‹ Syntaxe du verbe dans la Chronique normandeChapitre 30 sur 37 · II. Participe · texte numérisé non relu

II. Participe

A. Participe présent et gérondif.

Dans Tancien français, le participe présent maniuait l'était ou l'action et était variable comme dans le latin. Il s'accordait avec le substantif d'après la règle pour les adjectifs formés d'adjectifs de la 3:e déclinaison latine: masc. et fem., sing. aimant — plur. aimanz. Dès le XII:e siècle, nous trouvons au féminin des formes en — e:

Ex.: Quatre Livres des L'ois 70 Les feiinnes vindrent enc antre le rci Saiil — ■

carolantes et juantes et chantantes.

Le gérondif était invariable dans l'ancien français, t'ependant dans le XIY:6 siècle on le rencontre parfois avec des formes en — s au pluriel et dans les XV:e et XVl:e siècles même avec la désinence — c au féminin.

A ces temps-là on avait donc trois participes (1 le paiticipe présent marquant l'action, 2 le participe présent marquant l'était, 3 le gérondif) qui pouvaient tantôt s'accorder avec le substantif et tantôt rester invariables.

Plusieurs grammairiens cherchaient à fixer des règles pour l'usage du participe présent. Ainsi Palsgrave p. 135: The iiiasculijne and femi/n. singulcr parlant conuertissant and faysant. The masculyn and fcmijne plurcll parlans, conuertisans, faysans. Su that, if an// uorde declijnable in this long he foundc cndijng in — ant in the si/nguler nombre and in — antes in the plurell, the he syngulars and plurelles of some femi/nine adjectives trhose niasculi/ne endeth in ant and af no pari/riple in this long." 11 veut donc (lue le participe présent marquant l'action et le gérondif s'accordent avec le substantif seulement au nombre.

Après lui, N'augelas, L'emarqacs II p. 153, sur aijant et estant: Us sont tousjours gérondifs, et p>ur conséquent, ils ne reçoiuent jamais d's et ne peuuent auoir le pluriel, par ce que les gérondifs sont indéclinables. Et puis plus loin, p. 154, sur le participe présent marquant l'action: "on dit fort lien, je les ai/ trouue: mangeans des confitures, heuuants de la limonade, mais on ne dira jamais en parlant de femmes je les aij trouuées mangeantes des confitures, ni/ lieuuantes limonade" — — — . Il veut donc que le gérondif reste invariable et que le participe présent s'accorde avec le substantif, mais seulement au nombre.

En 1000 La Grammaire de Port-Roijal proposa de faire distinction entre le participe variable, l'adjectif verbal (= le participe présent mar(|uant l'action) et invariable, le participe présent (:^ le participe présent marquant l'action et le gérondif). Cela fut confinné par l'Académie en 1679: La règle est faite, on ne déclinera plus les particijies prrsents". L'usage de faire accorder le participe présent manjuant l'action avec le substantif se maintient pourtant assez longtemps et l'on en trouve des exemples jusqu'au XVllLe siècle: Boileau, Et /dus loin les laquais l'uji l'autre s'agaçants. Voltaire, Les spectateurs en foule se jiressants.

Exemples du participe présent dans La Chronique Normande.

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