CATILINA, FAUSTUS
FAUSTUS
O ciel ! Catilina !...
CATILINA
Croirai-je qu'en ces lieux Mon aspect de Faustus puisse blesser les veux ; Que son inimitié repousse avec colère Le défenseur, l'ami , l'élève de son père? Fidèle à son pouvoir, ardent à le servir, Rome a reçu de moi l'exemple d'obéir:
Je craindrais de penser qu'à sa cause fidèle La haine de son fils récompensât mon zèle.
faustus.
Ah! si de grands travaux, des exploits inouïs, Peuvent donner le droit d'asservir son pays, Si la liberté meurt dans l'excès de la gloire , Sylla dut remporter cette triste victoire ; Mais toi, honte de Rome! à quel titre viens-tu
i' SYLLA.
Te mêler aux vainqueurs sans avoir combattu?
Dans quel camp a-t-on vu ta jeunesse occupée?
Réponds-moi; de quel sang fume encor ton épée^
En paix avec les Grecs, les Parthes, les Germains ,
Ta fureur sans péril immole les Romains;
Au meurtre façonné , ton poignard parricide
Atteint le grand Marcus et le jeune Lépide:
Ainsi meurt, sous les coups d'un monstre adolescent,
L'espoir de l'avenir, la gloire du présent.
Là ne s'arrête pas ta rage frénétique :
On égorge ton frère à l'autel domestique;
En vain d'un tel forfait la nuit voile l'horreur,
Catilina prend soin d'en révéler l'auteur;
Et deux fois sacrilège , au temple des vestales ,
Va du sang fraternel souiller les eaux lustrales.
Voilà quels sont tes droits aux faveurs d'un héros,
Quels sont d'un sénateur les horribles travaux,
Quel est Catilina...
CATILINA
Ta mémoire fidèle Sans doute également à tes esprits rappelle Qu'en tous temps, en tous lieux, à Svlla dévoué, Ce qu'on nomme forfait par lui fut avoué, Et que taustus enfin, envers moi si sévère, Ne saurait m'accuser sans maudire son père. Son ordre en ce moment renouvelle au sénat ['ne loi d'où dépend le salut de l'état. Je cours joindre ma voix à sa voix souverain e ; Et, dût l'austus encor la trouver inhumaine