CHAPITRE XII. PAR
Par, Min peTj à travers^ marque l'occupation successive de différents points d'un espace placé entre deux termes, et par suite une action faite entièrement, de part en part, d'un bout à Tautre. Si à cette idée on ajoute celte qui résulte du rapport existant toujours entre les mots composés, quels qu'ils soient, et leurs primitifs, on arrivera sans peine à trouver la différence des synonymes suivants.
Courir, parcourir. Aller, se mouvoir dans un certain espace. Suivant l'Académie , on dit également : j'ai couru et parcouru toute la ville pour le trouver) courir et parcourir une carrière. Mais courir garde sa valeur originelle, suivant Iaquelle.il signifie aller vite et sans s'arrêter ; il ne montre pas le sujet passant par les différents points intermédiaires d'un terme à l'autre. Celui qui court toute la ville la traverse en grande hâte dans un ou deux sens. Celui qui la parcourt fait plus : il ne va point avec cette rapidité, il visite tous les quartiers , s'enquiert et fait des recherches spéciales dans les lieux où il passe. Dire d'un homme, qu'il a couru toute la France, c'est faire entendre qu'il y a peu de lieux en France où il n'ait passé. Celui qui a parcouru toute la France en a exploré toutes les parties plus à loisir , et dans une intention spéciale, scientifique ou artistique. On ne dit courir une carrière que dans un sens absolu, et quand il ne s'agit de déterminer ni sa durée^ ni ses difficultés , ni les événements qui en ont signalé les diverses parties. « On court la même carrière qu'un autre. » MoKTESQ. J.-J. « Courir la. carrière de la prélature. » J.-J. « Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous eowron*^ je songe à me pourvoir d'esquifs et d'avirons. » Boileau. On commence à parcourir ou on achève de parcourir une carrière; on ne la parcourt qu'en partie. On parcourt une carrière pénible, dangereuse, longue, semée d'obstacles.
Venir, parvenir. Aller, se rendre d'un lieu à un autre. Venir est le terme ordinaire, général, formel, absolu. Il se joint particulièrement bien aux mots qui déterminent Tépoque et lé mode de transport : quand et comment viendrez-yons ? Parvenir, c'est venir par, ^ travers, difficilement, lentement, et à quelque chose
qu'on 86 piH>po9e plus^ipressément^à im but. « Poor pumrvèmir à ce but, ils surent parfaitement conserver leurs alliés. » Boss. (les deux mots se prennent aussi presque avec les mêmes nuances distinctives dans le sens d'arriver. Venir se dit de ce qui arrive d'ordinaire^ ou toutatt moiiis de lui-même, saâs avoir d'obstacles à surmonter. Après l'hiver vient le printemps. Quand vient le courrier? <i Ces rois oiit vécu dans une telle mollesse qu'à peine leur nom est-il venu jusqu^à nous. » Bos«(. Une chose ne parvient qu'avec plus de peine et malgré des icauses qui tendent à l'en em*^ pécher, (c La misère des pauvres purviefit dilfteilement à roreille des rois. » Cohd.
Faire, parfaire. Exécuter, produire. Parfaire est cmoplétir; &est faire d'un bouta l'autre, entièrement, de manière qa'it ne manque rien. Nous disons qu'un ouvrage est fisfrit et parfait.
Semer, parsemer, Suivant l'Académiie , on dit également 9e ^ mer elparsetner un chemin de fleurs ^ c'est-àfdire y ea répandre. Mais le composé ajoute au sens du simple l'idée aceessoire d'une grande abondance > d'une soile de profusion , et c'est pourquoi ou dit que le ciel est parsemé d'étoiles , qu'un habit l'est de periBS et de pierreries. Quand on sème « une lettre de jolis vers, » (VoLTi) lin discours ou un écrit de jeux de mots ou d'injures, on y on jette çà et là sans doute , mais non pas sans mesure. Ce qui plait dans ce qui est ^&m« de fleurs^ ou d'autres choses, ee sont ces ohiMés mêmes ) et dans ce qui m est pmtsemé, c'est letir variété et leur grand nombre.