ACTE II, SCÈNE
FAUSTUS
Tu m'arrêtes ; hé bien , je vole chez Sylla
Il verra ma douleur; mon père m'entendra. Claudius, ne crains plus le coup qui te menace : Ou je meurs à ses pieds, ou j'obtiendrai ta grâce.
MÉTELLUS
Le dictateur sommeille au fond de son palais ; Même à son fils sa garde en interdit l'accès.
FAUSTUS, avec fureur.
Traître Catilina ! ta jalouse furie Se promet d'immoler l'époux de Valérie : Du crime le plus lâche abominable auteur, De cent coups de poignard je percerai ton cœur, Ce cœur ivre de sang, dont la rage homicide Effraya les Romains du premier parricide. Misérable instrument d'un pouvoir que je hais, J'en saurai par ta mort expier les forfaits.
MÉTELLUS
Faustus, au nom des dieux, espoir de 1 innocence. De tes fougueux transports gouverne l'imprudence.
FAUSTUS
Eh bien ! prends donc pitié du trouble où tu me voi ; Conseille ma douleur...
MÉTELLUS
J'y consens. Promets-moi D'attendre mon retour au palais de ton père. Je porte à Claudius le faisceau consulaire ; Sous l'habit d'un licteur échappant aux regards, Avant une heure il fuit ces funestes remparts.
i8 SYLLA.
FAUSTUS
Quel espoir tu me rends !... ô faveur infinie !... Je reste , Métellus ; vole , et sauve ma vie...