Cité parMatter, loc. cit., p
femme) on observe quelquefois, quoique rarement , en clinique des hallucinations qu'on peut appeler visuelles verbales ; le fameux Mané^ Thécel^ Phares du festin de Balthazar en est un exemple bien connu. Dans ce cas, les malades voient non pas des objets informes ou des figures à contours plus ou moins précis, mais des mots écrits. Si Ton acceptait la théorie, d'ailleurs contestable ou au moins incomplète, de Tamburini, sur la physiologie pathologique des hallucinations, les premières devraient être rapportées à l'éréthisme du centre visuel commun (Cuneus et scissure calcarine), tandis que les hallucinations verbales relèveraient du centre visuel verbal, c'est-à-dire du pli courbe. Le mécanisme des hallucinations nous semble plus complexe, et le simple éréthisme d'un centre de sensibilité ou d'un centre du langage ne nous paraît pas suffire à les expliquer. Quoi qu'il en soit, la réalité des hallucinations visuelles verbales n'est pas douteuse et nous en retrouvons parmi celles qu'a éprouvées Swedenborg. En voici deux exemples très nets : « Par les écritures, les ange» expriment leurs sentiments de même que par le langage ; plusieurs fois il m'a été
adressé des papiers couverts d'écritures, absolument comme des papiers écrits à la main, et aussi comme des papiers imprimés dans le monde; je pouvais de même les lire, mais il ne me fut pas permis d'en tirer plus qu'un ou deux sens... Un jour il me fut aussi envoyé du ciel un petit papier, sur lequel avaient été écrits seulement quelques mots en lettres hébraïques , et il me fut dit que chaque lettre renfermait des arcanes de la sagesse ^.. » « Plus tard, il me fut envoyé par les esprits de Mercure un papier long, inégal, formé d'un assemblage de plusieurs papiers, et qui paraissait comme imprimé en caractères tels que ceux de notre terre... Quelque temps après ils m'envoyèrent un autre papier couvert aussi, comme le précédent, de caractères d'imprimerie, mais propre et poli et non pas de même conglutiné et sans grâce'... »
Les hallucinations auditives qui, chez les persécutés, constituent le trouble psycho-sensoriel prédominant, font d'ordinaire défaut chez les délirants mystiques. Ce n'a pas été le