‹ SyllaChapitre 49 sur 286 · ACTE IV, SCENE III. y g · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III. y g

Voulait à la Fortune offrir ses sacrifices? Te dirai-je ses vœux, son espoir, ses complices ? Et s'il faut des témoins, ne sufïîra-t-il pas D'appeler Roscius... d'interroger Lamas?

VALÉRIE

Lamas !...

CATILINA

Calme l'effroi dont ton âme est remplie; Je sais tout, je peux tout... Ecoute, Valérie, Je tiens entre mes mains les jours de mon rival, Et les bourreaux tout prêts attendent mon signal. Je ne puis oublier qu'au mépris de ma flamme De l'obscur Claudius Valérie est la femme, Qu'en formant un hymen indigne de son nom Elle a trompé l'espoir d'une illustre maison, Et qu'en faisant périr l'indigne époux qu'elle aime, Je venge Sylla, Piome, et ta gloire, et moi-même; Mais je puis, a ta voix, éloigner de mon cœur Un souvenir cruel qui nourrit ma fureur. » Je puis sur Claudius, qu'attend un long supplice. «Étendre dès ce jour une main protectrice, »Et peut-être bientôt, surpassant son espoir, «L'appeler aux honneurs, l'élever au pouvoir.

VALÉRIE

Quel prix Catilina met- il à sa clémence?

CATILINA

Tu dois, de Claudius abjurant l'alliance....

VALÉRIE

Arrête, malheureux! qui le croira jamais?

Toi, qui comptes tes jours par autant de forfaits;

Toi, l'ennemi des dieux, l'assassin de tes frères.

80 SÏLLA.

Détestable artisan de toutes nos misèros,

C'est loi dont la démence, égalant la fureur,

Vient d'un crime nouveau me dévoiler l'horreur!

Apprends que Claudius m'est plus cher que la vie,

Qu'à mon époux mon cœur préfère ma patrie,

Que, loin de consentir à les sauver tous deux

Au prix d'un autre hymen, abominable, affreux,

Je les sacrif irais, si ma reconnaissance

A tes soins criminels devait leur délivrance,

Si, dans mes sentiments forcée à me trahir,

Il fallait renoncer au droit de te haïr.

Moi seule je connais l'asile inviolable

Offert à Claudius : seule je suis coupable.

Je n'examine pas s'il a pu concevoir

Un projet dont mon cœur lui ferait un devoir,

Ou si Catilina, dans sa rage impuissante,

Dénonce au dictateur un complot qu'il enfante :

Claudius contre lui n'a formé que des vœux ,

Mais je puis achever ses desseins généreux.

Tu vois, Catilina, si ton fatal génie

Peut jamais ébranler lame de Valérie.

(Elle sort.)

CATILINA

Jouis avec orgueil d'un triomphe si doux : Tu viens de prononcer la mort de ton époux.

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