‹ SyphilisChapitre 18 sur 23 · ACADÉMIE DE MÉDECINE DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

ACADÉMIE DE MÉDECINE DE BELGIQUE

Séance du i^ janvier 1851.

Voici en quels termes s'est exprimé l'honorable président, qui est en même temps inspecteur général du service de santé de l'armée :

Mais ici, je le comprends, j'ai quelques mots à répondre à ceux qui m'objecteraient que dans l'état actuel de la science, d'autres agents peuvent y être substitués sans inconvénient et avec fruit.

Que l'on soutienne qu'on doit y recourir moins souvent aujourd'hui que jadis, je le concéderai volontiers ; il y a une foule de raisons pour cela; mais lorsqu'on viendra prétendre que ce n'est pas un remède d'une grande utilité , je ne puis m'abstenir de déclarer à mon tour, que c'est fermer les yeux à la lumière et faire preuve sinon d'incapacité, à coup sûr d'inexpérience. Il est permis à des jeunes gens sortis fraîchement des bancs de l'École , de tenir un pareil langage ; ils n'ont vu le mal vénérien que par quelques-unes de ses faces, mais ceux-là ne le soutiendront pas, à coup sûr, qui ont eu à traiter entre autres ces épouvantables cachexies syphilitiques, rebelles à tous les moyens connus, et sous l'empire desquelles le corps tout entier marche lentement, mais sûrement, à une terrible et douloureuse désorganisation.

Messieurs, je regrette de devoir vous parler souvent de moi; mais ma position me le permet et m'en fait un devoir. Je suis depuis vingt ans le centre vers lequel viennent converger de nombreux rapports sur la syphilis constitutionnelle. Si je pouvais dérouler devant vous mes archives,

m \OTES DL gi ATHIÉME CHANT.

vous y constateriez, et l'honorable M. Tallois est là du reste pour 1 affirmer, qu'il n'est pas un moyen , pas une médication auxquels on ait eu recours dans l'armée contre les phénomènes tertiaires de la maladie vénérienne, et que si nous avons été assez heureux pour obtenir quelques guérisons à l'aide d'autres agents que le Rob , force nous a été de permettre pour un grand nombre l'emploi de ce remède , en désespoir de cause, et lorsque tous les autres avaient échoué. Les bienfaits que nous en avons retirés sont immenses ; j'en atteste ici tous les membres de l'Assemblée, qui ont appartenu ou qui appartiennent encore au service de l'armée ; et pour le dire en passant, dans les cas où ce remède n'a pas parfaitement répondu à notre attente, il est rare que nous n'ayons pas eu à constater des écarts de régime ou l'inobservance des règles prescrites.

Certes, l'excellence du régime préconisé par Laffccteur ne saurait être contestée; mais nous a\ons eu plus d'une fois occasiou d imposer dans les syphilis constitutionnelles ( M. Tallois est encore là pour le dire ) cette sévérité de régime jointe à la cessation de toute médication, et, je vous le déclare, nous avons eu plus d'un échec à enregistrer. C'est alors, à bout de ressources, que nous permettions l'administration du Rob, dont les résultats tenaient souvent du merveilleux.

Faut-il pousser plus loin cette discussion? Mais alors je vous demanderai si nous avons bien bonne grâce de refuser des vertus spéciah's ii certains agents végétaux seuls ou associés, alors que nos connaissances en pharmacodynamie sont tellement limitées, que c est à peine si nous connaissons, au point de vue thérapeutique, la valeur d'une seule substance sur cent du règne végétal? Est-ce que tous les jours nous ne découvrons pas quelque chose de nouveau à cet égard? Avons-nous donc le droit de faire tant les fiers et les dédaigneux?

Voulez-vous que je vous dise ma pensée tout entière? C'est que si M. Seutin , si vous tous vous aviez le malheur d'avoir une syphilis tertiaire, et que vous eussiez eu en vain recours à toute la médication antisyphilitique, vous demanderiez à cor et à cri le Rob pour vous sauver,

M. Seuti.v et plusiecrs jiembhës. Certainement, certainement.

M, Lombard, Moi pas, moi pas !

iL Vlemi.n'ckx. a la bonne heure. C'est d'un Spartiate. Mais il me

NOTES DLi (HATRIÈMK CHAXT. D»

suffit , pour mon argumentation , que M. Seutin i'assc la déclaralion qu il vient de faire. J'en étais bien sûr, quant à lui. Il n'est pas homme , je le connais, à s'écrier : « Que je périsse plutôt que de devoir ma vie à un remède secret ! »

Laissez-moi vous dire enfin , Messieurs , que nous avons fait usage k plusieurs reprises, dans l'armée, du sirop de Cuisinier, de sirops de salsepareille de toute espèce, d'une foule de Robs, et qu'il a fallu toujours en revenir au Rob de Laffecteur.

(4) Puisqu'il est un besoin, une nécessité, Puisse-t-il parmi nous avoir droit de cité !

Après des débats fort animés, l'Académie passe au vote et décide qu'elle demandera au gouvernement, dans l'intérêt de l'art et de l'humanité, qu'il permette la libre entrée du Rob en Belgique. (Voir, pour plus de détails, les journaux de médecine de Bruxelles et le Moniteur belge du 1" février 1849.)

Le gouvernement belge, déféraijt au vœu de l'Académie, a levé la prohibition du Hob Laffecteur, par un arrêté royal du 2â mars 1849.

Après de nouvelles discussions, on a tenté, on 1850, de faire rapporter cet arrêté eu faveur du Rob ; mais le gouvernement belge a maintenu la décision de l'Académie du 29 jauiier )849, et ce remède entre librement en Belgique.

(5) De l'armée en ses mains confiant le salut, Décrète son dictame affranchi de tribut

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