ROGER, POUSSETTE
POUSSETTE , qui est entrée par la gauche et t'est a/iprochée de Roger . Pas encore, ma biche!
roger , rivement. Poussette ! ici!... comment se fait il ?
poussette. Vous le sauriez, ingrat! si tous vous occupiez un p u de moi... vous auriez apprisque je suis en représentation au grand théâtre!
BOGER. Mais à bord de ce vaisseau... expliquez-moi...
poussette. Pardinc! l'explication ne sera pas longue. Le capitaine Omar m'a vu danser un pas de Zépbir dans le ballet de Venus et Adonis , où , sans me vanter , j'ai un fameux succès. . . il m’a envoyé mouchoirs sur mouchoirs, et m'a fait promettre enfin de venir aujourd'hui à bord de sa lartaue.
rogeh. El, comme lu es femme de parole , lu as été exacte au rendez-vous.
poussette. Oui , je suis exacte .. heureusement... pas pour le Marocain , dont je me moque parfaitement, mais pour vous, mon geulilhii'ume. ..
ROGER. Pour moi ? pour moi ? que voulezvous dire , Poussette ?
poussette. Je veux dire que, pendant vos huit mois de Bastille . vous auriez dû songer à devenir prud nt et poli ique... Le Royancourl sait que vous êtes ici !
uoger. Sans doute , puisque je lui ai envoyé un cariel.
poussette. A merveille ! en voilà de la prudence!... un cartel à l'intendant de la province !...
roger. Eh! qu’importe?... je te répète que je le liens, qu'il se battra , et que je le tuerai , l’infâme ! *
* PousmUc, Rogvr.
poussette. Si l’infâme vous en laisse le loisir... ce dont vous me permettrez de douter, mon (,id.
roger. Voici sa lettre.
poussette , lisant. « On ne peut refuser » une si g r acieuse invitât ion A quelqu'un qui » court deux cents lieues tout i xprés pour la » faire. Le capitaine de la Xorah est en rade à » Marseille, il dunne une fêle à son bord...
» Sous prétexte d'y assister, rendez-vous » demain sur son navire... une de ses cha- » loti I «-s nous conduira à Pninméguex. . deux > de scs officiers nous serviront de témoins...
» ils ignoreront jusqu'à la cause pour laquelle » nous nous battons, et tout se passera ainsi » le plus noblement et le plus secrètement » du monde. Tout vôtre. «
roger. Tu vois , il est d iffici’e d'être plus clair.
poussette. Oui , et cependant voos n’y avez rien vu.
roger. J'ai vu qu'il doit venir ici et que je l'attqpds.
poussette. Eh bien ! tout en l’attendant, vous voguerez bientôt vers les côtes de Barbarie! cela vous ptait-tl ?
roger. Le diable m’emporte, je ne comprends pas...
poussette. On a peine à comprendre en effet une plaisanterie aussi scélérate...
Bref, le cher marquis, de concert avec votre charmante épouse, qui viendra sans doute le rejoindre , n’a rien imaginé de mieux , pour se débarrasser de vous une bonne fois, que de vous faire voyager avec le capitaine Omar , qui cingle aujourd’hui même pour Tunis.
roger. Moi!... ntoil... allons donc!...
quel sot coûte me fais-tu là ?
poussette. Vous complétez la pacotille. .
vous parlez ce soir.
roger. Mon... non... il est impossible !...