ARBRES ISOLÉS
19 Les prés-bois du Jura, dont le vrai type se rencontre surtout dans le haut Jura, où l’essence forestière dominante est l’épicéa ;
920 Les prés-bois des Alpes, prés-bois fauchables et pâtures isolées qui n'apparaissent guère que comme des taches isolées, comme des oasis de verdure au milieu des pâturages dénudés et des ravinements du sol ; l'essence forestière dominante est le mélèze.
30 Les prés-bois du Plateau central. — Sur les terres dénudées des montagnes du centre de la France. au climat en quelque sorte intermédiaire entre le climat des Alpes et celui du Jura, existent d'immenses étendues de terrain granitique à grains grossiers, ou formé par la désagrégation d’autres roches siliceuses ; là existent près de 400 000 hectares de terrains improductifs auxquels on pourrait faire produire de l'herbe ou du bois. Le moyen est simple ; c’est de créer des forêts claires, des prés-bois de pin sylvestre et de mélèze.
Nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage de M. Broilliard où l’auteur étudie de la facon la plus instructive ce mode de culture spéciale, aux intéressants travaux de M. E. Cardot sur le reboisement des Hautes- Alpes et les prés-bois, ainsi qu’à notre livre, Forêts, pâturages et présbois, où nous avons résumé la question.
Arbres isolés.
L'éducation des arbres isolés permet d’en obtenir à peu près partout des produits importants, à la condition qu’on choisisse avec soin les essences, et qu’on prenne grand souci de la plantation.
Le chêne, l’orme champêtre, le frêne, le cormier, le mélèze et le pin essences à couvert léger, parfois le hêtre, les grands érahles, l’épicéa et le sapin malgré leur couvert épais, le noyer, le châtaignier et tous les arbres fruitiers, les peupliers, les saules, enfin certaines essences exotiques, telles que le robinier et le platane actuellement bien acclimatés, et peut-être quelques autres moins bien connues, tous ces arbres peuvent être plantés utilement à l’état isolé, chacun dans le milieu qui lui convient.
Pour donner des produits utiles, ils ne doivent pas être mutilés, et la culture doit leur réserver une place suffisante.
Que de terres nous connaissons où quelques arbres, fût-ce seulement en bordure, ne feraient pas grand mal à la culture, et seraient susceptibles de donner de beaux produits ! Nous souhaitons que cet appel soit entendu de ceux qui ne plantent pas, uniquement par insouciance de l’avenir.