‹ Syphilis et mariageChapitre 49 sur 82 · Un seul exemple à titre de spécimen · texte numérisé non relu

Un seul exemple à titre de spécimen

Une femme contracte la syphilis, et depuis lors fait huit fausses couches, sans pouvoir amener un enfant à terme, Elle se soumet à un traitement mercuriel prolongé, devient de nouveau enceinte, et accouche d’un enfant à terme, bien portant, lequel est aujourd'hui âgé de cinq ans et n’a jamais eu la moindre trace de syphilis. (Notta, mémoire cité.)

Il n’est même pas très rare qu'on puisse suivre, dans une série de grossesses, l'influence progressive du traitement. Chaque grossesse alors marque un acheminement vers la guérison. J'ai recueilli plusieurs faits de ce genre, entre autres le suivant.

Un jeune homme se marie, en dépit d’une syphilis encore récente, très négligemment traitée. Sa femme, contagionnée presque aussitôt, avorte quelques mois plus tard. Les deux époux commencent alors à se traiter sérieusement. Succèdent quatre grossesses, très rapprochées les unes des autres, qui se terminent comme :1l suit :

1° Accouchement avant terme; — enfant mortné.

2° Accouchement à terme; — enfant syphili-

tique, mourant à l’âge de quelques jours.

3° Accouchement à terme; — enfant syphilitique, MAIS SU PIPANt.

4° Accouchement à terme; — enfant sain.

Mais il y a plus, et iei doivent trouver place deux faits qui n’ont pas encore été, ee me semble, suffisamment remarqués. Ainsi :

1° Il n'est pas nécessaire, pour que des parents syphilitiques engendrent des enfants sains, que la diathèse soit anéantie chez ces dits parents. En d'autres termes et plus clairement, il peut se faire que des enfants issus de parents syphilitiques naissent sains, Üten que leurs parents sotent encore sous le coup de la diathèse, ee dont témoigne

l'apparition d'accidents spécifiques sur ces derniers postérieurement à la naissance desdits enfants.

Cela, d'abord, est incontestable en ce qui concerne le père, ainsi que nous l'avons établi précédemment’. |

Cela, de plus, est également démontré relativement à la mère. Comme exemple, voyez une de nos malades actuelles de la salle Saint-Thomas (lit n°37). Cette femme est entrée dans le service affectée d’une glossite seléro-gommeuse, dont le début remonte à trois où quatre mois. Or, son dernier enfant, âgé de quatorze mois, n'a jamais présenté le moindre accident suspect; c’est un très bel enfant, absolument sain, comme vous avez pu et pourrez encore vous en convaincre.

De mème, une jeune dame de mes clientes, devenue syphilitique au contact d’un mari syphililique, a eu deux enfants absolument sains, bien qu'à la suite de chacun de ses accouchements elle ait été affectée d’une poussée assez intense de syphi-

ide psoriasiforme 2.

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