‹ Synonymes françaisChapitre 93 sur 218 · IS, MENT · texte numérisé non relu

IS, MENT

En s'^outant à la même base verbale, ces deux terminaisons forment des substantifs qui signifient également le résultat d'une aclion^^ou bien le lieu où se fait une action. Mais les uns représentent toujours la chose d'une manière passive et absolue, et les autres d'une manière active et relative. De sorte que les noms en is sont aux noms en ment à-peu- près comme les noms à terminaisons indifférentes. A quoi il faut ajouter que la terminaison is ne cesse pas d'emporter quelquefois une idée de confusion, tandis que meni, de son côté, exprime une action ou un état plutôt intérieur qu'extérieur.

1. Gazouillis, gazouillement. Petit bruit agréable que font les oiseaux eir chantant, les ruisseaux en coulant. Mais le gazouillis exprime un bruit plus désordonné, plus embrouillé, plus confus. Ensuite, il caractérise ce bruit en lui-même, et ne le désigne pas par rapport aux objets ou au^ êires qui le produisent dans un mo-

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ment donnée comme gazouillement : on ne dira pas^ faites taire le gazouillis, mais le gazouilienient de ces oiseaux.

2. Gargouillis j gargouillement. Bruit que fait l'eau agitée dans certains endroits. Gargouillii sîgififie un bruit qui résulte d'ane action visible, celle de l'eau qui tombe d'une gargouille et produit un gâchis, un mélange boueux* comme les enfants qui barbotent* Le bruit exprimé par gargouillement provient d'une action ca-> chée, d'une agitation de l'eau dans la gorge, dans l'estomac et dans les entrailles.

3. Logity logement. Lieu où on loge, oà l'on demeure. Le pre*mier de ces mots est absolu, le second relatif. On se sert de l'oa pour désigner en elle-même la chose dont il s'agit : on dit un boB| un mauvais logie, un logU spacieux, commode, grand ou petit; on se sert de l'autre pour désigner la chose relativement aux personnes auxquelles elle appartient: on dit mon logement, votre logement, le logement du concierge, tandis qu'on ne dirait pas mon logiê, votre logie, le logis du concierge. Le logement, suivant l'expression de Beauzée, annonce une destination personnelle. On demeure dans le togis, on reste dans le logement. Le root logis implique une permanence, une durée de séjour que ne suppose pas le mot logement : on cherche un logement, et non un logis, pour une seule

- nuit. Dans les expressions, ne bouger du logis, garder le logis, demeurer au logis, logis exprime le logement habituel, constant et ne pourrait être remplacé par son synonyme. Si on lit sur les enseignes des auberges, bon logis à pied et à cheval, ce n'est pas que logùt exprime un lieu où on ne loge que momentanément; mais c'est qu'on veut faire connaître ce lieu en lui-même, et dans ce logis chaque voyageur trouve un logement. Lorsque des troupes en marche arrivent dans une ville, on distribue aux soldats des billets de logement* Ce dernier mot n'est pas seulement relatif sous le rapport des personnes ou de la durée, mais aussi sous le rapport de l'étendue; il a moins de compréhension que logis, c'est un terme partitif : dans un logis chaque personne a son logement, a Le logis, dit Condillac, est une maison où on loge ; le logement est la partie qu'on occupe dans cette maison: » Logement signifie même l'étendue relative d'une maison : il y a dans une maison, ou dans un logis, plus ou moins de logement,

ÏS, AGE.

Les substantifs en is se trouvent avec les synonymes en âge à-peu-^ près dans les mêmes rapports qu'avec les synonymes en ment : ils ont cela de caractéristique qu'ils présentent l'idée commune sous un

point de vne passif et absolu^ comme si leur terminaison était eelle des participes passés, oh qu'elle n'eût par elle-même aucune yalenr.

1. Pâtis j pâturage. Lieux où l'on met paUre les bestiaux. Les pâtis 9/oxil des espèces de landes ou de friches que la main de l'homme n'a point modifiées, cultnrées; \t% pâturages ^ m contraire, ont été rendus propres par la culture à nourrir le bétail. 11 y a donc entre ces deux mots la même différence qu'entre la pâture et \t pâturage y si ce n'est que le pâtis, quoique n'étant pas préparé, est au moins destiné à recevoir les animaux qui paissent. « Le pâturage, dit Roubaud,,est un champ où le bétail pâture et se repaît, he pâtis est une terre où l'on met paître le bétatt. La pâture est îin terrain inculte où le bétail trouve quelque chose à pâUre. »

a. Treillis^ treillage. Ouvrages de bois on de métal formant des petits carrés ou imitant les mailles d'un filet. Ce que l'on considère dans l'un, c'est la nature; dans l'autre, c'est la façon. Un treillis est de fer, de bois, de fer d'arcbal ; un treillage est bien fait, élégant. On se sert du treillis comme d'une chose utile en soi, pour enclore certains espaces sans intercepter l'air, ni la vue; il y a des/r«t7lagesqni ne servent qu'à la décoration. Enfin, la terminaison ag^ ayant beaucoup de compréhension, imprime au mot treillage une idée de grandeur ou d'étendue qui n'est pas dans treillis : en sorte que les treillis sont des petits treillages qu'on place, non dans les jardins pour les embellir ou former des berceaux, mais devant les fenêtres ou autres choses pour les clore et les garantir de imi accident.

8. Patrouillis, patrouillage. Ce qui résulte de l'action de remuer de Ueau sale et bourbeuse. L'un des deux mots fait considérer ce résultat passivementj objectivement et en lui-même : quel patrouillis est-ce là? L'autre le présente comme étant fait par quelqu'un ou Comme se faisant maintenant : quel patrouillage faites*^ vous là ? « Le patrouillis, dit Condillac, est un lieu où l'on a patrouillé, et le patrouillage est l'action de celui qui patrouille. » Ces deux mots ne différent pas toujours autant, car il n'y aurait guère entre eux de synonymie; mais touîoms patrouillis signifie la chose comme étant, et patrouillage la représente comme se faisant.

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