I.EICESTER
Quoi !
MORTIMER
J'attends votre appui.
LEICESTER
Que dites-vous? Stuart...
MORT IMER.
Je la sauve aujourdhui.
O ciel! vous m'effrayez, vous voulez...
MORTIMER
Oui , sans doute .; ]\î ouvrir iusques vers elle une sanglante route. Mes amis sont tout prêts.
LEICESTER
Vous avez des amis, Confidents du secret à votre foi commis ?
MORTIMER
Et qui tous ont juré de mourir pour leur reine.
38 MARIE STUAR'jL
LEICESTER
Malheureux ! dans quel gouffre avec eux il m'entraîne? Vous avez des amis qui savent mon secret ?
MOUTIMER.
Ne craignez rien; sans vous j'ai conçu ce projet; Et j'eusse encor , sans vous, accompli l'entreprise > Si Ion n'eût commandé qu'elle vous fût soumise.
LEICESTE P..
Ainsi, quand vous formiez ce complot hasardeux t Mon nom n'a pas été prononcé devant eux ?
MORTIMER
Non, non; mais quel discours Pquoi! vous aimez Marie, Quoi ! vous gagnez un trône en lui sauvant la vie , Et quand, pour la soustraire à son prochain trépas, Des amis imprévus vous proposent leurs bras, Vous témoignez du trouble et non pas de la joieï
Suivons, pour la sauver, une plus sûre voie. La hâte est dangereuse.
MOUTIMER.
Et la lenteur l'est plus.
LEICESTER
C'est chercher follement des hasards superflus.
MORTIMER
Vous voulez son hymen, mais nous, sa délivrance.
LEICESTER
Vous montrez trop d'ardeur.
MORTIMER
Et vous, trop de prudence.