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blient que chez les animaux infantiles traités par les extraits ovariens il y a apparition de phénomènes utéro-vaginaux de la puberté sans qu’on puisse observer la maturation ovarienne.
Seaborn et Champy, en même temps qu’Allen et Doisy, démontrent que le liquide folliculaire a une action endocrinienne (1928).
La découverte de la folliculine a ouvert une ère nouvelle dans l’histoire de cette hormone.
Stockau et Papanicolaou, en 1917, décrivent des modifications cytologiques des mucosités vaginales faciles à constater, qui permettent de décéler l'apparition de l’œstrus chez les rongeurs.
Allen et Doisy, en 1922, font connaître que l'injection d'extraits ovariens à des souris castrées fait reparaître l’œstrus, supprimé par la castration ; ils dénomment |’ « œstrine » l’hormone capable de produire cet effet. Les mêmes auteurs donnent la définition de l’unité-souris de cette substance.
En 1927, Zondek et Acheim démontrent la présence, dans les urines des femmes enceintes, d’une substance analogue par ses effets physiologiques à la substance active du liquide folliculaire. L'importance pratique de cette découverte fut considérable puisqu'on n’était plus borné par des faibles quantités de folliculine extraite de l’ovaire.
Doisy publie, en 1929, qu’il vient d'isoler à l’état cristallisé la substance œstrogène des urines, à point de fusion 2430. Au cours de la même année, Buttenandt, en Allemagne, et Laqueur, en Hollande, parviennent à isoler la folliculine cristallisée par des procédés différents.
En 1930, Frattini et Maino isolent de l’ovaire une substance cristallisée douée de propriétés œstrogènes.
Marrian a isolé de l’urine de femme enceinte un corps cristallisé à point de fusion un peu différent de celui de la folliculine ; le corps de Marrian a une activité physiologique plusieurs fois moindre que celle de la folliculine.
Lœwe, en 1927, démontre que certains extraits végétaux ont la propriété de provoquer l’œstrus chez les petits rongeurs. Butenandt confirme cette notion et prouve l'identité de cette hormone végétale et de la folliculine.
En 1931, Zondek publie que les urines de jument gravide contiennent des quantités d’hormone beaucoup plus considérables que l’urine de femme enceinte.
Girard, la même année, isole la folliculine cristallisée de ces
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urines et démontre l'identité de la folliculine équine et humaine.
Girard trouve également dans les urines de jument gravide un nouveau corps, l’ «équiline » qui se montre sept fois moins active que la folliculine à l’égard du test d’Allen-Doisy.
La découverte de l'hormone folliculaire a fait tomber en oubli les notions acquises sur la valeur fonctionnelle du corps jaune. Certains auteurs avec Franck ont considéré même que la folliculine était la seule hormone ovarienne. Allen confirme la notion d’une hormone ovarienne unique.
C’est à Courrier qu’on doit le mérite de s'opposer à cette théorie uniciste. Cet auteur a démontré que la folliculine seule est incapable de produire le phénomène de «dentelle » au niveau de la muqueuse utérine de la lapine.
En 1929, Corner prouve l’existence de l’hormone lutéinique : par extraction de corps jaune de truie il reproduit les modifications prégestatives de la muqueuse utérine chez une lapine castrée immédiatement après le coït.
Champy, Gley et Keller démontrent qu'il existe une hormone qui ne peut agir qu'après la préparation de l’utérus par la folliculine et qui provoque la formation de la caduque.
Hisaw, en 1925, a pu mettre en évidence une autre hormone qui agit sur le relâchement de la symphyse pubienne; il attribue ce phénomène à l’activité du corps jaune.
IT Action de la folliculine sur le tractus génital.
Allen et Doisy ont fourni une contribution capitale à cette étude en démontrant que l'injection de liquide folliculaire fait apparaître l’œstrus chez les rats ou les souris femelles castrés. #S
Administrée à des animaux impubères, la folliculine détermine la puberté précoce, caractérisée par le phénomène d’œstrus. |
La folliculine a une action féminisante sur les animaux mâles : injectée à fortes doses elle produit une atrophie testi-
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culaire, une poussée d’hyperplasie mammaire et une inversion de plumage chez les oiseaux.
Chez les mammifères femelles, elle détermine une hypertrophie utérine très marquée ; l’endomètre s’épaissit en plusieurs couches cellulaires et devient très glandulaire, les autres tuniques utérines deviennent aussi plus épaisses et plus vascularisées.
Allen, Laqueur et Champy ont remarqué que la folliculine produit une prolifération nette de la glande mammaire.
Allen a signalé les processus prolifératifs portant sur les cellules ciliées de l’épithélium tubaire.
Au niveau du vagin la folliculine détermine une hypertrophie considérable de la muqueuse; elle s'accompagne d’une hyperplasie constante avec kératinisation secondaire. Nous avons.expérimenté sur la lapine impubère avec la folliculine qui nous a été offerte par les Laboratoires Grémy.
Une lapine de 650 gr. reçoit une dose de dix unités-rat de folliculine, injectée en cinq fractions journalières. Le quinzième jour l’animal est sacrifié.
A l’examen macroscopique nous constatons que les mamelles très congestionnées présentent une véritable infiltration œdémateuse ; l'utérus très augmenté de volume, rouge-violacé est sujet à un processus congestif intense ; les ovaires ne paraissent pas être modifiés.
L’aspect histologique présente un développement marqué de la muqueuse utérine. Un processus prolifératif intense affecte également la musculeuse. Nous remarquons en outre de nombreux vaisseaux dilatés. La paroi de l’endomètre est lisse, normale. Pas de « dentelle ».
L’action de la folliculine sur l’ovaire a été très discutée. Lipschutz a pratiqué diverses expériences sur les jeunes chattes, qui lui ont montré que des quantités de folliculine, même très grandes, sont sans effet sur les ovaires.
Haupstein s'oppose à cette notion et démontre qu’avec les doses relativement fortes on obtient l’effet de stimulation folliculaire ; ce n’est qu’en administrant des quantités excessivement élevées qu’on observe les follicules petits et dégénérés.
Les expériences de Steinach, comme celles de Imperato, montrent que la folliculine à une action directe indubitable sur les ovaires.
Cela nous permet de comprendre plusieurs faits observés en clinique où le traitement par la folliculine a donné un résultat durable et même définitif.
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Pour Laqueur et Del Castillo la folliculine entraîne au niveau de l’ovaire des modifications qui consistent en congestion marquée du stroma ovarien et en formation de nombreux follicules atrétiques ; elle s'oppose également à l’apparition de corps jaunes et détermine des processus dégénératifs sur les corps jaunes formés.
En résumé, l'injection d’hormone folliculaire entraîne des modifications profondes au niveau du tractus génital.
Les troubles par carence en folliculine peuvent être déterminés expérimentalement par la castration, ou observés en clinique dans les cas de déficience ovarienne.
La suppression ovarienne se traduit par un syndrome polyglandulaire ; quelques-uns de ces éléments peuvent être considérés comme conséquence directe de l'insuffisance ovarienne.
L’ablation des deux ovaires retentit sur tout le tractus génital ; il reste infantile si la castration a été pratiquée chez l’animal impubère, et cesse de se développer chez l’animal au seuil de la puberté.
Chez l’animal adulte la castration provoque la régression du tractus génital ; la musculature et la muqueuse utérine, la glande mammaire et les organes génitaux externes s’atrophient ; en même temps disparaissent les caractères sexuels secondaires.
Il suffit alors d’administrer les préparations activés de folliculine pour que les organes génitaux récupèrent rapidement leur état normal.
L’ablation d’un seul ovaire n’entraîne l’apparition d'aucun symptôme de castration. Une quantité très minime de la glande suffit pour assurer un fonctionnement régulier. L’irradiation des ovaires n’est pas toujours suivie de la disparition de phénomènes extra-ovariens qui constituent le cycle œstral. Parkes démontre que les ovaires des souris stérilisées par les rayons X sont capables d'assurer un développement normal de l’utérus et du vagin.
D’après Brouha cette persistance d’œstrus doit être considérée comme conséquence de modifications aberrantes de l’ovaire.
Au cours du cycle sexuel normal la folliculine est sécrétée par le follicule de de Graaf en voie de maturation. Elle agit sur l’utérus en déterminant son hypertrophie qui prédomine au niveau de la muqueuse.
Mais cette hormone est incapable de préparer l’endomètre à la nidation de l'œuf et ne peut de elle seule, amener la
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muqueuse utérine à l’état dit prémenstruel; pour que la menstruation normale puisse se produire, son action doit être complétée par celle de la lutéine, sécrétée par le corps jaune.
Cette théorie classique de la menstruation a été contestée par les recherches de Corner, d’Allen et de Hartman, qui ont montré que les règles sans corps jaune étaient d'observation courante chez la guenon ; d’autre part les injections de fortes doses de folliculine à des femmes castrées peuvent déterminer l'apparition d’une pseudo-menstruation sans prolifération prémenstruelle de l’endomètre.
Il en résulte qu’il y a deux types d’endomètre menstruel. L'un montre des changements dits prémenstruels et se forme quand il y a un corps jaune. L’autre ne présente pas la structure prémenstruelle et ne s'accompagne pas de corps jaune, mais donne une hémorragie.
Laqueur estime qu’en dehors des modifications utérines, dont les phases successives sont sous la dépendance du fonctionnement régulier de l’ovaire, l'intensité et la durée des règles sont encore conditionnées par la turgescence de l’utérus, liée à une hormone ovarienne spécifique.
Pour Schrœder, la folliculine a deux actions sur l'utérus : végétative et génératrice.
L'action végétative provoque la croissance de l’utérus jusqu’à la puberté. Son insuffisance amènera une hypoplasie causant l’aménorrhée, l’hypoménorrhée, la dysménorrhée et la stérilité.
L'action génératrice s’exerce sur la maturation de follicules de de Graaf, détermine l’ovulation et la plupart des phénomènes rythmiques du cycle sexuel.
La sécrétion de folliculine est elle-même réglée par le lobe antérieur de l’hypophyse.
Les modifications de la sécrétion ovarienne, qu’elles soient dues à l'insuffisance hypophysaire ou à l’insuffisance primitive de l’ovaire, déterminent des troubles menstruels importants.
D’après Wagner, les éventualités suivantes peuvent se présenter :
19 Si le follicule de de Graaf ne se transforme pas en corps jaune, la folliculine continue d’agir ; la muqueuse utérine très hypertrophiée, non soumise à l’action du corps jaune, finit par faire de la nécrose à certains endroits ; il s’ensuit qu'après une période d’aménorrhée hyperhormonale on aura des métrorragies graves et tenaces.
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2° Au contraire, si le nouveau follicule de de Graaf ne se développe pas assez tôt après la dégénérescence du corps jaune, les intervalles inter-menstruels seront prolongés et une oligoménorrhée s’installera.
3° Si le follicule ne se développe pas ou se développe insuffisamment, la muqueuse utérine reste atrophiée et il n’y a pas de règles : c’est l’aménorrhée hypohormonale.
49 Si le corps jaune ne dégénère pas, il y aura une aménorrhée tant qu'il persistera.
50 Si la maturation folliculaire et l’ovulation sont normales, mais le corps jaune disparaît trop vite, l'intervalle intermenstruel sera diminué et il y aura polyménorrhée.
6° Les hypoménorrhées et les hyperménorrhées seraient encore provoquées par les troubles de la turgescence utérine, qui est conditionnée par une hormone ovarienne spéciale. Frank et Goldberger indiquent que l’abaissement du seuil rénal d'élimination de la folliculine est à la base de certains cas d'aménorrhée et de stérilité ; l'hormone sécrétée se trouve rapidement éliminée, avant d’avoir pu produire son effet sur le tractus génital.
Action de la folliculine sur l’ensemble endocrinien.
La sécrétion ovarienne joue un rôle important dans le maintien de l’équilibre endocrinien.
L’injection sous-cutanée d’une dose considérable de folliculine détermine rapidement une diminution de sécrétion hypophysaire de gonado-stimuline ; en même temps la préhypophyse diminue de volume. Au cours de certains états physiologiques qui s’accompagnent de modifications ovariennes, le lobe antérieur de l’hypophyse subit des variations réactionnelles.
Ainsi la ménopause entraîne une augmentation d’action excito-sexuelle de l’hypophyse et de sa sécrétion gonadostimulante ; en même temps le lobe antérieur subit une hyÿpertrophie notable et des remaniements structuraux profonds.
On était conduit à penser que toute diminution de folliculine dans les humeurs augmente la fonction sexuelle de l'hypophyse ; mais une augmentation notable du taux de la folliculinémie inhibe la sécrétion hypophysaire.
Au cours du cycle sexuel normal, la folliculine atteint son taux maximum au moment de l’ovulation ; cette quantité d’hormone est suffisante pour réfréner la sécrétion hypophysaire folliculo-maturatrice. À défaut de cet excitant physiologique la sécrétion ovarienne de folliculine s’arrête et la lutéine sécrétée par le corps jaune peut exercer son action sur le tractus génital.
La folliculine réglerait donc automatiquement son taux par une action spécifique sur l’antéhypophyse. On conçoit que pour assurer le fonctionnement régulier du système préhypophyso-génital, une interrélation intime s'impose entre l'ovaire et la glande pituitaire.
La folliculine a en outre la propriété de provoquer chez les animaux d’expérience uné hypertrophie notable de la thyroïde. L’hypertrophie thyroïdienne qui s’observe pendant la gestation est, sans doute, à cette période en rapport avec l’augmentation de la folliculine circulante.
La castration chez la femelle adulte détermine, par contre, un ralentissement de l’activité fonctionnelle de la thyroïde. L’obésité observée dans certains cas d'insuffisance ovarienne est probablement due en partie au facteur thyroïdien ; Von den Velden la traite avec beaucoup de succès par une combinaison de thyroïde et d’ovaire.
Les rapports entre l’ovaire et la glande surrénale sont connus depuis longtemps. On admet, en général, que l’adrénaline est en rapport inverse avec la sécrétion de la folliculine. Les injections d’adrénaline ont une action empêchante sur la sécrétion ovarienne ; elles arrêtent le cycle œstral chez le rat. Cette action inhibitrice sur l’ovaire peut se produire soit directement, soit par l'intermédiaire du lobe antérieur de l’hypophyse.
La folliculine a une action évidente sur le métabolisme basal. L’injection d’une forte dose de cette hormone détermine une augmentation du métabolisme (Rowe et Lawrence) : il s’abaisse après la castration et alors le traitement par la folliculine peut le remonter.
Kaufman, Müller et Muhlbock ont trouvé dans l’hormone folliculaire une substance différente de l’hormone du rut qui paraît avoir une action élective sur le métabolisme.
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La folliculine : titrage, répartition, provenance.
Le titrage biologique de la folliculine est basé sur deux réactions :
1° L'apparition de cellules kératinisées dans le vagin du rat et de la souris femelles castrés.
2° L'ouverture précoce du vagin du rat femelle impubère (Curtis et Doisy).
La deuxième de ces réactions étant soumise à plusieurs causes d’erreur, ce n’est que la première qui permet de se placer dans les conditions d’expérimentation vraiment scientifique. Ce test, imaginé par Allen et Doisy, consiste à provoquer chez les femelles adultes des petits rongeurs, préalablement castrées, les modifications histologiques du vagin, caractéristiques du rut. L'administration de la folliculine à ces animaux entraîne une disparition de leucocytes qui sont remplacés par de grandes cellules pavimenteuses à noyaux (pro-æstrus) ; celles-ci disparaissent à leur tour à la période d’œstrus complet. L'examen histologique pratiqué à ce moment ne montre que des cellules cornées typiques, anucléées, fortement colorées par l’éosine.
Ces modifications vaginales ont permis à Allen et Doisy de définir l’unité de la folliculine : c’est la plus petite quantité de substance nécessaire pour provoquer l’œstrus chez un rat femelle castré, pesant environ 140 gr., les injections ayant été faites par voie sous-cutanée à trois reprises et à quatre heures d’intervalle.
L’unité-souris est fixée d’après les réactions d’une souris castrée de 20 gr.
Le test d’Allen-Doisy constitue une méthode fidèle et précise de dosage biologique à condition qu’on se place dans les limites expérimentales exactement déterminées. Pour déterminer l’activité des produits employés dans nos expériences, nous avons procédé à la technique suivante :
Un lot de vingt rats femelles, castrés depuis vingt-et-un jours et vérifiés, reçoit la dose à examiner en une injection sous-cutanée. Trente-six heures après, nous commençons les
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prélèvements vaginaux, que nous répétons deux fois par jour pendant deux jours. L’unité-rat est atteinte chaque fois que douze rats sur vingt donnent chacun au moins une lame avec kératinisation totale.
L’unité-souris est égale à peu près au 1/5 de l’unité-rat. La découverte de la folliculine cristallisée a permis de constituer une unité internationale pondérale de cette substance. Elle a été adoptée au Congrès de Londres en 1932 comme le «quantum d’activité œstrogène d’un dix millième de milligramme de la substance standard à l’égard du test d’Allen- Doisy ».
Il a été admis qu’une unité-souris équivaut à peu près à une unité internationale. Certains expérimentateurs estiment cette valeur trop faible et la croient égale à un tiers unité-rat.
H. Hinglais et M. Hinglais démontrent que l’étalon pondéral international représente environ la vingtième ou trentième partie d’une unité-rat d’Allen-Doisy.
Il nous paraît donc évident que l’unité internationale, d'usage très commode, ne peut renseigner sur l’activité physiologique du produit que d’une façon très approximative.
Le perfectionnement des méthodes biologiques du dosage de la folliculine a permis d'examiner les variations du taux de cette hormone dans les humeurs.
Læœwe, en 1927, avait découvert l’élimination de la folliculine dans les urines de la femme normale. Schroder et Siebke ont procédé à des recherches quantitatives qui leur ont montré que la sécrétion atteint son maximum vers le treizième à quinzième jour après le début des règles. Or, ce moment correspond chez la plupart des femmes à l’éclatement du follicule. La sécrétion devient nulle un peu avant la réapparition des règles. D’après Guy Laroche, la femme élimine 4.000 unités-souris au cours d’un cycle cataménial normal.
Pendant la grossesse on trouve des quantités considérables de la folliculine ; peu avant l'accouchement l’urine contient 300 à 400 unités-rat par litre.
Au début de la ménopause, la folliculine se trouve en
quantités importantes dans les humeurs de la femme. . Le dosage de la folliculine circulante ou éliminée a une importance considérable pour le diagnostic étiologique des troubles menstruels. Ainsi il y a des cas d'aménorrhée où les humeurs de femme sont surchargées d’hormone folliculaire : un traitement par la folliculine peut produire chez ces femmes des effets très nuisibles.
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L’ovaire paraît être la source principale de production
folliculinique chez la femme normale. On n’en trouve dans cet organe qu’en très faibles quantités, puisque cette hormone est déversée dans le sang au fur et à mesure de sa sécrétion.
La castration chirurgicale ne supprime pas toujours l’élimination urinaire de folliculine. Les uns expliquent ce curieux phénomène par l'existence des ovaires surnuméraires, les autres croient à l’origine alimentaire (Glimm et Wadehn).
La castration par les rayons X n'empêche pas nécessairement la production de folliculine.
Moricard estime que la sécrétion de cette hormone n’est pas exclusivement liée à la présence de follicules normaux ou même atrétiques et la rapporte au tissu interstitiel. Il n’est pas moins vrai que l’ovaire est un des principaux centres de production de la folliculine. Le liquide folliculaire en contient ; d’après les recherches modernes, elle vient en partie ou en totalité de la thèque interne, constituée par des volumineuses cellules. Les expériences d'implantation d’Ascheim montrent que la thèque contient de la folliculine.
Chez la femme enceinte la folliculine n’est sécrétée que pour une très petite partie par l’ovaire ; c’est le placenta, la véritable glande endocrine temporaire, qui sécrète des quantités considérables de cette hormone dans les humeurs de la femme en gestation.
Zondek a fait connaître que les urines des juments gravides renferment des quantités d’hormone encore plus importantes que les urines des femmes enceintes.
Lœwe trouve la folliculine dans certains extraits végétaux. Elle a été identifiée aussi dans les humeurs des animaux mâles. La folliculine ne nous apparaît donc plus comme une substance étroitement spécifique élaborée par l’ovaire et que l’on trouve par une singulière coïncidence dans le placenta, mais comme un principe essentiel, commun à l’ensemble des êtres vivants.
Propriétés physiques et chimiques de la folliculine.
Dix ans à peine après la découverte fondamentale d’Allen et Doisy la folliculine est devenue une des hormones les mieux connues au point de vue chimique.
C’est une substance blanche, cristallisée, à point de fusion fixe (2430). Ses meilleurs solvants sont : la pyridine, le méthylglycol et le dioxane. Sa solubilité dans l’eau est évaluée à 7 mgr. par litre par Girard, à 15 mgr. par litre par Butenandt. La formule de constitution de l’hormone est actuellement parfaitement connue : C1# H??0?.
Les deux atomes d'oxygène sont contenus, l’un dans une fonction phénol, l’autre dans un groupement cétonique. Il en résulte qu’il peut y avoir.des éthers-sels, des semi-carbazones et des hydrazones de folliculine.
La folliculine est préparée à partir des urines des femmes enceintes et des juments gravides qui en contiennent d'énormes quantités.
L’hormone isolée des urines est probablement identique à la folliculine ovarienne. On a pu produire, aux dépens du liquide folliculaire, des cristaux analogues à ceux retirés de l'urine de femme enceinte et qui présentent le même pouvoir œstrogène.
Coks, Dodds et Hervett sont arrivés à réaliser la synthèse d’une substance douée d’action œstrogène, dont la formule chimique s'apparente à celle de la folliculine. Une variation chimique des fonctions secondaires peut modifier considérablement l’activité de la folliculine. Par l’hydrogénation on obtient la trihydroxyæstrine qui fut isolée par Marrian des urines de femme enceinte ; le corps de Marrian a une activité physiologique inférieure à celle de la folliculine.
L’équiline de Girard, trouvée par cet auteur dans les urines des juments gravides, a une action œstrogène certaine.
L’emménine, de Collip, considérée d’abord par cet auteur comme une hormone placentaire spéciale, représente probablement un complexe de la folliculine.
Il en résulte que la folliculine de l’organisme humain se trouve sous plusieurs formes à l’activité physiologique très différente.
Certains auteurs considèrent que le corps de Marrian est un produit de dégradation de la folliculine au cours de son élimination par le rein. Cette notion paraît inexacte puisqu’on peut isoler le corps de Marrian du placenta.
. Tout récemment on a émis l’hypothèse de la parenté chimique de la folliculine avec certains carbures cycliques doués d'activité carcinogénétique. On a pu même obtenir, à partir d’un de ces carbures, un produit œstrogène actif.
A l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet, il nous paraît impossible d’en tirer une conclusion sérieuse.
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: VI Lutéine.
L’hormone lutéinique fut isolée la première fois par Corner et Allen en 1929.
Son activité physiologique se manifeste avant tout pendant la gestation. A cette période de la vie génitale ses fonctions sont les suivantes :
1° Inhibition de l’ovulation.
2° Action sur le développement des glandes mammaires. 3° Action spécifique sur le muscle et la muqueuse utérins. 40 Action sur la survie des œufs fécondés.
90, Action sur le maintien de la grossesse après la nidation.
C’est le corps jaune qui est exclusivement chargé de son élaboration. Le taux de cette hormone dans le sang et l’urine d’une femme enceinte augmente pendant les cinq premiers mois de la grossesse et disparaît au moment de l’atrophie du corps jaune.
La lutéine peut provoquer chez la lapine récemment castrée des modifications histologiques de la muqueuse utérine qui caractérisent l’état gravide à son début (réaction déciduale).
Corner se base sur ce test pour définir l’unité-lapin de lutéine : c’est la plus petite quantité d’hormone qui, divisée en cinq doses quotidiennes, rend la muqueuse d’une lapine castrée semblable à celle d’un utérus gravide au huitième jour.
Fels considère que le meilleur test d’activité pour un extrait du corps jaune est la persistance d’une gravidité récente après l’ablation des ovaires ; il enlève les ovaires de la lapine le onzième jour de la gravidité et empêche l’avortement par l'administration d’hormone du corps jaune.
L'activité du corps jaune peut être encore éprouvée par son action sur la contractilité utérine. Chez les lapins qui ont été traités par la lutéine le muscle utérin ne réagit plus par des contractions sous l'influence d’extrait du lobe postérieur de l’hypophyse.
On a proposé comme test d'activité du corps jaune le
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phénomène de relâchement de la symphyse pubienne du cobaye. Il est possible que cette action soit due à une hormone spéciale sécrétée par le corps jaune. ; En dehors de la gestation, la lutéine contribue largement à l'édification de la structure prémenstruelle de l’endomètre. Elle apparaît dans les urines quelques jours après la rupture folliculaire ; son taux augmente progressivement, puis cette substance disparaît brusquement avec la venue des règles. La nature chimique de la lutéine est très peu connue. Cette hormone est soluble dans l’eau, fort soluble dans les solvants organiques, très sensible à l’action des alcalis. Allen, Fevolt et Hisaw ont publié qu'ils sont parvenus à isoler l'hormone du corps jaune sous forme cristallisée.
Synergie et antagonisme lutéino-folliculaires.
La lutéine n’est capable de produire l’effet proliférant sur la muqueuse utérine que lorsque la folliculine a préalablement sensibilisé l’endomètre.
La folliculine agissant seule ne peut non plus pousser la prolifération endométriale jusqu’au stade prégravidique ; l’action de la lutéine est indispensable pour achever l'édifice endométrial prémenstruel. Il en résulte que les deux hormones doivent s’associer pour assurer un cycle menstruel normal.
Pour exercer une action efficace, la folliculine et la lutéine doivent se succéder dans un ordre rigoureux et être sécrétées en quantités bien déterminées.
Chez les mammifères le cycle œstral comporte deux phases : la phase folliculaire et la phase lutéinique. On peut reproduire le cycle sexuel complet chez les animaux castrés en administrant les deux hormones ovariennes à doses convenables et dans un ordre chronologique défini.
Le lapin a un cycle œstral qui comporte une phase lutéinique bien développée. La formation de corps jaune est conditionnée chez lui par le coït. Si le coït a lieu, les canaux déférents étant liés, le corps jaune se forme sans qu’une
grossesse s’ensuive. En comparant la structure de la muqueuse utérine immédiatement avant et un peu après le coït, on se rend compte des modifications considérables subies par l’endomètre sous l'influence d’un corps jaune actif. Avant la formation de corps jaune la muqueuse est constituée par des bourrelets saillants dus à l’action de la folliculine ; dès que la lutéine est sécrétée dans les humeurs, il y a une prolifération excessive de l’endomètre qui forme une «dentelle ».
Nous avons pu reproduire artificiellement, après Clauberg, le phénomène de dentelle chez le lapin femelle impubère. Une lapine de 600 gr. reçoit une dose de dix unités-rat de folliculine, administrée en cinq jours, deux unités-rat par jour par voie sous-cutanée. Après la dernière injection de folliculine nous prélevons une corne utérine qui va nous servir comme témoin. Le jour même nous procédons à la première injection d'extrait lutéinique que nous répétons chaque jour pendant six jours. Le onzième jour après le début de l’expérience nous sacrifions l’animal et prélevons la deuxième corne utérine.
À l’examen histologique nous constatons que la prolifération simple, observée au niveau de la corne témoin, fut remplacée par une véritable «dentelle » muqueuse fortement découpée. Les produits que nous avons employé nous ont été offerts par le Laboratoire Grémy.
L’hormone folliculaire et l’hormone lutéinique doivent exister en certaine proportion et se succéder pour réaliser un cycle génital normal ; à défaut de ces conditions elles peuvent devenir antagonistes.
Courrier a démontré que la folliculine administrée en fortes doses à une lapine récemment fécondée empêche la formation d’édifice endométrial prégravidique.
De même, l’administration de folliculine en même temps que de lutéine nécessite de plus fortes doses d'extrait du corps jaune pour réaliser la nidation de l’œuf.
L’injection d’une forte dose de folliculine arrête la grossesse au début de son évolution. Cette action abortive doit être envisagée comme une manifestation de l’antagonisme lutéino-folliculaire.
La muqueuse utérine de cobaye, sensibilisée par le corps jaune, réagit à une irritation mécanique expérimentale par la formation de caduques : c’est le deciduum provoqué. Courrier démontre que le deciduum ne se développe pas si on a soin d’injecter de la folliculine en même temps qu’on irrite mécaniquement la muqueuse utérine. On voit donc que dans
certaines conditions la folliculine s’oppose nettement à l’action de la lutéine. |
Réciproquement le corps jaune en activité contrarie la folliculine. Il s'oppose à la maturation folliculaire et empêche ainsi la sécrétion de cette hormone.
En présence d’un corps jaune actif, la folliculine doit être injectée en très forte dose pour produire sur le vagin des modifications qui caractérisent l’œstrus ; cette action antiæstrale de la lutéine a été mise en évidence par Courrier.
On peut admettre avec certitude que la folliculine et la lutéine sont l’une à l’autre intimement liées ; leurs actions respectives se complémentent ou se contrarient suivant les doses injectées et l’ordre chronologique de leur administration.
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Recherches expérimentales sur l'administration
associée d'extrait hypophysaire et de folliculine.
Les expériences de Steinach, de Haupstein et d’Imperato ont prouvé que la folliculine n’est pas seulement un médicament de substitution. Elle peut modérer ou stimuler la sécrétion ovarienne suivantla dose employée.
Il nous a paru intéressant d’étudier l’action sur l’ovaire d'extrait hypophysaire associé à la folliculine.
Liebhart et Dubicki expérimentent sur la souris blanche infantile :
L’injection de dix unités de prolan détermine l’œstrus à l'examen du frottis vaginal et quelques follicules hémorragiques apparaissent au niveau des deux ovaires.
Si on associe dix unités de prolan aux dix unités de folliculine, on ne trouve au niveau des ovaires aucune modifi-
cation macroscopique et le frottis vaginal montre le proœstrus.
10 unités de prolan + 20 unités de folliculine : vagin, métaæstrus; ovaires, aucune modification macroscopiquement appréciable.