SCÈNE VI
SILVANDIRE, FINETTE, puis FINARD.
Au&aitot que Roger est sorti, Finette ouvre la porte du fond et (ait signe en dehors i Finard.
finette , à Finard. Vous poincz entrer, moiiMeur Finard, madame est seule.
sylvandire. Qu’y a-t-il?
finette. C'est monsieur Finard qui voudrait parler à madame.
Elle sort après que Finard est entré.
sylvandire, ucec empressement". Venez, monsieur Finard, venez... Comment se porte mon père?
finard. A merveille, madame, à mer-
' Roger, Sylvandire.
, ’• Finard, Sylvandire.
veille.... Mais les affaires do palais ne lui laissent pas une minute... Il est accablé.
sylvandire. Pauvre père!
pinard. Et il m'envoie près de madame pour m’informer...
SYLVANUIRE. Oh I mon bon EiiKfrd, diteslui que je suis bien contente, bien heureuse.
pinard. Ce sera un doua baume pour son coeur paternel... car il ne pense qu'à sa chère enfant.
sylvandire. Ce bon pèrel... Élevée loin de lui, au couvent, je le connaissais à peine... je le redoutais même... et cette union...
combien elle m’effrayait!... Dam! sortir du cloître pour se marier ainsi tout à coup , c'est effrayant ! Mais je vois bien maintenant ue mon père avait raison en me disant e le laisser faire. .. qu’il ne voulait que mon bonheur.
pinard. Positivement...
sylvandire. Aussi , je suis touchée de toutes ses bontés... des vôtres aussi, monsieur Finard... El ma reconnaissance...
pinard. La meilleure preuve que madame puisse nous en donner, c'est de continuer à être docile et à suivre aveuglément tous nos avis...
sylvandire. N’est-ce pas mon devoir ?
pinard. Sans doute... d'amant plus que madame est bien jeune... Et, au sortir du cloître , jetée dans le tourbillon d’un monde tout nouveau, elle a besoin de conseils, d’excellents conseils.
sylvandire. Oh! sans doute... mais mon mari n’est-il pas làî... Il a de l'expérience, lui... et il me sera bien doux...
pinard. Le chevalier d’Anguilhemest un
charmant jeune homme niais il arrive du
fond de sa province... il alui-méme besoin d’étre guidé, bien conduit... Et madame devrait, dans l'intérêt de son avenir...
sylvandire. Parlez I... que faut-il faire?... Croyex bien...
pinard, tirant une lettre de ta poche Mou honorable patron, et moi son serviteur indigne, nous avons rédigé quelques instructions, fruit d’une longue habitude, et qui pourraient être pour madame une règle de conduite à l'égard de son noble époux.
sylvandire, prenant la lettre. Oh! donnez, monsieur Finard, donnez...
PINARD. Vous comprenez qu’il est inutile que monsieur le chevalier sache...
sylvandire. Pourquoi cela?
PINARD. Pour qu'un ménage soit toujours bon, heureux, la femme doit prendre sur son mari de l'autorité, de l’empire... mais sans qu'il s'en aperçoive, sans qu’il s'en doute... Les conseils sont doux à entendre et plus faciles à suivre quand ils émanent d’une
bouebe charmante et adorée... Vous comprenez, madame?
sylvandire. Non... pas tout à fait mais,
je vais tire à l’instant ce papier, et je ferai Unit ce que vous me dites.. . je vous le promets... Car, vous t’avez déjà prouvé, vous ne cherchez qu’à me rendre heureuse.
finard. C'est une tâche que je me suis imposée et qui m'est bien douce .. Je dirai donc à mon honoré patron...
sylvandire. Que ses avis et les vôtres seront des ordres pour moi.
pinard , à part . A merveille ! ( Haut et saluant. 1 Votre très -humble, madame la chevalière*... Agréez, je vous prie, la nouvelle assurance de mon respect et de mon entier dévouement
Il sort p»r le fond.