPHAliL , la. reconnaissant. 0\\\ ma vieille plaideuse... encore uue giroflée qui me tombe sur îa tète... {Haut et clierchant à s'esquii^er.) Pardon, j'ai quelques ordres à donner chez moi.
PICHARD, l^ arrêtant. Il w ne m'éoli;jp-
s évanouissait. )
peras pas. {Comme si elle Ah ! je succombe !.. .
Elle se laisse aller dans les bras de Raphaël.
RAPHAËL , la soutenant avec peine. Moi aussi. . . je ne peux pas supporter ces scèneslà... (// cherche à s'en débarrasser. A Mar^ tial.) Prends-la donc un peu 1...
MARTIAL. Merci, je suis retiré du service... {Se ravisant.) k[\[hdi\i\... Au fait!... Il la soulieal.
i^li'L\Vi%E, allant à e/lc. Pauvre femme î... {JSuinl- iJphonse.) Quoi, monsieur, vous avez voulu la tromper.?...
' LE COLONEL. C'est d'une hardiesse!...
SUZANNE. C est affreux I... et vous êtes trop galant homme j)our ne pas réparer...
RAPHAËL. Permettez .. permettez... il y a erreur...
M"'^ PICHARD , revenant à elle. Non, traître!... j'ai ta signature!... u Raphaël T> de Saint-Alphonse.» Et tu m'épouseras ou tu diras pourquoi!...
RAPHAËL. Parbleu!... s'il ne faut que lui dire pourquoi!...
SUZANNE , à mi-voix. Prenez garde !
elle vous fera un procès...
RAPHAËL. Ça m'est égal ! . . .
SUZANNE , de même. Et elle le gai^nora , avec le bon droit et quarante juille livies de rentes!...
MAGASIN THEATRAL
RAPHAËL. Hein! qu'est-ce que vous dites ? . . . quarante mille . . . (Se tournan t tendrement i^ersM'^'' Pichnrd.) C'est donc vous, belle dame, que j'ai tant cherchée ?
jjmc picHARD, langoureusement.Yousma.vez cherchée, monstiel... en vous sauvant?
RAPHAËL. On vous expliquera cela, belle ingrate .'...car d'un motjepuis me justifier.
3jme picHARD, tendrement. Comment ?
RAPHAËL, de même. Nous en causerons, et... (A pari.) Ivla foi, non, j'aime mieux partir dès demain pour la Russie !