‹ SyphilisChapitre 15 sur 23 · CHANT QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHANT QUATRIÈME

Accepit nova fama fidem, populosque por oninos Prodiil liaud fallax mt'dicamen,

(Fracastor, lib. II.)

J'ai chanté jusqu'ici, sans invoquer un aide, L origine du mal , le mal et le remède; Mais un sujet nouveau , des triomphes croissants Réclament, aujourd'hui, de plus riches accents. Toi donc qui secondas , sur ta lyre latine , Le moderne patron devant qui je m'incline. Muse, viens, cette fois, diriger mon essor. Soutiens ce dernier chant , muse de Fracastor !

Quand l'aigle de l'Empire ouvrait ses grandes àil«s, Il abritait le sol où rayonne Bruxelles,

Où tant do fleuves purs, de leurs flots agités, Caressent, en passant, tant de riches cités : Tournay, Courtray, Namur, belliqueuses murailles; Mons, qui tient des trésors dans ses noires entrailles, Bruges, qui de la Lys aime à boire les eaux; Malines , le front ceint de vaporeux réseaux; Ostende, où des steam-boats se croise la fumée; Gand, au type espagnol; Liège, forge allumée; Anvers, dont nos boulets meurtrirent les remparts; Toutes, le front marqué du savoir et des arts, Gardant les saints débris des claustrales reliques , Portant de vieilles tours, de noires basiliques. Toutes se reliant par un étroit chemin. Comme de nobles sœurs qui se donnent la main. C'est là, c'est aussi là, qu'arraché de son aire, Notre aigle disparut, brûlé par son tonnerre. Que la France tomba sous son dernier canon ; Sépulcre dont je n'ose articuler le nom.

C'est alors qu'un congrès, opérateur tragique, Du tronc impérial amputant la Belgique , Comme il faisait la part de tout prince régnant. Gratifia Nassau de ce membre saignant ;

Et depuis , quand des feux de notre canicule Le soleil du Brabant se fit le digne émule, Bruxelles, qui croyait reprendre nos couleurs, Reçut une couronne en répandant des pleurs. Mais, de ses doigts crochus, de ses mordantes pinces, La Politique, en vain, repétrit les provinces; Elle a beau fatiguer son flexible compas A tracer des confins que nous n'admettons pas ; Avant l'œuvre des rois que la force édifie, Les peuples se sont fait une géographie, Une carte , étrangère aux intérêts des cours , Dont la nature même a fixé les contours. Qu'importe qu'une ligne en encre bleue ou noire Ait restreint, vers le Nord, notre ancien territoire? Malgré les arpenteurs des vieilles royautés. Malgré tous leurs poteaux écrits des deux cotés , Aujourd'hui même, comme avant mil huit cent seize, Par l'esprit, par le cœur, la Belgique est française; C'est Paris qui pour elle est l'éternel chef-lieu ; Notre langue est sa langue et notre Dieu son Dieu ; Mêmes mœurs, mêmes lois serrent nos alliances, Elle aspire nos arts, nos lettres, nos sciences. Et, sur l'aile de feu qui vole, jour et nuit, L'industrie y pénètre avec un sauf-conduit.

En vain du fisc jaloux l'arbitraire sentence Frappe de son index telle ou telle substance (1 ) ; En vain, pour arrêter son cours insidieux, Des gardes composés de mains, d'oreilles, d'yeux, Ses agiles douaniers barrent toute avenue, Guettent jusqu'au ballon qui plane dans la nue, Flairent, sondent le vide et s'en vont poursuivant Un atome suspect emporté par le vent; Plus active, cent fois, plus souple, plus rapace. Par d'invisibles points où nul homme ne passe, La nuit, le jour, parmi les vents et le brouillard , Transfigurée en femme, en enfant, en vieillard, Aux flancs même d'un chien , intelligent complice , Entre leurs doigts crispés la contrebande glisse , Dépasse la frontière et, riant de son dol, De ballots insaisis parsème au loin le sol.

C'est ainsi qu'échappant au soupçonneux qui-vive ! Dans la Belgique entrait, d'une marche furtive, Ce Rob cosmopolite, agent de guérison , Qui dompte dans le sang l'erotique poison. Quoi donc ! il est réduit à chercher le mystère , A tromper, comme un mal, un cordon sanitaire 1

Et, sur ce môme sol où l'équité fleurit, Le bienfaiteur de l'homme est traité de proscrit ! Non, non, il recevra son lumineux diplôme; Justice lui sera faite dans ce royaume ; Car là veille un roi sage , un paternel pouvoir Qui du" salut public se fait un saint devoir, Qui préfère le peuple à l'avare régie.

Ce moment est venu : les grands prêtres d'Hygie , Des hommes de savoir, d'honneur, d'autorité, S'installent dans son temple avec solennité , Afin qu'en ce grand jour leur sagesse décide (2) Si le Rob est salubre, ou s'il est homicide; Afin que leur verdict juge en dernier ressort S'il faut lui décerner le triomphe ou la mort. Deux partis sont debout pour cette cause obscure ; L'un soutient Lajfecteur, l'autre défend Mercure. Ceux-ci posent d'abord , pour dogme impératif. Qu'irrévocablement on meurt sans l'argent vif. Ardents propagateurs de la première école. Ils parfument d'encens leur désastreuse idole , Et, fermant au progrès leur jugement caduc, Font rétrograder l'art aux temps du vieil Astruc. Puis , remettant à neuf des injures ternies , Des contes surannés, d'absurdes calomnies,

Us blasphèment le dieu que révéla Boijveau,

Parce qu'il n'entre pas dans leur étroit cerveau.

Et pourtant ( dois-je ici teindre d'une épigraimne

La sévère couleur que ce sujet réclame? ) ,

Et pourtant, parmi ceux qui, même en ce moment,

Contre le nouveau dieu s'insurgent hautement,

Quelques-uns ont recours à ses bienfaits suprêmes

Pour leurs propres clients, que dis-je? pour eux-mêmes (3)

Et peut-être ce Rob perfide, clandestin.

Leur bouche qui l'accuse en a bu le matin.

Ainsi se déversait le flux de leur colère.

Les autres , qu'applaudit la faveur populaire ,

Protègent l'accusé de leur puissante voix

Et transforment son banc en glorieux pavois.

Us racontent comment, à travers dix régimes,

La France le soutint dans ses droits légitimes;

Comment il s'y fonda, malgré mille opposants,

Un règne continu de soixante-dix ans.

Et comment, chaque jour, sa croissante lumière

De l'aveugle routine envahit la paupière.

« Puisque enfin, disent-ils, ses pas inaperçus

« Franchissent notre ligne en dessous, en dessus;

» Puisque cet étranger, par un secret magique, " De miracles flagrants peuple notre Belgique ; » Puisqu'il est un besoin, une nécessité, » Puisse-t-il parmi nous avoir droit de cite (4)! «

Ce vœu ne tombe pas dans une sourde oreille ; Un édit est lancé : le proscrit de la veille, Comme un voyageur libre, entre le lendemain; La douane avec respect vient lui serrer la main ; Calme, le front levé, sans gardes, sans entraves, Des confins de la France aux limites bataves Il circule en semant des miracles nouveaux. Et, pour glorifier ses insignes travaux, Pour doublement servir la cause humanitaire , Le ministre qui tient le sceptre militaire. De l'armée en ses mains confiant le salut. Décrète son dictame, affranchi de tribut (5).

C'est ainsi qu'arrivé, non plus par voie oblique. Mais couvert par la loi, par la faveur publique. Partout où l'invoquaient des sanglots déchirants L'antidote exotique épanchait ses torrents.

Cependant , ô surprise ! o chose étrange à croire ! 0 d'une même cause effet contradictoire ! Dans la foule de ceux qui, libres de soupcoii , S'infusaient dans le sang la célèbre boisson , Les uns étaient rendus à leur santé ravie ; D'autres , cherchant en vain le retour à la vie , Vers les bords ténébreux descendaient à grands pas , En dénonçant le Rob qui ne les sauvait pas. Et déjà les faux bruits que l'ignorance écoute Sur la nouvelle foi jetaient un premier doute ; Et déjà le vulgaire , enclin à renverser L'idole que la veille il se plut à dresser, Au nom de Laffeeteur prodiguait l'anallième ; Hàtons-nous d'éclaircir cet alarmant problème :

Sur tous les points du globe où fleurissent le mieux

Le commerce, les arts, aux doigts industrieux,

Partout où l'or abonde , où l'argent se manie ,

Il existe , invisible , un malfaisant génie

Qui, d'une main tremblante, au grand jour introduit

Son travail criminel élaboré la nuit ;

Etre subtil, pétri de bassesse et d'audace.

Habile à transformer sa couleur et sa face ,

Fruit d'un accouplement dans l'ombre contracté, Entre le Plagiat et la Cupidité; Courtisane au rabais qui partout vous affronte , Qu'on fouette chaque jour, et qui rit de sa honte; Indigène fléau du climat brabançon ; Vampire, que l'enfer nomma Contrefaçon.

Rien de beau, rien de grand, d'illustre, de fertile Ne surgit au soleil, sans que l'impur reptile, De ses anneaux visqueux ne s'y colle d'abord , Pour en saisir l'empreinte et lui donner la mort. C'est elle qui , suivant son hypocrite usage , Prenant de Laffecteur le corps et le visage , Usurpait dans le peuple un honorable accueil Et marquait les maisons de stupeur et de deuil. Que faire? quel moyen de se garantir d'elle? Son infernale griffe a calqué le modèle ; Une même encre a su tracer le même seing ; De tous ses attributs elle a pris le dessin; Sur un moule pareil ses lettres sont formées : ^oilà son écusson et ses deux renommées ; Voilà ses deux palmiers avec leurs fronts touffus. Le vaisseau, les canons roulant sur des affûts, Jusqu'au Cave dolum qui la voit, qui l'accuse. Et qui doit lui sembler la face de Méduse,

Tout s'y trouve; et voilà de quel noble blason L'orgueilleuse faussaire illustrait son poison.

Tout à coup, pour sonder une trame si noire, La Justice apparaît dans le laboratoire; L'Analyse la suit : son art incontesté Du fond de l'alambic tire la vérité.

Parmi de vieux flacons de squine et de mélasse. Le licteur sur la fraude étend sa main de glace. Et traîne par le cou le monstre palpitant Vers l'auguste prétoire oi^i le peuple l'attend, Un peuple qui se presse aux pieds de la Justice, Qui l'invoque , qui veut que sa voix retentisse , Que son arrêt brûlant tonne, non pour venger Les intérêts étroits d'un obscur étranger. Mais pour sauvegarder, sous une forte égide, L'honneur industriel, la bonne foi rigide. Pour garantir le droit et la propriété Non pas d'un homme seul , mais de l'humanité.

En ce moment, un drame imposant se déroule .' D'innombrables témoins, fendant l'épaisse foule.

Du barreau circulaire envahissent les bancs;

Les uns marchent, portés sur des pieds titubants,

Avec les yeux hagards, ou les paupières closes,

Tristes , flétris , couverts d'ulcères , d'exostoses ,

Corrodés sur le front, sur les bras, sur les mains.

Ébauches de la mort, simulacres humains.

Voilà de Syphilis l'infaillible ravage,

Voilà ceux que gorgea le frauduleux breuvage.

Les autres sont entrés d'un pas ferme et joyeux,

Reflétant la santé par l'éclair de leurs yeux,

Avec un front viril et des lèvres rosées ,

Et portant sous le bras leurs béquilles brisées;

De l'authentique Rob ceux-là burent le miel.

Tous ont prêté serment, la main levée au ciel.

A cet aspect, devant des preuves si précises,

La sagace Thémis , la reine des assises ,

Ne saurait contenir son tonnerre incertain :

Avec un bruit qu'entend l'écho le plus lointain ,

Il éclate, en glissant un reflet de sa teinte

Sur l'impassible front de la Vérité sainte,

Et tombe avec fracas sur la Contrefaçon,

Qui s'affaisse en mordant sa plume et son poinçon (G).

Ceci dans cette histoire est un grand épisode.

Alais l'heureux conquérant dont je suis le rapsode ,

Et sur qui le destin veille avec tant de soin,

Ne s'est pas dit encor : Tu n'iras pas plus loin.

C'est peu qu'il ait porté sa course aventureuse

Au delà de l'Escaut, du Rhin et de la Meuse ;

Que du peuple italique il visite le sol ;

Qu'il soit acclimaté sous le ciel espagnol ;

Que la terre d'Hellé sourie à sa présence;

Qu'il ait conquis les murs de la vieille Byzance ,

Les minarets du Caire et d'Héliopolis ;

Que, franchissant les mers pour traquer Syphilis,

Sur le sol d'Amérique il se présente en maître

Et lui donne la mort au lieu qui la vit naître ;

C'est peu, tant qu'il lui manque un seul peuple : aujourd'hui,

Voilà qu'un monde entier va s'ouvrir devant lui ,

Qu'un sol immensurable appelle ses victoires :

L'homme qui pour blason porte deux aigles noires ,

Dont l'une se retourne avec un œil ardent

Vers le soleil qui monte et l'autre à l'occident;

L'homme qui tient en main , véridique symbole ,

Un sceptre dont le poids fait incliner le pôle,

Et dont l'oreille entend , dans le public fracas,

La chute d'un atome au bout de ses Etats ,

Le dieu de Pétersbourg a tourné la paupière Vers le grand voyageur qui heurte à sa frontière : « Approche, lui dit-il, mon domaine est le tien; „ Entre sans peur; c'est moi qui me fais ton soutien , » Et ta voix peut partout en proclamer l'annonce ; „ Dans mes steppes sans fin que ta marche s'enfonce ; „ Par des chemins neigeux, bordés de sapins verts, „ Sillonne mes États, longe mes quatre mers; „ Dans Moscow rajeuni que ton char se promène ; « Traverse la Dwina, le Don , le Borysthène ; „ Jusqu'au froid Samoyède ose pousser ton vol ; « Du golfe de Finlande aux confins du Mongol, „ De l'océan Arctique aux crêtes du Caucase, „ Va, circule. « Tel est l'impérial ukase (7).

Laissons le voyageur aux bords de la Newa. Le monde maintenant sait en quels lieux il va; Mais de quels lieux vient-il? mais de quel sanctuaire Sort-il pour épancher le grand électuaire? On l'ignore, ou, du moins, le vulgaire écarté Jamais n'en visita la sainte obscurité.

C'est moi qui vais ouvrir ce mystère au profane Et rendre aux veux de tous son temple diaphane.

Puisque , tel que le Nil aux limoneux présents , Il cache le berceau de ses dons bienfaisants , Remontons, une fois, le courant de ses ondes Descendons au secret de ses grottes profondes; Suivez-moi : je connais ce ténébreux chemin.

Dans un placide abri du faubourg Saint-Germain,

Entre une cour livrée au lichen parasite

Et le clos d'un jardin que nul pied ne visite,

Se cache un hôtel sombre, austère monument

Habité par l'étude et le recueillement.

Quand le marteau de fer trouble cette demeure ,

Un portier cénobite, après un long quart d'heure.

Vient à pas lents l'ouvrir, pourvu que par trois fois

De l'adepte suprême il ait compris la voix.

On entre; jusqu'à vous nul bruit humain ne glisse.

Nul volet n'est ouvert à l'aveugle édifice.

Puis , dès qu'on a franchi le vénérable seuil ,

On s'avance , en plongeant un oblique coup d'œil

Dans des salons meublés du luxe d'un autre âge.

De gothiques miroirs qu'épouvante un visage,

De fauteuils où jamais l'homme ne vient s'asseoir.

Cependant la clarté prend les teintes du soir;

Vers les lieux consacrés à l'œuvre souterraine, A travers la pénombre, un flambeau vous entraîne, Par d'humides degrés, par des murs vermoulus Où gravèrent leurs noms des visiteurs élus , Des hommes réclamés par tonte académie , Les princes du savoir, les rois de la chnnie, Fourcroy, Darcet, Chaptal, Berthollet, Vicq-d'Azir. On arrive. Les pieds sont las de parcourir Un dédale fumeux de caveaux et de voûtes; Les yeux de s'expliquer, sans les dénombrer toutes, Ces machines d'airain, ces alambics profonds, Ces pompes, ces fourneaux, ces mobiles siphons. Ces frôles serpentins , ces épaisses cornues , D'usages différents , de formes inconnues , Qu'un génie invisible, aux ordres tout-puissants, Échauffe, refroidit, mêle et croise en tout sens. Là, dans un réservoir tombe la Seine entière (8); Ici, par un long filtre, épurante gouttière. Un liquide captif suinte avec lenteur; Plus loin, le thermomètre, assidu moniteur, Surveille les progrès d'un bouillonnant Vésuve. A l'angle de ce mur, dans une immense cuve, Se macère, en silence, un innombrable amas De végétaux, enfants des plus lointains climats;

D'arbustes signalés par des vertus propices,

De feuilles qu'on arrache au fond des précipices ,

Ou qu'un hardi sauvage atteint, à grand prix d'or,

Sur des pics inconnus k l'aile du condor.

Un homme, un homme seul aujourd'hui sur la terre.

De ce coûteux arcane est le dépositaire (9);

Et ne supposez pas que l'œuvre qu'il produit

Soit un enfantement d'un jour ou d'une nuit.

Ce n'est qu'après avoir traversé vingt épreuves,

Après avoir coulé par ruisseaux et par fleuves ,

Après un cours suivi d'examens sérieux ;

Ce n'est qu'après neuf jours, nombre mystérieux!

Qu'enfin le Rob arrive à sa vraie existence ;

Que, parfait de couleur, de goût, de consistance,

Et vainqueur désormais des changements subis.

Il coule en or potable, en liquide rubis.

Je l'ai dit, pour remplir l'attente universelle; Voilà le point central où naît et d'où ruisselle. En se distribuant par cent mille rameaux, La source qui guérit d'innumérables maux. La flamme qui l'échauffé et lui donne sa teinte Depuis qu'on l'alluma ne s'est jamais éteinte;

Les révolutions se suivent à grands pas ;

Tout change au-dessus d'elle, elle ne change pas;

Depuis trois quarts de siècle elle sème ses ondes;

Et tant que Syphilis, par des canaux immondes,

Au genre humain , déchu de sa virilité ,

Portera la douleur et la putridité ,

Tant qu'on verra passer, du haut des Pyramides,

Le Nil irrigateur , dont les trésors humides

Couvrent l'antique sol qui finit au Delta;

Aussi longtemps, toujours sous le nom qu'il porta,

Du même réservoir sortant avec mystère,

On verra s'épancher aux deux bouts de la terre ,

Avec la même force , à la même hauteur (10),

Ce fleuve intarissable et régénérateur.

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