CHAPITRE XXXIV. ÂtLL
Désinence collective» comme le témoignent les mots, bûtaillê, en^ semble de gens qui ee baUent, et partant grande batterie ^ futaUle, quantité de fûts réunis.^ volaille, ensemble de volatiles, d'oiseaux^ qu'on nourrit d'ordinaire dans une basse^cour. A cette idée s'en joinl généralement une autre, celle du peu de valeur des choses assem^» blées ou considérées collectivement, et du mépris qu'en a pour elles i exemples, pierraille, ferraille, tripaiUe, valetaille, gueusailk^ marmaille, II y a de même des verbes et des qualificatifs déprécialifs, les uns en ailler, les autres en ailleur: tels sont, chamailler, brailler, criailler, encanailler, ferrailler} braUleut, eriail" leur, ferrailleur.
Mur, muraille, Constructiims en pierree^en ttioeltoni; ett tirî*
ques; élevées sar des fondements. La muraille est un ensemble on une suite de mur», on le mur étendu dans ses différentes dimensions; c'est nne sorte d'édifice. Mur est le latin murus; muraille équivaut à mun. On dit les muré d*dn jardin, et les murailles d'une Tille. Comme toutes les choses représentées par des substan* tifs à radicaux pnrs^ le mur ne reçoit que des qualifications intrinsèques : relativement à sa matière^ il est de pierre , de terre , de briques, d'airain (au figuré); relativement à sa forme, il est de face, en décharge, en allée, en ailes ; relativement à sa destination , c'est un mur de clôture, de refend, de séparation, mitoyen. La muraille se qualifie extrinsèquement et toujours sons le point de vue de sa gran* deuret desaforce, indiquées par sa terminaison. C'est aux hommes du métier, aux maçons et aux architectes, à juger des qualités des murs; c'est aux curieux, aux voyageurs^ aux hommes de guerre, à juger de celles des murailles. Le mur n'a d'autre destination que celle que marque le radical (pteîpeaeai, partager, ou (Aoipàv, arrêter); il sépare, il arrête, il ferme. L'idée propre de muraiV/^ dépend de celle qui lui vient de sa terminaison: c'est de couvrir, de défendre, de fortifier, ou de servir de rempart, de boulevart. Si , d'un autre côté, sans chercher à déterminer la valeur de la terminaison de muraille^ on observe simplement qu'elle est significative, celle de fntirne l'étant pas, il en résulte une autre différence, qui consiste en ce que le mot de muraille se prend dans un sens relatif, et qui a été mise dans tout son jour par Condillac. « Dans les cas suivants, dit-il, muraille doit être préféré. Il n'a laissé que les quatre murailles:Lz. muraille de la Chine. Enfermer quelqu'un entre quatre murailles. Si on disait, le mur de la Chine, il semblerait qu'on voudrait parler d'un mur qui enferme la Chine, comme on parlerait du mur d'une ville, et on ne saurait pas ce que cela voudrait dire. Mais quand on dit, la muraille de la Chine, aussitôt on se représente ce mur fameux qui sépare la Chine de la Tartarie. Quand on dit renfermer quelqu'un entre quatre murailles ^ on ne se représente pas seulement quatre murs, mais on se représente encore quelqu'un qui a été privé de sa liberté. De même, il n'a laissé que les quatre murailles, est un tour relatif aux meubles et signifie qu'il n'en est point resté. Ce mot a donc différents accessoires suivant les cas. »
AILLEUR, EUR.
Rimailleur^ rimeur. Termes de mépris qui se disent en parlant d'un mauvais poète. Le rimeur fait métier ou profession de rimer ; le rimailleur fait un tas de niauvaises rimes. Rimeur qualifie un
poète qoi ne s'occupe que de la rime, partie la moins im| tante de son art ; rimailleur qualifie celui qui n'a pas même le tarent de rimer, qui rime beaucoup et ma!. Rimailleur enchérit donc sur nmeur; celui-ci désigne un simple Tersificateur, celui-là un plat versificateur.