ACTE V. SCÈNE I. ' 22g
point encore ce qui se passe dans Scrrwitz et dans Unterwald. Attendons leurs envosés,
RUODI.
Pourquoi attendre ? le tyran est mort ? le jour de la liberté se lève.
LE MAITRE
N'en disent-ils pas assez, ces. signaux de feu qui brillent de tous côtés sur nos montagnes?
RUODI.
"Venez! venez tous ! hommes et femmes, mettons la main à l'œuvre. Brisons ces échafaudages ! abattons ces voûtes ! renversons ces murailles ! qu'il ne reste plus pierre sur pierre.
LE MAITRE
Venez, ouvriers ! ce que nous avons bâti, nous saurons bien le détruire.
TOUS
Allons ! renversons ce monument de notre esclavage. (Ils se précipitent de tous côtés sur l'édifice. )
W AL TER FURST
Mes efforts sont inutiles , je ne puis plus les retenir. (Blelctal et Baumgart arrivent.)
MELCTAL.
Quoi ! ce château subsiste encore, tandis que Sarnen est en cendres et Rosberg renversé ?
WALTER FURST
Est-ce vous , Melctad ? nous apportez-vous
la liberté? parlez, cette terre a-t-elle enfin vomi ses oppresseurs?. . .
melctal l'embrasse.
La patrie est délivrée. Réjouissez -vous , vieux père ! . . . A l'instant où je vous parle la Suisse ne renferme plus un seul de ses tyrans.
WALTLR FURST.
Oh! dites-moi, comment vous êtes- vous rendus maître de ses châteaux ?
MELCTAL.
C'est Rndens qui , guidé par son courage et par une noble témérité' , s'est emparé de Sarnen ; Rosberg , la nuit précédente , était tombé sons mes coups. — Mais apprenez ce qui nous arrive. A peine avons- nous purgé le château de ses odieux maîtres, et l'avons-nous embrasé en poussant des cris de joie , à peine les flammes s'élèvent-elles en pétillant vers les Cieux , que Dithlem , satellite de Gessler , s'élance et crie que l'héritière de Bruneck expire au milieu des flammes.
WALTER FURST
Juste Ciel ! ( Uon entend la chute des poutres de l'échafaudage. )
MELCTAL.
En effet , elle était secrètement renferme'e en ces lieux par l'ordre du Gouverneur. Rudens