‹ SyllaChapitre 276 sur 286 · ACTE V. SC^NE I · texte numérisé non relu

ACTE V. SC^NE I

et Léopold , et d'une nombreuse suite de Seigneurs. Lorsqu'ils sont tous parvenus sur les bords de la Pieuss, à l'endroit où l'on a coutume de la traverser , les meurtriers se liaient d'entrer dans le bac , afin de séparer Albert du reste de sa suite. Armé sur l'autre bord, l'Empereur traversait à cheval uu champ nouvellement labouré , sous lequel se trouvent , à ce qu'on assure , les ruines d'une ancienne cité , et il avait en vue l'antique château de Habsbourg, d'où la grandeur de sa race a pris son premier essor, — lorsque toutà-conp le Duc Jean se retourne et lui plonge un poignard dans le sein, Rodolphe de Palm le perce de sa lance , et Eschenback lui fend la tète. Il tombe baigné dans son sang : il tombe frappé par les siens , et sur son propre héritage. Ses serviteurs fidèles voient depuis l'autre bord cet attentat, mais, séparés par la rivière , ils ne peuvent que faire entendre les cris d'une impuissante douleur. Une pauvre femme se trouvait par hasard sur la îoute : Albert expire dans ses bras.

MELCÏAL.

C'est ainsi que , de bonne heure , il s'est creusé à lui-même son tombeau, ce Prince insatiable, qui voulait tout engloutir.

STAUFFACK.

Une lugubre terreur règne dans toutes les contrées environnantes ; tous les passages des montagnes sont gardés : chaque Eiat veille sur ses frontières; l'antique Zurich elle-même a fermé ses pories, ce qu'elle n'avait-point fait depuis plus de trente années : elle redoute les assassins, mais plus encore ceux qui les poursuivent. La Reine de Hongrie, la rigoureuse Agnès, Agnès, qui n'eut point en partage la douceur d'un sexe délicat, s'avance munie des armes terribles de l'excommunication. Elle vient venger le sang de son père sur toute la race des assassins, sur leurs valets, sur leurs enfans , sur les enfans de leurs enfans, et jusque sur les pierres de leurs châteaux. Elle a jure' qu'elle précipiterait des générations entières dans la tombe d'Albert , et qu'elle se baignerait dans le sang comme dans la rosée que le printemps distille.

MELCTAL.

Sait-on de quel côté les assassins ont dirigé leurs pas?

STAUFFACK.

Ils se sont dispersés aussitôt après le meurtre accompli, et, fuyant par cinq routes différentes^ ils se sont séparés pour ne plus se revoir. —

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