ACTE I. SCÈNE ÏIÏ. 6g
son souffle puissant passe sur la terre sans y laisser la trace d'aucun ravage. Que chacun done demeure tranquille chez soi ; on laisse la paix à l'homme paisible.
Croyez-vous ? . .
TELL
Le serpent ne lance son dard que quand on l'irrite. Ils se lasseront à la fin, s'ils nous voient rester tranquilles.
STAUFFACK.
Nous pourrions beaucoup si nous étions unis,
TELL
Quand on ne l'est pas chacun se sauve plus aisément du naufrage.
STAUFFACK.
Ainsi donc vous abandonnez avec indifférence les intérêts communs !
T ELL
L'on ne peut compter avec assurance que sur soi-même.
STAUFFACK.
L'union donne de la force aux faibles.
TELL
Le fort est plus puissant quand il est seul.
STAUFFACK.
Ainsi donc la patrie ne peut compter sur
vous , si , entraînée par le désespoir, elle saisit les armes?
tell lui saisit la main.
Tell va jusqu'au fond d'un abîme pour y chercher une brebis perdue , et il délaisserait ses amis!... — Quelqu'cntreprise que vous formiez , ne m'appelez point dans vos conseils, je ne sais ni méditer ni rester long-temps en suspens. Mais avez-vous besoin de moi pour une action déjà résolue , alors appelez Tell , il ne vous manquera pas. ( Ils s'en vont de différens côtés , un attroupement se forme tout-à-coup autour de V échafaudage.
LE MAITRE y Court.
Qu'y a-t-il?
LE PREMIER OUVRIER arrive
en criant.
Le couvreur est tombé du haut du toit.
BERTHA avec une suite.
eertha accourt précipitamment.
Est-il mort? courez! sauvez-le, sauvez-le , si cela se peut encore , voilà de l'or ! . . [Elle jette ses bijoux au milieu du peuple, ) LE maître.
De l'or ! . . . — Vous croyez que l'on peut tout faire avec de l'or ! . . . Vous arrachez un