‹ SyllaChapitre 255 sur 286 · ACTE IV. SCENE M. 20j · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCENE M. 20j

S TA L FFACK.

II a entendu à son dernier moment ce que vous avez fait pour la patrie , et a béni le courage avec lequel nous avez parlé.

rudens, mettant un genou en terre auprès du mort.

Restes sacrés du plus chéri des hommes ! cadavre froid cl sans vie ! je prèle sur la main glacée un serment solennel. — J'ai rompu pour jamais tous les liens del'étranger , je suis revenu à ma patrie, je suis Suisse, je veux l'être du plus profond de mon cœur. (Se relevant.) — Pleurez cet ami , pleurez tous ce père ; mais ne désespérez point. J'hérite nonseulement de ses biens, mais aussi de son cœur • son esprit Aient ranimer mon esprit. Ma jeunesse, pleine de force, vous paiera ce que sa longue vieillesse a pu resler vous devoir. — O vous , père vénérable! donnez-moi la main, — et vous aussi, Stauifack, — et vous aussi, Melctal, n'hésitez point , ne détournez pas la lêle , recevez mes vœux et mes sermens.

WALTER FURST

Donnez -lui la main, son repentir mérite notre confiance.

MELCTAL.

Vous n'avez jamais estimé l'habitant des

campagnes. Que devons-nous attendre de vous?

RUDENS.

De grâce , ne vous rappelez plus les erreurs de nia jeunesse !

stauffack cl Melclal.

Soyez unis : telles ont été les dernières paroles de notre père : pensez-y.

M ELCTAL.

Voilà ma main. — La parole de l'habitant

des campagnes , Seigneur Banneret , est aussi une parole d'honneur. Eh ! que seraient sans nous tous les Chevaliers ? Notre condition est plus ancienne que la votre !

EUDENS.

Je l'honore , et mon epée la protégera.

Le bras , Seigneur Baron , qui soumet la terre rebelle et fertilise son sein, sait aussi protéger la vie de l'homme.

RUDENS.

Vous défendrez ma vie, je défendrai la vôtre, «t, ainsi, nous aurons tous plus de force. — Mais pourquoi ces discours , tandis que notre patrie est encore la proie des tyrans étrangers ? Lorsque nous les aurons fait disparaître de cette terre sacrée , alors nous pourrons discourir en paix. {Après un moment de silence.)

Page 1