‹ Sylla; tragédie en cinq actesChapitre 65 sur 66 · LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE PEUPLE

O courage! ô grandeur au-dessus des humains!

STLLA.

Je vous rends vos consuls; choisissez-les, Romains.

( Mélellus sort. ) Mon asile, a-t-on dit, est dans la dictature: Eh bien! dès ce moment devant vous je l'abjure; Je me dépouille ici des suprêmes honneurs, (Il détache son manteau de pourpre , et jette la palme

d'or, symbole de la dictature. ) Je dépose la pourpre... Eloignez- vous , licteurs.

(Les licteurs et les soldats, qui entouraient la tribune, déposent leurs armes et leurs faisceaux , et vont se confondre parmi le peuple.)

Me voilà désarmé !.. Je vous hvre ma vie : Aux complots, aux poignards, j'oppose mon génie, La vertu de Brutus , lame de Scipion , Chéronée , Orchoméne , et l'effroi de mon nom, Le sénat a pour lui ma fortune et ma gloire : Que Sylla soit toujours présent à sa mémoire. Vainqueur de Marius, je lavais surpassé, Et j'ai conquis le rang où je me suis placé.

78 SYLLA

Romains, je romps les nœuds de votre obéissance;

* Mais sur vos souvenirs je garde ma puissance ,

* Et cette dictature à l'autre survivra:

Privé de mes faisceaux, je suis toujours Sylla.

(// descend de la tribune. )

ROSCIUS

Il n'était jusqu'ici que le maître de Rome, Aujourd'hui l'univers le proclame un grand homme.

FAUSTUS

Mon père, à tes genoux...

SYLLA

J'ai quitté le pouvoir.

BAL BUS, à Catilina.

Où sera notre appui ?

CATILINA

Je conserve un espoir!

Il a frayé la route ; et quelque jour peut-être Je saurai profiter des leçons d'un tel maître.

SYLLA

Cette lutte sanglante, il fallait la finir; Vous étiez las de craindre, et moi las de punir. Citoyen comme vous, sous la régie commune J'abaisse fièrement l'orgueil de ma fortune; Et chacun désormais, libre de tout effroi ,

(à Valérie, en s' approchant d'elle. ) Peut s'approcher, se plaindre, et se venger de moi.

VALÉRIE

De crimes , de vertus , effrayant assemblage , Tu subjugues ma haine , et brises mon courage ;

Page 1