CHAPITRE XYIII. OTR
i9»r, en latin êtiper, consék^vé dans queiqties lÉots français^ su^ p^fiô(e,9iiperfin, ett grée ô«^, en allemand uèer, préposition et préfixe exactement contraire à iâ pi^édetttè. El!» exprlfiie supériorité d'une chose à l'égard d'une autre qui lui sert de base ou comme de base : Exemples *wrpeau, «wrface, «wrnom ; ou l'action d'agit* sur une chose ou au-dessus d'une chose, comme dans âwrnager, surveiller, «urmonter, survenir ; ou une primauté d'or* dre ou de temps : surintendant, surhumain , surnaturel, sterlett* demain, survivre. Mais le plus souvent elle est additlve, elle marqàé quelque chose de donné ou de fait en Susj un st^rplus qui âagihenté
DES SYNOINYMES GRAMMATICAUX. 30»
on complète, parfois même rend excessif^ comme on le voit par les mots «urarbilre, surnuméraire, surenchérir^ surfaire, surajouter, surcharge, surabondant, surexciter, surtaxe.
Prendre^ surprendre. Attraper, être inopinément témoin d'une action mauvaise commise par quelqu'un. Prendre est simplement énonciatif du fait, et ne se substitue à surprendre que comme le genre à l'espèce, quand on ne veut pas user d'une grande précision. Surprendre^ c'est particulièrement prendre sur le fait, au moment où on s'y attend le moins, car on ne commet le crime ou le délit que lorsqu'on se croit le plus en sjkreté et à Tabri de tous les regards. On dira d'un accusé : il a été pris à voler des fruits ; et à une personne à qui un bon mot échappe, quoiqu'elle improuve cette sorte d'amusement : je vousy j^r^^c/s à votre tour. Dans ces exemples, ce qui importe c'est le fait plutôt que sa manière. Mais veut-on marquer spécialement que c'est au dépourvu, à l'improviste, que le coupable a été jt^rés et que le témoin est survenu, en tombant pour ainsi dire du ciel sur le coupable, alors il faudra préférer sur/>r«/idre\ (c Je l'ai iurprise mettant du rouge. » Acad. Prendre est comme la matière avec laquelle on fait surprendre , mais il y manque la forme. Aussi dit-on bien, jprendre au dépourvu, pren-dre sur le fait ; et à la place de prendre, dans ces expressions, surprendre formerait tautologie. La pluie nous a pris en chemin, à deux lieues de la ville, à telle heure 3 c'est le fait, vous l'apprenez à quelqu'un : la pluie nous a surpris en chemin -, nous ne Tavions par prévue, nous étions loin de nous y attendre. On prend quelqu'un au saut du lit y le sage n'est jamais su^r/s par les événements. Là, ce qu'il s'agit d exprimer avant tout, c'est le fait de s'emparer, de ne pas laisser sortir, échapper; ici, c'est la manière d'être pris que sait éviter le sage, c'est-à-dire à l'improviste et sans y être préparé. Oaprend, c'est-à dire, on attaque, les ennemis en flancs; ou les surprend, c'est-à-dire qu'on les, prend au dépourvu.
Passer, surpasser. Excéder, en parlant de deux choses ou de deux personnes dont l'une l'emporte sur l'autre. Le composé annonce une supériorité plus remarquable, c'est-à-dire plus grande^ ou tout au moins plus positive, plus tranchée. Car passer, c'est être plus grand dans quelque sens que ce soit, et sans qu'on détermine sous quel rapport, et surpasser, c'est s'élever au-dessus, dominer, ccll n'est aucune horreur que mon forfait ne pa^se, d'avoir offensé vos beaux yeux. » Mol. « Se marier sans le cousenlement de son père, est une action ({m passe tout ce qu'on peut s'imaginer. » 1d. « Voilà qui est admirable ! Cela passe tout ce qu'on a Jamais vu* »
Id. «Nous ayons va de yous des églogues d'un style qm passe en doux attraits Tbéocrite et Virgile. » Id. «J'envie aux grands le bonheur d'avoir à leur service des gens qui les égalent et qui les piissent quelquefois. j> Labe. Exemples qui sufOsent pour montrer avec eombten peu de rigueur se prend dans cette acception le verbe pa^ ser. Dans, contentement pai^é richesse, il y a une sorte de restrietionen faveur de la richesse, qui disparaltrait^si on mettait surpt^sser â la placedii vert>esimplej$tr77?a««cfr marque une pi édominance et uae IM'éïoiiiinance décidée, a Les Perses, disait Bélisaire, ne yoixssurpas. tsnt point en courage. » Moutesq. « L'unité pent^ étant multipliée plusieurs fois, surpasser qudque nombre que ce soit. » Pas€. Le siieeès bipassé mon attente^ dit moins que, le succès a surpassé a^a atteme. D'un côté, le ssccès a été au^elà de moa attente dans un sens quelconque qui n'est pas spécifié ^ de l'autre, il a été au-^essos, ce qui marque |Uus détermioément une supériorité, ou une supériorité moins rague et moins indécise. Il en est de même quand ces deux verbes signiient qu'une cliose excède les ioixes, l'intelligence, les ressources de qne^u'Hn.Ceqnipo^^^ nos forces va au-delà des bornes denotre pouvoir, ne peut être fait par nous ; et ce qui les surpasse plane bien a«i-dessas de noas et nous accable. «Le refus des frelons fit voir que cet art (de bâtir des cellules) passait leiu* savoir. » Lav. tt Les hommes révèrent comme ùe$ mystères tout ee qui les passe. yy Mall. «Ces globes de feu (les étoiles) d'une hauteur qui surpasse nos eenceptions. » Labil « Tout ee que de chez vous il (Sosie) vient de ïious conter surpasse si fort la nature...» (INausieratès à Amphiti^oH.) Mol. « Une vérité si haute qu'elle ^a«r;Mi«#6 les forces de eeux à qui on i>arle. )» P. R. « Ce ^tkïpaise la ^ométrie nous surpasse, » PAse. C'est-à-dire, ce qui eSt en dehors des limites de la géométrie se trouve placé bien au-dessus de nous, nous ne pondons en^aucime «oi*te nous élever jusque-là.
Sur, Di.
Surpasser^ dépasser, Aroir quelque chose de plus en un certahi «eus-, excéder. ^Surpasser, c'est s'élever au-dessus, et dépasser, aller au-4elà ou même plus bas. Un arbre en surpasse un autre ; nn vêtement de dessous dépasse celui de dessus de tant de doigts. On parlerait mal en disant qu'une chose en dépasse une autre qui est placée ptuç bas qu'elle , à moins que l'expression étant entièrement abstraite ne rendit moins visible et moins choquant le défaut d'analogie, comme dans cette phrase : « La hauteur de cette maison dé-^ psisse de beaucoup celle des maisons voisines. » Acad. Mais une mai-
son avance-t-elle plus que les autres sur la rue, elle les dépasse, et, à la place de ce mot , surpasser serait d'une impropriété évidente. On dit aussi que le succès dépasse , comme on dit qu'il surpasse notre attente, pour signifier qu'il ]ai passe décidément, incontestablement , positivement. Il la dépasse quand il va plus loin , et il la surpasse quand il va au-dessus. J'espérais que ma démarche vous engagerait à rester deux jours avec moij vous y restez huit jours; le succès a dépassé mon attente. Il aurait sufpassé mon attente, si au plaisir de vous posséder quelques jours vous ajoutiez un bienfait, un service auquel je ne songeais point. Z)^a**^r indique une extension de ce qu'on attendait, et surpasser^ un surplus, quelque chose de#wnyouté à ce qu'on attendait. Un écrivain voit le succès dépasser son attente , quand son livre , au lieu d'être connu seulement dans sa patrie , comme il y comptait , se répand par toute l'Europe ; et le succès surpasse son attente , quand son livre , au lieu de l'enrichir seulement suivant ses vues , lai fait une grande réputation de savoir.