‹ SyllaChapitre 116 sur 286 · LEICESTER, BURLEIGH · texte numérisé non relu

LEICESTER, BURLEIGH

1EICESTER.

Ah! que prétendez-vous , milord! Dans le moment Où la reine est en proie à son ressentiment , Allez-vous à sa main présenter la sentence ? Avez-vous d'un tel coup bien pesé 1 importance ? Et ne craignez-vous pas quil ne semble porté Par le ressentiment plus que par l'équité ?

BURLEIGH

Sans doute Leicester doit tenir ce langage : Mais je dois à mon tour poursuivre mon ouvrage. Je connais mon devoir : heureux qui suit le sien ! Heureux qui dans son cœur ne se reproche rien,

LEICESTER

J'ignore si ces mots cachent un sens perfide j L'intérêt de la reine est îe seul qui me guide.

BURLEIGH

Comme il me guide aussi, vous souffrirez du moins Quà ce grand intérêt j'applique tous mes soins.

LEICESTER

Sa gloire et son salut sollicitent mon zèle.

BU R L El G H.

Elle le croit encore, et je l'ai cru comme elle.

LEICESTER

A voir de lord Burleigh l'air sombre et soucieux, A ses discours obscurs, discrets, sentencieux, Ne semblerait-il pas que sa prudence austère A découvert ici quelque important mystère, Quelque attentat secret, quelque complot caché, Où du royaume anglais le sort est attaché ?

BURLEIGH

Peut-être.

Quoi , milord ! et que voulez-vous dire ?

BURLEIGH

Princesse infortunée , où t'osait-il conduire ? Crédule , et sans soupçon te livrant à sa foi , Avec quelle impudeur il se jouait de toi ! Je comprends maintenant toute votre éloquence, Et pourquoi vos discours penchaient à la clémence. Marie, à vous en croire, était à dédaigner; Ennemie impuissante, on devait 1 épargner; C'était le vœu de tous, l'intérêt de la reine.

LEICESTER

Malheureux, suivez-moi devant ma souveraine; Venez , si vous l'osez....

B TJ R I, E I G H.

J'y précède vos pas, Et tout votre ascendant ne vous sauvera pas.

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