MESSIEURS
Je me propose d'aborder devant vous, dans une série de conférences, une question des plus graves, des plus importantes au double point de vue médical et social, à savoir : l'étude de la syphilis dans ses rapports avec le mariage.
Cette question est éminemment complexe, comme vous le préjugez par son seul énoncé. Elle comporte une foule de problèmes, et de problèmes difficiles, délicats, périlleux, auxquels se rattachent les intérêts les plus chers aux familles et où se trouve impliquée, en ce qui nous concerne, nous médecins, la plus lourde responsabilité professionnelle.
Mon désir, mon ambition serait, sinon de résoudre tous ces problèmes, du moins de les poser, de les diseuter dévant vous, de facon à vous con-
FouRNIER. — Syphilis et mariage. 1
vaincre tout à la fois et de l’étendue des devoirs qui, en pareille matière, s'imposent à vous pis-à-vrs d'e la société, et de l’excellence de loffice protecteur qu'il dépend de vous de lui conférer.
Une division toute naturelle va dichotomiser immédiatement l’ordre de questions que nous aurons à aborder. C’est la suivante :
1° Tantôt, en elfet, il s’agit d’un sujet syphiltique qui, aspirant au mariage, vient nous consulter à ce propos. Quelles conditions médicales doit remplir ledit sujet pour que nous soyons autorisés à lui permettre le mariage? Ou bien, inversement, quelles sont les conditions où nous aurons le devoir soit de différer le mariage, soit même de l’interdire absolument ?
2° Tantôt, au contraire, les circonstances sont bien différentes, à savoir : le mariage est consommé et la syphilis importée dans le lit conjugal.
Quelles indications médicales se présentent alors a remplir pour conjurer ou atténuer les dangers d’une telle situation ?
En autres termes, quel est, quel doit être, en l'espèce, le rôle du médecin soit avant, soit après le mariage ?
Telle est la double série de questions que nous allons avoir à envisager. |